Henri Yav Mulang dresse un réquisitoire contre les agences d’exécution

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La 7 ème Revue de performance du portefeuille de la Banque mondiale, placée sous le thème «  Mise en œuvre des projets financés par la Banque mondiale face aux défis de la crise économique en cours », a démarré ses travaux, hier jeudi 2 mars 2017, au Roméo Golf, par un réquisitoire sévère du ministre des Finances articulé contre les agences d’exécution.

Dans son mot d’ouverture, Henri Yav Mulang s’est insurgé contre le retard de mise en vigueur de certains projets dont les accords de financement ont été signés, et contre le faible taux de décaissement pour le portefeuille et la proportion très élevée des projets notés
moyennement satisfaisants.  Aux agences d’exécution qui ont fait montre de faible capacité dans la réalisation des projets, le ministre Finances a déploré cet état de choses, mettant cependant en garde celles qui ont utilisé les fonds à d’autres besoins. Il leur a demandé
de procéder au remboursement de ces fonds dans les plus brefs délais, tout en prévenant que le gouvernement se réservait le droit d’engager des poursuites judiciaires à leur encontre.

Le ministre des Finances en a profité pour demander à la Banque mondiale de résoudre l’épineux problème de paiement de dépenses non éligibles, pour améliorer le taux de décaissement. Et comme pour renforcer l’efficacité des agences d’exécution, il a exhorté les
coordinateurs de celles  plus performantes à partager leur expérience avec les autres, avant d’annoncer que le ministère des Finances entend établir des contrats de performance avec toutes ces agences. Ce qui cadre avec l’instauration de la culture de la performance basée sur les résultats.

Auparavant, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la république du Congo, a donné les objectifs assignés à cette revue, à savoir faire le bilan de la mise en œuvre des projets du gouvernement financés par son institution, et formuler des
recommandations pour améliorer la performance de la revue pour l’exercice 2017, sur base des travaux d’évaluation qui vont s’étaler sur deux jours.

Ahmadou Moustapha Ndiaye s’est toutefois montré optimiste, reconnaissant qu’avec les analyses faites par la Banque mondiale, sur la crise économique en cours en RDC, cette crise constitue une opportunité pour la Banque mondiale et le gouvernement de discuter sur
la mise en place des mesures urgentes à court terme et celles à long terme pour résorber cette crise. Entre autres mesures que la Banque mondiale estime urgentes, il a cité la réforme des finances publiques, l’amélioration de la gouvernance et la mobilisation des recettes internes, et pense que des efforts doivent être poursuivis dans les secteurs des infrastructures, du développement humain et autres, et reste persuadé que des défis restent importants. Car, a-t-il insisté,
il faudrait poursuivre des efforts pour préserver les acquis dans le
domaine de développement durable.
Après avoir dévoilé l’évolution du taux de décaissement depuis 2011,
Ahmadou Moustapha a rappelé que l’ensemble du portefeuille comprend 24
projets et porte sur une enveloppe de 4 milliards de dollars dont 2,5
milliards ont été décaissés, avant de déplorer lui aussi la
persistance de dépenses non éligibles et le non décaissement pour les
derniers projets.
Honoré Tshiyoyo, le coordonnateur de la Cellule de suivi et
évaluation des projets au ministère des Finances, a dévoilé les
principales articulations des travaux, avant de rafraîchir la mémoire
des participants sur le niveau de mise en œuvre des recommandations de
la 6 ème revue. Professeur Matthias Cinyabuguma, responsable principal
des opérations, a pour sa part, donné un bref aperçu sur la situation
du portefeuille et les quelques perspectives à court et long termes.
La clôture des travaux intervient aujourd’hui dans la soirée.

J.R.T.

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