Guerre et dialogue : RDCongo : le double piège du Rwanda

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Le Rwanda a décidé d’imposer à la République Démocratique du Congo un double piège : la guerre et le dialogue. L’objectif inavoué est d’obtenir la naissance d’une républiquette à la frontière commune, afin de s’aménager un espace géophysique supplémentaire pour son trop plein démographique et d’élargir son marché intérieur.
En instrumentalisant le M 23, les FDLR et plusieurs groupes armés internes, à partir du mois d’avril 2012, Kigali a cru réaliser son vieux rêve de « coloniser » le grand Congo en l’espace de quelques semaines. Mais, grâce aux révélations du rapport des experts des Nations Unies au mois de juin dernier, la communauté internationale a découvert les dessous d’un conflit armé présenté par Paul Kagame et ses lieutenants comme opposant des Congolais entre eux.

 Ainsi, le maître de Kigali qui croyait avoir enfermé la RDCongo dans sa nasse, s’est trouvé pris à son propre piège.
 Ce retournement de situation a eu pour conséquence le refus de grandes puissances de la planète de cautionner la balkanisation du territoire congolais, les massacres des populations civiles congolaises et le pillage des ressources naturelles congolaises. Une saisissante chaîne de solidarité s’est formée en faveur du peuple congolais, avec en première ligne le Conseil Sécurité des Nations Unies.


 Indignés par le double jeu du régime de Kigali, qui prétendait vivre sous la menace d’un nouveau génocide et d’une déstabilisation politique à partir de l’Est de la RDC, les USA, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Pays-Bas ont décidé de suspendre leurs aides militaires ou au développement en faveur du Rwanda. Le dernier Etat à sanctionner Kigali est la Suède, qui vient de faire savoir aux va-t’en-guerre, hier mercredi 12 août, le gel de son appui financier annuel qui se chiffre à 26,1 millions d’Euros, soit 32,2 millions de dollars américains.
 La sommation de ces différents fonds donne plusieurs dizaines de millions de dollars américains perdus pour le régime de Kigali. Au plan financier, l’impact négatif est peut-être relatif mais politiquement, il s’agit de coups de semonce pour des individus qui se croyaient tout permis, même le droit de remettre en cause la souveraineté et l’intégrité de la RDC, en y semant l’insécurité.

Le piège du dialogue


 Le piège de la guerre s’étant retourné contre le régime de Kigali, celui-ci ne perd pas l’espoir d’entraîner les Congolais vers un nouveau marché des dupes, comme ce fut le cas avec le CNDP en mars 2009.  Paul Kagame se débat comme un diable dans un bénitier pour tenter de faire avaler à notre peuple l’idée de la « Force neutre internationale » sortie du Sommet de l’Union Africaine organisée à la mi-juillet à Addis-Abeba.
 Il a malheureusement contre lui des forces vives congolaises plus que jamais déterminées à défendre leur mère patrie contre toute tentative de démembrement. Après l’échec de Kampala, les officiels Rwandais n’arrêtent pas de démentir à la ronde tout lien avec les rebelles du M 23 et d’affirmer leur volonté d’aider leurs soi-disant frères de la RDC à retrouver la voix de la paix et de la stabilité politique.
 Ils ont même le culot de s’offrir en médiateurs pour d’éventuelles négociations entre le gouvernement congolais et les mutins qui ensanglantent le Nord-Kivu. Dans leurs calculs, la résolution pacifique de la crise devrait passer la signature d’un nouvel accord politique et militaire entre Kinshasa et le M 23. Kigali compte sur le piège du dialogue pour amener ses bailleurs traditionnels en colère à mettre de l’eau dans leur vin.

La fuite en avant de la Banque Centrale du Rwanda 

 La disqualification en série du Rwanda par les « grands » de la planète, à cause de son appui militaire et financier aux mutins du M23 qui sèment la mort et la désolation dans la partie Est de la RDC suscite déjà des remous au sein de l’opinion publique rwandaise. Celle-ci craint des lendemains difficiles à cause des ambitions démesurées de Kagame et ses hommes de paille.
Afin de calmer la tension, le gouverneur de la Banque Centrale du Rwanda, l’ambassadeur Clate Gatete, a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a lancé un appel à l’apaisement. A l’en croire, les sanctions financières décrétées par les Etats-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Pays-Bas ne vont nullement toucher l’économie et les finances publiques de son pays.
Il a soutenu que tous les indicateurs économiques et financiers sont au vert et qu’ils vont rester en l’état jusqu’à la fin de l’exercice 2012. Très optimiste, il a commenté quelques chiffres, notamment le taux d’inflation qui connaîtrait, selon les statistiques, une baisse progressive : soit 8,34 % en décembre 2011, 8,18% en mars 2012 et 5,92% en juin 2012. Tous les projets de développement seront exécutés comme prévus en début d’année, a-t-il promis, avant de demander à ses concitoyens de ne pas tenir compter des informations alarmistes diffusées par certains médias étrangers.
 Si l’économie du Rwanda va effectivement tenir la route jusqu’en décembre 2012, cela finira par se savoir.


Kimp

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