Guerres à répétition au Nord-Kivu : des pasteurs de la SADC veulent parler à Kagame et Museveni

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Selon Radiookapi, un groupe de pasteurs membres du Conseil des Evêques des Eglises Evangéliques de Réveil et Pentecôtistes de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) a officiellement écrit aux présidents rwandais, Paul Kagame, et ougandais, Yoweri Museveni, pour solliciter des audiences. Au menu d’éventuels entretiens entre ces ministres de Dieu et les deux chefs de l’Etat, il y a le dossier des guerres à répétition au Nord-Kivu.
L’objectif visé est d’obtenir d’amples explications sur les tenants et aboutissants de l’insécurité récurrente dans la partie Est de la République Démocratique du Congo. Les hypothétiques hôtes de Kagame et Museveni pensent que la pleine connaissance des causes visibles et invisibles de la guerre de l’Est de la RDCongo pourrait aider à mieux explorer les pistes de sortie de crise. Dans l’hypothèse où le Rwanda et l’Ouganda auraient des revendications particulières à faire valoir au titre d’appuis militaires et financiers à des mouvements rebelles congolais dans le passé (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo, Rassemblement Congolais pour la Démocratie, Mouvement de Libération du Congo, Congrès National pour la Défense du Peuple, Mouvement du 23 Mars 2009), il serait temps de jouer cartes sur table.
Parlant en qualité de président en exercice de ce conseil, l’archevêque Paulin Mwewa a laissé entendre que ses pairs attendent avec impatience les réponses des maîtres de Kigali et Kampala à leur requête. Ces hommes d’églises ont effet suivi, comme tout le monde, les graves accusations du panel d’experts de l’ONU faisant état de l’implication du Rwanda et de l’Ouganda dans les activités des rebelles du Mouvement du 23 mars au Nord-Kivu. Se confiant toujours à la radio onusienne, ce pasteur congolais a indiqué que le pressing à exercer sur Kagame et Museveni va dans le même sens que la pétition que compte remettre incessamment une délégation des chefs des confessions religieuses congolaises au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.
 
L’entrée en jeu des serviteurs de Dieu de la sous-région de l’Afrique Centrale montre, si besoin est, que le dossier sécuritaire du Nord-Kivu préoccupe les peuples de plusieurs Etats, soucieux de voir le spectre de la guerre s’éloigner de la RDC, et partant de la sous-région des Grands Lacs. Car, si notre pays implose, les dégâts seraient considérables non seulement en Afrique Centrale et Orientale, mais également dans d’autres parties du continent.
La grande inconnue reste l’accueil que Paul Kagame et Yoweri Museveni pourraient réserver à la main tendue des évêques de la SADC. Les observateurs pensent que ces deux Chefs d’Etat, qui se savent honnis dans plusieurs capitales du continent, risquent de n’y accorder aucune attention et même de l’ignorer superbement. Il serait peut-être illusoire de croire échanger avec les deux parrains traditionnels des rébellions congolaises, qui n’ont jamais accepté leur rôle de pyromanes. Mais, rien n’empêche les pasteurs de la SADC de tenter quelque chose auprès de deux personnalités qui sont restées sourdes aux interpellations de la communauté internationale.
A cet égard, il serait plus réaliste de privilégier la piste du Secrétariat général des Nations Unies, où un lobbying a plus de chance d’avoir des retombées positives sur ce qui se passe au  Nord-Kivu. 
 
Kimp
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