IGF : plongée dans les livres de la BCC

0
158

Il y a tellement de suspicions de mauvaise tenue des comptes de la République au niveau de la Banque Centrale du Congo et des mises au points de ses responsables au sujet de leur gestion transparente que de nombreuses voix ne cessaient d’en appeler, depuis plusieurs mois, à un audit général de l’Institut d’émission. Le message doit avoir été capté cinq sur cinq au plus haut niveau car l’on apprend, de bonne source, que l’Inspecteur général des Finances, vient de décider une plongée dans les livres de la BCC.

En effet, par son ordre de mission daté du 17 août 2020, il a chargé une équipe de limiers de son service de mener des investigations non seulement au siège, à Kinshasa, mais aussi dans toutes les antennes provinciales de la Banque Centrale du Congo. L’objet de la mission, tel que précisé dans ledit document, va consister à :

1) contrôler les ressources financières de la Banque Centrale du Congo ;

2) contrôler l’utilisation des ressources mobilisées par la Banque Centrale du Congo, y compris au regard des budgets annuels votés par le Conseil d’administration de la Banque ;

3) s’assurer de l’effectivité de la surveillance des intermédiaires financiers ;

4) contrôler les opérations de placement des bons du Trésor ;

5) contrôler les engagements de la Banque Centrale du Congo pour compte du Trésor Public, les garanties données ainsi que les crédits documentaires y afférents ;

6) s’assurer de la régularité de la gestion des opérations en faveur du Trésor public, tant en recettes qu’en dépenses.

            Les observateurs pensent que la Banque Centrale du Congo ainsi que ses hauts responsables sont tellement cités, à tort ou à raison, dans des dossiers des détournements supposés ou avérés des deniers publics par des membres du gouvernement (cas de l’ancien ministre de la Santé publique, Oly Ilunga ou du directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe), d’exonérations ou compensations fiscales ou douanières (cas de 100 millions de dollars américains payés en 1915 par Mutamba Mining à l’Etat congolais mais portés disparus), qu’une clarification s’impose.

Toute l’opinion nationale attend impatiemment, dans un mois, le rapport de l’Inspection Générale des Finances pour savoir si les placards de la BCC hébergent ou non des « cadavres » susceptibles d’intéresser la justice. Ce serait aussi l’occasion de la rassurer, le cas échéant, de la bonne tenue des comptes de la République. Ce qui serait à l’actif de son manager général actuel, Deogratias Mutumbo, et de ses principaux collaborateurs. S’il est démontré que la BCC est gérée dans la transparence, il faudra chercher ailleurs la faille dans la fuite des recettes publiques.

Kimp

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •