Guerre de l’Est : troublantes révélations des rebelles

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Les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique) viennent de réaliser un grand coup de filet. Il s’agit de la capture de nombreux rebelles membres du groupe terroriste ADF, originaires de certains pays frontaliers, notamment la République Centrafricaine, l’Ouganda, le Burundi et la Tanzanie. La rafle a également touché des miliciens Mai-Mai d’origine congolaise.

Selon le général Léon Kasonga, porte-parole de l’armée nationale, ces différents rebelles ont fait des « révélations accablantes et troublantes » lors des interrogatoires auxquels ils ont été soumis. « Ces révélations sont axées sur l’identité des commanditaires des tueries, parmi lesquels il y aurait des politiciens, des hommes d’affaires et même des jeunes de mouvements citoyens », a-t-il lâché.

            Que dire des aveux des combattants des forces négatives étrangères et locales sinon que l’interminable « Guerre de l’Est », comme on a pris coutume de l’appeler depuis plus de deux décennies, est un conflit armé atypique ayant pour soubassement des complicités internes. Cela rejoint, curieusement, les propos du président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso Nkodia Mpwanga, qui a interpellé à haute voix les élus de l’Est afin que ceux qui sont impliqués, de près ou de loin, dans les massacres de leurs concitoyens, mettent un terme à leurs activités maléfiques pour la Nation.

            Les révélations des rebelles congolais et étrangers qui sèment la mort et la désolation en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu recoupent le mea culpa des notables et parlementaires de ces trois provinces, actuellement réunis dans un dialogue intercommunautaire à Kinshasa, à qui l’un d’entre eux, nous avons cité Modeste Bahati Lukwebo, président du Sénat, a recommandé la sincérité dans les déclarations et actes liés à l’insécurité dans cette partie de la République. C’était une façon, pour le numéro un de la chambre haute du Parlement, de leur demander de cesser le double jeu consistant à se comporter en petits saints le jour et en taupes, une fois la nuit tombées.

            De nombreux participants au forum de Béatrice Hôtel ont reconnu leur part de responsabilité dans les malheurs de leurs frères et sœurs de l’Est et pris l’engagement de changer de mentalités et de comportements, notamment dans les relations intercommunautaires, souvent sources de conflits tribaux et ethniques, qui viennent à en ajouter à l’insécurité récurrente.

            On retient, grosso modo, comme leçon principale à tirer des accusations des rebelles congolais et étrangers contre leurs parrains politiques et financiers que si la partie Est du pays peine à retrouver une paix durable, c’est principalement à cause de propres filles et fils du pays qui les recrutent et leur apportent des soutiens divers.

            On peut considérer cela comme une avancée significative dans la traque des forces négatives sur le terrain et les investigations en vue du démantèlement des commanditaires de l’insécurité. Bref, si l’Est du pays connaît une situation de conflits armés qui ne s’arrête pas, c’est parce que des concitoyens en tirent des dividendes politiques pour les uns et des profits financiers pour les d’autres. C’est vraiment diabolique d’avoir pour fonds de commerce politique et financier le sang de son propre frère et sœur congolais.Kimp

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