Horreur à Lingwala !

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* La spoliation du C.H. Vijana tourne au drame : 

l’AG Yannick Welo tué par un policier

* Le ministre provincial Dolly Makambo au banc des accusés

La descente sur le terrain effectuée hier mercredi 30 octobre 2019, entre 12 et 13 heures, par des éléments de la garde  du ministre provincial de l’Intérieur Dolly Makambo, au Centre de santé de référence Vijana situé sur avenue Bukama n0 280, à Lingwala, pour imposer par la force, la spoliation d’une partie de la concession appartenant à cette structure de santé, a tourné au drame.

            Yannick Welo, administrateur gérant, qui participait aux manifestations de protestation avec ses collègues de service, n’ont pas pu assister impuissant à la poursuite des travaux de construction d’une bâtisse sur le terrain querellé depuis des années, par le gouvernement central et la famille Okenge soutenue par l’homme d’affaires Paluku. Il y a eu une vive altercation entre les maçons et les membres du personnel soignant et administratif. Aux propos vexants ont succédé des menaces d’intimidation et même de mort.

            Dépêchés sur le lieu par Dolly Makambo pour imposer sa loi, ses policiers se sont alors imposés en promettant d’arrêter tout agent du centre hospitalier qui entraverait les travaux dans le chantier de Paluku. A l’issue de cette épreuve de force, les éléments de la garde rapprochée de Dolly Makambo ont entrainé de force l’administrateur gérant Yannick Welo jusqu’à leur jeep de marque Nissan Patrol garée dans la concession de ce centre hospitalier. Pour les empêcher de partir avec leur victime, le portail a été cadenassé. Aionsi,  l’engin ne pouvait plus sortir. C’est alors que les choses ont dégénéré. Le commissaire qui conduisait l’équipe de policiers, a demandé à l’un de ses hommes de tirer en l’air et d’user des grenades lacrymogènes pour évacuer la foule des badauds.

            Mû par la rage d’en finir une fois pour toutes avec ces civils insoumis, ce policier à la gâchette facile, a sorti son revolver et tiré à bout portant sur l’AG Yannick Welo, pourtant maîtrisé sur le siège arrière de la jeep Nissan. Et pendant que la victime se débattait entre la vie et la mort, le même policier l’a achevé avec une seconde balle à la tête, ont relevé des témoins. C’est en ce moment qu’ils ont réalisé le pire et se sont précipités à aller déposer le corps  par terre. Révoltés de cette scène criminelle, les agents du Centre hospitalier ont aussitôt lancé la chasse à l’homme. Tous les policiers ont pris la poudre d’escampette et escaladé le mur. Le meurtrier a même abandonné son arme sur le lieu, préférant sauver sa peau.

            Et la nouvelle s’est aussitôt répandue dans le quartier Voix du peuple et ses environs. Venus en masses aux nouvelles dans cette concession, les jeunes-gens du quartier se sont rués sur la Nissan Patrol qu’ils ont incendiée sans autre forme de procès.

            Le commissaire provincial de la police qui est descendu plus tard sur lieu, a pu procéder à la saisie de l’arme du crime abandonnée sur le terrain, après avoir identifié le policier indiscipliné. Dans le désordre indescriptible qui a suivi, tous les malades ainsi que les mères et leurs nouveaux-nés ont par crainte des représailles et autres actes de pillage, évacué l’hôpital, sans honorer leurs factures. Guéris ou pas, les autres patients se sont eux aussi taillés en douce.

Le Premier vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Junior Lemba-Lemba, a été aperçu sur le lieu où il est allé réconforter les agents du centre hospitalier Vijana qui viennent de perdre un des leurs, mais aussi, il a tenté de se faire expliquer le récit du crime crapuleux injustifié.

            L’avocat conseil du Centre de santé de référence Vijana abordé sur lieu, dans l’après-midi, s’est dit révolté par l’acharnement du ministre provincial de l’Intérieur qui en agissant tel qu’il l’a fait, a gravement violé la loi. Non seulement parce que les conflits fonciers relèvent des attributions de son collègue des Affaires foncières, mais aussi parce qu’en matière d’établissements de santé, c’est sa collègue de la Santé que l’on devrait voir dans cette structure sanitaire pour parlementer avec les agents du centre Vijana. A ce qu’il sache, aucune décision de désaffectation n’a été prise, ni un jugement prononcé en faveur des tiers qui tentent de spolier le terrain de l’Etat où l’UNICEF a réalisé un projet intéressant.

            En outre, tout certificat d’enregistrement délivré sur un terrain de l’Etat non désaffecté l’est en toute illégalité. Et personne n’étant au-dessus de la loi, il est temps que se manifeste dans toute sa rigueur l’autorité de l’Etat à l’égard des fonctionnaires indélicats.

                                                                                                              J.R.T.

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