Hommage du CLC aux martyrs et héros de la démocratie

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A l’appel du Comité Laïc de Coordination, un culte d’action de grâce
a été célébré par Mgr Ambongo, Archevêque de Kinshasa, le lundi 28
janvier 2019 à l’Eglise Saint Joseph, à Kalamu, en mémoire des martyrs
de la démocratie, mais aussi des héros de la lutte victorieuse du
peuple congolais pour l’alternance au sommet de l’Etat. A cette
occasion, un hommage particulier et posthume a été rendu aux victimes
des marches pacifiques planifiées entre décembre 2017 et juin 2018
pour obtenir l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016,
le respect par le Chef de l’Etat en fonction de la disposition
constitutionnelle lui interdisant de briguer un troisième mandat, le
respect du calendrier électoral, la libération des prisonniers
politiques, la levée de l’interdiction des manifestations publiques.
Le CLC s’est réjoui de la tenue effective des élections le 30 décembre
2018, ce qui a mis fin à la clandestinité de son staff.
MOT DE REMERCIEMENT DU COMITE LAÏC DE COORDINATION A LA MESSE D’ACTION
DE GRACE DU 29 JANVIER 2019
Excellence Monseigneur l’Archevêque Métropolitain de Kinshasa ;
Mesdames et Messieurs ; chers frères et sœurs,

Les membres du Comité Laïc de Coordination sont heureux que vous ayez
bien voulu vous associer à leur initiative ici et maintenant, pour
dire leur reconnaissance à Dieu, Maître de temps et des circonstances,
pour tant de merveilles qu’il ne cesse de réaliser en nous et autour
de nous. C’est depuis notre premier appel, le 2 décembre 2017, à la
suite de l’interpellation  de nos Pères Evêques que nous nous sommes
engagés à accompagner notre peuple dans la voie de la revendication
des élections libres, transparentes, consensuelles et crédibles. En
cours de route, nous avons vécu un miracle. Le CLC est devenu une
grande famille de Congolais, croyants et hommes de bonne volonté,
éparpillés dans les 26 provinces et dans la diaspora, sur les cinq
continents, tous ayant souscrit au même engagement de la promotion des
valeurs républicaines, envers et contre tout.
Au bout de treize mois de parcours, nous ne pouvions que rendre grâce
à Dieu mais aussi nous acquitter de notre dette de reconnaissance
envers nous tous. Merci à Son Eminence le Cardinal Monsengwo, à son
successeur, Monseigneur Fridolin Ambongo et à tous les Pères évêques
de la CENCO pour nous avoir fait confiance. Merci aux curés de
paroisses, aux religieuses et religieux de nous avoir soutenus et
accompagner dans ce combat. Merci aux membres de la Communauté
Internationale pour leur écoute et la bonne attention qu’ils ont
souvent accordés à nos revendications. Merci à nos familles, pour leur
compréhension, leur indulgence et pour le sacrifice de notre
clandestinité que nous leur avons imposé pendant de si longs mois.
Merci à ceux qui ont bien voulu prendre le risque de nous héberger et
de nous offrir le  gîte et le couvert. Merci à tous ceux qui, au pays
et dans la diaspora, ont été solidaires avec le combat du CLC et qui
ont même apporté une contribution spirituelle ou matérielle à ses
actions.
2. Au cours de cette trajectoire, notre commune détermination à
poursuivre le combat pour des élections crédibles a fait des victimes
? Nous voulons en ce jour louer leur sacrifice, honorer leur mémoire
et partager la douleur de leurs familles. Elles sont nombreuses des
victimes, particulièrement des anonymes, des porteurs des blessures
incurables, des morts. Je ne peux résister à l’envie, que dis-je au
devoir, de citer leurs noms. Jean-Bapsitte Landen Kalamba, Godefroid
Namwisi, Mayi Kwenge, Mambimbi Kianga, José Fataki, Héritier Ibande,
Hervé Bena Kalala disparus le 31 décembre 2017 ; Thérèse Kapangala,
Hussein Ngandu, Packson Malangu, Benjamin Mwindilayi, Serge Kikunda,
Mathieu Mfuamba, Gurbeau Buemba, tous disparus le 21 janvier 2018,
enfin Rossy Mukendi à Kinshasa et Eric Bolokoloko à Mbandaka qui nous
ont quittés le 25 février. A tout cela s’ajoute la mémoire, de bien
d’autres disparus, principalement des activistes des droits de
l’homme, comme Luc Nkulula, mort dans un incendie criminel à Goma, le
10 juin 2018. Aux familles de nos héros, ici présents, nous tenons à
renouveler nos sentiments de compassion et de solidarité.
Nous voulons aussi les rassurer que les noms de leurs enfants, maris,
pères, frères ou soeurs demeureront gravés dans nos cœurs comme dans
nos mémoires. Ils sont des héros. Ils sont des martyrs de la
démocratie. Le CLC ne manquera pas de prendre des initiatives pour
immortaliser leurs sacrifices.
3. En terme de bilan, on retiendra que le meilleur acquis des actions
du CLC a été et demeure l’éveil de la conscience populaire et la
confirmation que le primat du souverain primaire n’est pas un simple
slogan. Il s’agit d’une arme redoutable dont il faut désormais
apprendre à faire un bon usage. Ainsi, par la volonté du peuple, les
élections ont eu lieu ; par la volonté du peuple, il n’y a pas eu un
troisième mandat, par la volonté du peuple, il n’a pas été question du
transfert du pouvoir à un dauphin. Et la culture de la non-violence
qui a été le socle de toutes les marches et interventions du CLC n’a
pas manqué d’inspirer dans la suite l’organisation des meetings
politiques dans le pays ;
4. Ce qu’il faut surtout célébrer dans l’aboutissement de ce
processus, c’est la ferveur populaire pour les élections, la sortie
d’une longue crise remplie d’incertitude, la fin d’un véritable
calvaire à la base d’une longue lassitude. Au-delà de l’opacité  à la
base de la controverse sur l’absence de la vérité des urnes, les
Congolais ont au moins vécu l’expérience inédite de la passation de
pouvoir entre un ancien et un nouveau président de la République.
5. Les insuffisances constatées dans ce processus ont surtout été le
fait d’une CENI qui n’a été ni neutre, ni indépendante. Il est
impérieux pour le nouveau pouvoir, de réorganiser au plus vite cette
institution d’importance stratégique, afin d’éviter que la population
prenne définitivement acte de ce que « élections signifieraient simple
arrangement entre privilégiés. Et l’usine de fabrication de cette …
s’appellerait par contre Commission électorale nationale indépendante.
6. En définitive, ce que la population attend désormais du nouveau
Président de la République en hommage mérité au grand combattant de la
démocratie que fut Etienne Tshisekedi wa Mulumba, c’est l’instauration
d’un véritable Etat de droit qui amènerait le changement  auquel
aspirent tous les Congolais depuis des décennies.
7. C’est ici le lieu, pour le CLC de rendre hommage à la CENCO pour
son engagement sans failles dans la promotion des valeurs
républicaines. Puisse-t-elle demeurer au milieu de la Nation, la
lumière qui milite, la voie qui crie dans le désert des incertitudes,
le désert des malentendus, des intimidations, des intolérances, des
trahisons voire le désert des insultes gratuites.
Nos hommages s’adressent aussi à l’ensemble du peuple congolais qui a
fait preuve d’une détermination hors du commun. Nous sommes fiers
d’appartenir à ce grand peuple qui a été capable de mener un si bon
combat. Puisse-t-il étendre jalousement cet acquis précieux qu’est la
conscience de la primauté de la cohésion nationale, dans la gestion de
ses droits et disons en tant que souverain primaire. Car, la route
vers la démocratie et le progrès social est encore longue et
périlleuse. Je vous remercie.

Prof. Isidore Ndaywell
Modérateur du Comité Laïc de Coordination (CLC)

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