LE HAUT-COMMISSAIRE DE L’ONU AUX DROITS DE L’HOMME INDIGNE : Abattoirs humains en RDC, les élections s’éloignent !

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Après les répressions dans le sang des marches du 31 décembre 2017 et du 25 janvier 2018, les forces de l’ordre ont de nouveau brillé par des actes de brutalité sur les chrétiens catholiques et autres membres des forces politiques et sociales qui ont répondu, le dimanche 25 février 2018, à l’appel du Comité Laïc de Coordination, totalement
soutenu par la hiérarchie de l’Eglise catholique. Au milieu du tollé d’indignation qu’ont suscité les violences perpétrées par des hommes en uniforme sur des manifestants non armés, avec en prime trois morts
et de nombreux blessés, il y a la réaction musclée du Haut Commissaire
des Nations Unies aux Droits de l’homme . En effet, dans son mot
d’ouverture de la session de cet organisme, hier lundi à Genève, il a
parlé en termes durs des violations des droits humains dans plusieurs
Etats, avec en ligne de mire la République Démocratique du Congo et la
Syrie. Sans mâcher ses mots, il a accusé ces pays d’entretenir des «
abattoirs d’êtres humains » et appelé leurs gouvernants à changer de
fusil d’épaule.
S’agissant précisément de la RDC, il a situé ses abattoirs dans les
provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Kasaï et du Kasaï
Central mais aussi à Kinshasa et ailleurs, où le sang coule désormais
à chaque manifestation pacifique organisée par le Comité Laïc de
Coordination, une structure de la société civile proche de l’Eglise
catholique. Il s’est montré d’autant préoccupé par le non respect des
droits de l’homme en RDC que ce pays a intégré récemment le Conseil
cette institution spécialisée des Nations Unies. En clair, il est
reproché à Kinshasa de ne pas servir de modèle en la matière.
Les observateurs notent qu’au rythme où s’accumulent les martyrs de
la démocratie en territoire congolais, la perspective de la tenue des
élections présidentielle, législatives nationales et provinciales le
23 décembre 2018 s’éloigne. Les raisons de douter de l’organisation
effective de ces scrutins sont à chercher dans le pourrissement
continu de la situation politique, en lieu et place de sa
décrispation, laquelle aurait dû se traduire, en plus de la libération
des prisonniers politiques, par le plein exercice, par les citoyens,
des libertés fondamentales telles que celles d’expression, de réunion,
de manifestation publique, etc.
A dix mois du délai-butoir attendu comme celui devant redonner au
souverain primaire le droit au libre choix de ses futurs gouvernants
dans les urnes, rien n’indique que les hommes au pouvoir vont se
soumettre au verdict des urnes.
Le fait de faire couler inutilement le sang des manifestants
pacifiques qui ne commettent pour seul tort que l’exigence de
l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre fixant le
cadre légal de la conduite d’une courte transition devant déboucher
sur les élections constitue un signal fort négatif, en dépit des
assurances de la majorité au pouvoir de ne pas torpiller le processus
électoral et de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante)
de tout mettre en œuvre pour respecter l’échéance du 23 décembre 2018.
Au regard de la forte mobilisation des forces de l’ordre et de
sécurité pour empêcher une large partie du peuple de s’exprimer sur
les velléités de blocage du processus électoral, il y a fort à
craindre qu’en lieu et place ses élections vivement attendues, l’on
assiste à la mise en œuvre d’un agenda de « glissement » à durée
indéterminée.
Kimp

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