Un guichet unique préconisé pour lutter contre les contrôles intempestifs et les tracasseries

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Les lampions se sont éteints, le vendredi 24 mars 2017, sur la Table Ronde de la PME, placée sous l’égide du chef de l’Etat, et organisée par la FEC et ses principaux partenaires, du 23 au 24 mars 2017, à Pullman hotels, sous le signe de la satisfaction générale, aussi bien
des organisateurs que des participants. Une série de recommandations a sanctionné la fin des travaux dont la feuille de route sera transmise, après enrichissement par le comité de rédaction, au gouvernement pour sa mise en route.

Le président national de la FEC a dit sa joie pour le succès récolté par cette table ronde dont la participation nombreuse des PME venues de tous les horizons du pays, et les apports de la COPEMECO, de la FENAPEC et d’autres organisations sociales des employeurs et des
travailleurs, ont permis de faire entendre davantage la voix des micro-entreprises et des PME qui constituent 80 % du tissu économique de notre pays. Albert Yuma a été frappé par la pertinence des interventions, la maturité des débats, l’exercice de transparence et
le parler vrai, et la rigueur dans les échanges basés sur des réalités tangibles du terrain, qui ont favorisé la convergence des propositions, dans l’unité d’une réflexion plurielle et
multisectorielle.

Au nombre de recommandations, il s’est penché particulièrement sur la nécessité pour le gouvernement de créer un guichet unique d’informations financières sur les PME et la sous-traitance, permettant ainsi de lutter contre les contrôles intempestifs et éradiquer efficacement les tracasseries administratives. Cela exige que l’administration publique puisse s’adapter au monde des PME, à travers la formation des agents de l’Etat, et que soit poursuivi le dialogue public-privé sur les PME comme mode résolution des
contentieux.

Brossant le tableau de la situation économique morose de la RDC,
Albert Yuma s’est apesanti sur le sort de nos concitoyens et des PME
abandonnés à leur triste sort, la chute de la monnaie nationale par
rapport aux devises étrangères, l’effritement du pouvoir d’achat,
avant d’exhorter le gouvernement à remplir son obligation de faire
vivre décemment nos concitoyens, non sans déplorer les illusions dans
lesquelles ils sont bercés. Il a souligné le rôle de la FEC en tant
que partenaire économique et social du gouvernement en plaidant pour
que soit placé à la Primature, le «Cadre permanent de concertation
économique», de manière à ce que les recommandations du secteur privé
ne soient pas versées dans le cimetière de bonnes intentions.
Toutefois, en réponse aux fléchettes lancées contre le Premier
ministre dans certains milieux politiques et que lui-même a fustigées
dans son allocution lors de l’ouverture des travaux de la Table-Ronde,
Albert Yuma a usé de sa sagesse légendaire pour exhorter le patron de
l’exécutif à demeurer homme d’Etat, au-dessus de critiques, tout en
soulignant leur neutralité. «Nous restons indépendants, a-t-il dit en
substance, sans être des supplétifs de milieux politiques».
Prenant la parole pour son mot de clôture, le Premier ministre Samy
Badibanga a non seulement promis de rattacher le CPCE à son cabinet,
mais que les recommandations issues des travaux seront prises en
compte dans l’agenda du gouvernement. Il a apprécié particulièrement
la démarche participative des organisateurs de cette table ronde qui
pour lui, visait aussi à doter le pays d’un climat des affaires
simple, incitatif et propice à la promotion et au développement des
PME.
Samy Badibanga a, à ce sujet, réaffirmé la volonté de son
gouvernement d’accompagner la FEC, dans la mise en œuvre des
recommandations lui transmises et qui seront déposées prochainement
sur la table du chef de l’Etat.
Voici par ailleurs quelques recommandations épinglées dans le
rapport-synthèse lu par le vice-président national de la FEC,
Dieudonné Kasembo, chargé des PME et de femmes entrepreneurs.  Au
gouvernement, les participants ont plaidé pour que la RDC soit dotée
d’une définition claire et réaliste de la PME, d’une nomenclature des
taxes, fiscales légales et qui soient éradiquées les taxes redondantes
ou illégales, la réduction du taux d’imposition actuel pour le ramener
à des justes proportions acceptables. Mettre en place une fiscalité
incitative pour la création des PME, et créer un guichet de paiement
d’un impôt unique et synthétique. Au Parlement, il s’agit de doter le
pays d’une loi d’accès aux financements, de poursuivre les réformes
aussi bien légales et réglementaires pouvant accélérer la promotion de
l’entreprenariat. Au secteur privé, il a été recommandé la
sensibilisation des PME à établir et présenter des états financiers
réalistes de leurs activités, la création et l’incubation des
start-ups pour les jeunes et les femmes. A la Banque centrale du
Congo, il a été recommandé la modernisation de la Centrale des risques
et l’assouplissement des ratios prudentiels.
Comme pour joindre l’utile à l’agréable, un dîner de gala agrémenté
par un orchestre d’interprétation de la place, a été offert aux
autorités et participants dans le somptueux cadre de la Fête Parfaite,
sur avenue de la Justice, à Gombe.
J.R.T.

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