Hommage Grandiose au Père Ekwa bis Isal, S.J.

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Ce Samedi, 29 Mai 2010, s’est déroulée au Grand Hôtel Kinshasa une cérémonie grandiose en présence de leurs Excellences Messeigneurs l’Archevêque de Kinshasa et son Auxiliaire, le Nonce Apostolique, Représentant du Vatican en République Démocratique du Congo; en présence tant des Religieux et Religieuses que des Autorités politiques de la R.D congo dont le président de la chambre Haute (Sénat), des Ministres Nationaux et Provinciaux, des Députés, des Présidents des Partis politiques, du Corps diplomatique dont Madame l’Ambassadeur du Canada et Monsieur l’Ambassadeur de Malte, la Représentante de la Francophonie en présence des hommes d’affaires, des hommes de sciences, et des artistes.

En effet, au Salon Congo, un Congolais de renommée internationale, le Père Martin EKWA bis Isal de la Compagnie de Jésus, était de nouveau en honneur, après sa proclamation comme Doctor honoris causa pat l’Université de Kinshasa, le 19 Décembre 2009. Cette fois-ci, au Grand Hôtel Kinshasa, au Salon Congo, ses amis, venus de tous les horizons, lui présentaient leurs hommager à l’occasion de sa retraite dignement méritée, après 27 ans de dévouement au Centre d’Action pour Dirigeants et Cadres d’Entreprises chrétiens (CADICEC) comme Secrétaire Général. On le sait : le GADICEC est affilié à l’Union Internationale d’Action des Patrons Chrétiens, en sigle UNIAPAC.

Cette cérémonie d’au revoir au Père EKWA a connu trois temps d’émotions : entrée des invités et du retraité, annonce et suivi du programme, discours et éloge.

Premier temps. Dès leur entrée au Salon Congo, les invités et le retraité sont salués par une musique douce et agréable, mélange culturel du classique Grégorien, Chopin, Mozart, et du bantou moderne doux, Tabu Ley. C’est la « dolce musica » entonnée et animée par les voix lyriques des enfants (garçons et filles) de la Chorale « Pueri Cantores = Enfants qui chantent » de la paroisse Saint-Augustin de Lemba, formée par l’artiste-musicien, Daniel PALAMBWA, de KINZAMBI et de LONDRES. Cette Chorale « Pueri Cantores » a chanté merveilleusement aussi entre les discours et pendant l’agape vespérale.

Deuxième temps. Tout le programme de la fête était dirigé par une Belge-Congolaise, Mme Olga MINAMPALA, qui est née et a grandi en Belgique. C’est elle qui, d’une voix claire et d’une bonne prononciation française, a situé la rencontre au Grand Hôtel Kinshasa. « Excellences Messeigneurs’ honorables invités, je vous salue et vous souhaite la bienvenue au nom du Comité organisateur de cette manifestation en I’honneur du Père Martin EK\MA bis Isal, auguste personnalité congolaise et universelle bien connue que nous allons encore mieux connaître dans les discours et l’éloge qui seront bientôt prononcés », dit Mme Olga  MINAMPALA.

Troisième temps. Pendant que la Chorale « Pueri cantores » balançait ses partitions musicales mélodieuses, Mme MINAMPALA invita le Président du patronat Chrétien de France à prendre la parole. Fort applaudi dès qu’il s’est levé, Monsieur Pierre LECOQ exprima ses félicitations au Père EKWA pour avoir oeuvré à insuffler l’esprit chrétien dans les sphères congolaises des affaires et de la politique. Le chrétien, répéta-t-il, est le Témoin du Christ et la

Lumière du monde. I1 ne peut I’oublier lorsqu’il est dans le monde politique et celui des affaires économiques. Oui, Père EKWA, vous ayez beaucoup travaillé, vous prenez votre retraite. Mais vous êtes encore fort. L’UNIAPAC (Union Internationale de Patrons Chrétiens) vous demande de lui être encore utile. Aidez-la dans son insertion dans toute l’Afrique. Applaudissements nourris.

Invité à prendre la parole, M. HAMSI, Camerounais, de I’UNIAPAC-AFRIQUE, fort applaudi, dit sa joie d’avoir été en contact avec le Père EKWA, personnalité éblouissante et enrichissante. Il termina en offrant au Père EKWA un cadeau symbolisant les Dirigeants africains.

Le troisième orateur fut l’Honorable Sénateur, le Professeur MABI MULUMBA. De son air, toujours gai, il parla du Père EKWA et du Secrétariat Général qu’il appelle « Maison commune ». L’éminent professeur affirme que, de I’avis général, le Père EKWA bis Isal est un homme attrayant, un homme universel qui appartient à tout le monde sans appartenir à une catégorie. 11 est identique à lui-même en tout temps et en tout lieu. Il aime la vérité. Voici I’une des preuves. Présentant les thèmes du colloque consacré à l’avenir des entreprises du portefeuille en République Démocratique du Congo en Août 2001, le R.p. Martin EKWA bis Isal interpelle l’élite et le décideur congolais en ces termes :

« Au moment où, partout dans le monde, l’exercice de toute activité de vie adulte s’apprend à l’école, depuis la cuisine ou la pêche jusqu’à I’enseignement, l’administration et la construction des buildings …, dans notre Pays, depuis deux décennies, on n’attache plus de prix à la formation de ceux qui doivent gérer notre présent et notre avenir. On ne finance plus la recherche dans aucun domaine, ni nucléaire ou spatial, ni agronomique ou génétique. Comment peut-on gérer une entreprise par le seul fait qu’on est recommandé et soutenu par une autorité morale, un frère ou une soeur haut placé (e) sans connaissances ni respect des règles et des conditions modernes de gestion ?

Le sénateur, professeur MABI MULUMBA, a tenté de dévoiler l’enrichissante personnalité du Père EKWA sous divers angles. Homme d’Eglise, le Père EKWA est ce patriote discret, délicat, sur qui ne pèse aucun soupçon ni suspicion. Il invite à sa table, à la Maison commune, des hommes politiques de tous les horizons. Chacun se sent à l’aise et part avec I’espoir d’y revenir un jour rencontrer des « frères » aux idées novatrices différente.

Pour nous, Père EKWA, déclare le sénateur, « votre retraite ne concerne que le CADICEC. Nous continuerons à profiter de votre accompagnement tant sur le plan spirituel et chrétien que sur le plan de conseils. Vous demeurez pour nous encore un consultant.

Enfin, vint le moment pathétique, plein de curiosité et émotion où l’ancien Ministre de Communications de Mzee Laurent-Désiré KABILA, fils de la famille léopard, symbole de I’autorité ancestrale Mbuun, Didier O-Me-Ngi, MUMENGI, prononce, d’un ton simple et solennel, l’Eloge du père EKWA bis Isal, seindé en deux phases. La première phase décrit sa connaissance personnelle et admirative du Père EKWA bis Isal qu’il a découvert en lui tirant les vers du nez selon la maïeutique de Socrate. La deuxième présente l’activité merveilleuse du Père Martin EKWA bis Isal, prêtre, éducateur congolais, africain, international, formateur des entrepreneurs et cadres chrétiens congolais.

L’ancien Ministre débute ainsi son éloge captivant :

« Malgré la peine que fait déjà naître le départ du CADICEC du père EKWA, il m’incombe, au nom de tous les membres du CADICEC, de prononcer l’éloge de fin de carrière pour notre illustre Secrétaire Général. La tâche m’est particulièrement incommode, compte tenu du fait que ce sont les affinités admiratives qui m’unissent à cette très distinguée personnalité.

Chacun peut ici se rappeler son premier ou son dernier entretien avec le père EKWA «toujours mémorable»-, et se rappeler en cet instant sa modeste silhouette, dominée par son sourire toujours large et franc, chaque fois devancée par ses éternelles lunettes, qui masquent des yeux toujours scrutateurs, cohabitant étonnement bien, à la fois avec une voix d’homme libre, repoussant le confort des convenances, bousculant les conservatismes, et le timbre d’un homme intègre, dont la franchise ignore ces faux semblants qui fréquentent assidûment bien des consciences.

Il est fonctionnaire dans l’âme, sachant toujours mettre le juste prix à chaque activité. Sur ces substrats administratifs, dont il ne se départit jamais : il sait imaginer, échafauder, bâtir et conduire des projets sous la férule d’un remarquable esprit d’application et de suite.

Autant le dire t9u! de suite, rappeler tout ce que le Père EKWA a accompli, exprimer la densité des instants qui le portraiturent, et dire fidèlement qui il est, confine à f ineffable.

Voici bientôt 10 ans de proximité professionnelle, et je ne me souviens aucunement l’avoir entendu une seule fois bavarder ou papoter. Toujours si réservé sur lui-même, chacune de ses paroles s’efforce de ne guère oublier de contenir un sens… Chacun de ses mots reflète toujours une préoccupation.

Chacune de ses phrases suppose introspection. Chacun de ses entretiens est conjoncture ou prospective… »

Dans la deuxième phase, M. Didier MUMENGI rappelle l’oeuvré écrite, nombreuse et enrichissante, du Père EKWA bis Isal, et cite les multiples décorations reçues témoignant de la personnalité singulière et planétaire du Jésuite EKWA bis Isal, dont, en culture Mbuun, sa culture originelle, le nom symbolise la discrétion, la puissance et la prudence.

Pour ne pas travestir ou trahir la plume coulante de MUMENGI et priver le lecteur de la savourer, en voici un extrait :

Il ne s’éloigne guère de son habit de prêtre en écrivant l’Ecole trahie. Le courage de cette plume a replacé la liberté au coeur des sciences humaines, et le fait religieux à I’origine des phénomènes sociaux ainsi que le principe selon lequel l’acceptation de l’implacable critique est le levain de toute société en construction…

Père… je vous ai entendu dire : « notre pays ne peut se développer que si I’ignorance est bannie, que si tous les jeunes congolais intègrent le système scolaire, que si chaque adulte congolais suppose savoir-faire spécialisé, que si tous les congolais avancent en âge en gagnant en performances professionnelles, et que si d’abord et avant tout nous aimons ce pays comme nous aimons nos propres enfants et nos propres maisons… »

Cette vocation, Père, rajeunit tous les jours la clairvoyance de votre octogénaire regard sur notre chère patrie. Et votre carrière, toute entière dévouée à l’enseignement, nous conduit à nous interroger sur l’essence de l’éducation et sur sa nécessité dans notre société.

Président du Bureau National de l’Enseignement Catholique 5 mois après l’indépendance du 30 Juin 1960, Membre de la Commission Constitutionnelle de Luluabourg en 1964, Secrétaire Régional de l’Enseignement Catholique d’Afrique et de Madagascar de 1966 à 1980, Secrétaire Général de l’Office International de l’Enseignement Catholique dès 1975, Secrétaire Général du CADICEC depuis le L2 Juillet 1983, Président de la Commission de l’Education de la Conférence Nationale Souveraine, Rapporteur Général des Etats Généraux de l’Education en 1996, Conseiller de la Sacrée Congrégation de l’Education Chrétienne du Ministère de l’Education du Vatican, Aumônier du Roi et de la Reine des Belges lors de leur séjour au Congo en 1970.

Père… Vous êtes Commandeur de l’Ordre National du Léopard de la RDC en 1985, Commandeur de l’Ordre de Léopold II du Royaume de Belgique en 1970, Commandeur de la Grande Croix de mérite de la République Fédérale d’Allemagne en 197L, Chevalier de l’Ordre National du Mérite de la République Française en 1986, Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur Français en 1987, Commandeur de la Couronne de la Belgique en 1991, Doctor Honoris Causa de l’Université de Kinshasa le 19 décembre 2009, et tout récemment en ce mois d’Avril 2010, de sa propre plume, son Excellence la Très Honorable Michaëla Jean, Gouverneur Générale du Canada, a écrit notamment ceci : < les liens d’amitié qu’entretiennent le Canada et la RDC dépendent en grande partie du rôle crucial que jouent des individus de vision et d’action tel que volts, Père EKWA ».

Bref, l’éloge admiratif prononcé avec conviction par un jeune « Cicéron » congolais dans une prose poétique fut suivi par tous avec grande attention, d’autant plus que tout respirait la réalité éprouvée.

Il fut suivi de danses Mbuun auxquelles ne purent résister quelques participants à la cérémonie vespérale.

Dans son mot de remerciements fraternels, le Père Martin EKWA bis Isal rappelle qu’il a consacré ses 50 ans de vie active dont 27 de présence au CADICEC. Il est temps de partir >, car « les perspectives d’avenir sont bonnes : le choix de celui qui vient après (lui), nous le savons, a été excellent. Il est, à tous égards, plus grand >. Sans le nommer, le Père EKWA bis Isal parle de son digne successeur, le Père Paulin MANIIELO, Jésuite, « ancien de KINZAMBI, Docteur en Philosophie, Professeur à l’Université de Kinshasa et ailleurs, deux fois proclamé meilleur professeur, comme l’avait présenté Mme Olga MINAMPALA.

En conclusion, le Père Martin EKWA bis Isal est une personnalité congolaise remarquable, prêtre, éducateur, formateur. Il est aussi une personnalité mystique et planétaire. Que Dieu en soit loué. Nous sommes convaincu que sur cette personnalité polyvalente et modèle s’édifieront des Mémoires de Licence et des Thèses de Doctorat en Education ancienne et moderne, dont il est la synthèse réussie.

Par Pr Augustin AWAK’AYOM bis Entsum

* Docteur en Histoire (Paris I,)

* Diplômé d’Etudes Supérieures en Latin (Lavall/Québec-C anada)

* Bachelier en Philosophie, homologué.

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