Gué-guerre entre les ministères de l’EPSP et de la FPMA : l’ANAPECO saisit le Chef de l’Etat

0
834

Au regard du caractère inconciliables des positions des ministres de l’EPSP (Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel) et de la FPMA (Formation Professionnelle, Métiers et Artisanat) ainsi que du laxisme du Premier ministre à les départager, l’ANAPECO (Association Nationale des Parents d’Elèves et Etudiants du Congo) a décidé de saisir le Président de la République. Dans une correspondance datée du 18 août 2018, elle en appelle à sa prompte intervention pour régler le conflit de compétences entre les deux membres du gouvernement et sauver la rentrée scolaire 2018-2019 sérieusement menacée.  Car si la paix sociale est troublée dans le secteur de l’éducation, cela risque
d’hypothéquer le processus électoral en cours.

LA LETTRE DE L’ANAPECO
Objet : Arbitrage conflit entre le Ministère de l’EPSP et le Ministère
de la FPMA
Graves risques de perturbation de la paix sociale

Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous avons l’honneur de saisir la plus Haute Autorité de la
République représentée par Votre Personne pour Vous soumettre un
problème qui n’a pas trouvé de solution au niveau du Chef de
Gouvernement à qui nous avions adressé deux MEMO restés sans suite
pour résoudre un problème crucial qui déchire deux Ministères du
Gouvernement National, lequel problème risque de s’accentuer à la
prochaine rentrée scolaire, fixée au 03 septembre prochain.
Pour mémoire, en 2014, vous aviez créé, au sein du Gouvernement, le
Ministère de l’Enseignement Technique et Professionnel qui devait
s’occuper de tous les établissements scolaires organisant
exclusivement les sections techniques.
Pour ce faire, un travail préalable devait être réalisé par les
experts du Ministère de l’EPSP et celui de l’ETP pour assurer la mise
en oeuvre de ce nouveau Ministère.
En lieu et place, le Ministre de l’ETP et les mauvais collaborateurs
qu’il s’était donné ont voulu brûler les étapes avec comme
conséquences déplorables la cacophonie qui a poussé en 2016 le Chef de
l’Etat, Président de la République à supprimer ce Ministère de
l’Enseignement Technique et Professionnel. ‘
Par contre, vous avez créé le Ministère de la Formation
Professionnelle, Métiers et Artisanat, dont les parents ont salué
l’avènement pour répondre à leurs attentes car beaucoup de nos
enfants, pour diverses raisons, ne terminent pas le cursus scolaire
classique débouchant au Diplôme d’Etat, ce qui arrive partout au
monde, où les échecs scolaires sont inévitables.
Mais dans le contexte particulier de la RDC, les élèves tombés en
cours de formation classique sont trop nombreux,
Rien que dans la Ville de Kinshasa, le nombre dépasse le million, ce
million de sans emploi dont l’Etat doit s’occuper en les récupérant
pour les encadrer en vue d’une formation professionnelle, avec des
modules de formation de trois, six, neuf mois ou un an, débouchant à
l’acquisition des Brevets ou Certificats d’aptitude professionnelle,
permettant leur recrutement au sein des entreprises comme manoeuvres,
travailleurs semi-qualifiés, qualifiés ou hautement qualifiés dans les
domaines des métiers tels la maçonnerie, la plomberie, le ferraillage,
l’électricité-bâtiment, l’électricité-auto, la bureautique, la
menuiserie-bois, la menuiserie-métallique, la tôlerie, la peinture, la
mécanisation agricole, la poterie, l’hôtellerie, etc.
Le Ministère de l’EPSP devrait s’occuper exclusivement de
l’enseignement classique débouchant au Diplôme d’Etat, tandis que le
Ministère de la Formation Professionnelle, Métiers et Artisanat
devrait récupérer tous les élèves tombés en cours de formation
classique et les désoeuvrés qui doivent absolument bénéficier d’un
encadrement adéquat, au risque de gonfler les rangs des «KULUNA»,
voleurs et autres malfrats.
Ce sont nos enfants que l’Etat a le devoir d’encadrer.
Le Premier Ministre ayant échoué pour régler ce conflit, nous,
parents, géniteurs de ces enfants vous supplions de le trancher dans
le sens, de nos; attentes, car le Chef du Gouvernement a pris
l’option, de nous diriger par défi au lieu de la concertation qui
permet aux partenaires d’échanger de trouver des compromis.
Il y a lieu de noter que l’école est un secteur très sensible et
vulnérable où nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour
maintenir la paix sociale, en accompagnant l’Etat, Pouvoir
Organisateur de l’Education, par le paiement des frais scolaires
devenus de plus en plus élevés et la prise en charge des enseignants
comme supplément à leurs salaires.
Mais dans tout ceci, le plus grave, c’est le Projet de désarticulation
de l’architecture de notre système éducatif, notamment le dédoublement
des services vitaux que sont l’Inspection Générale de l’Enseignement
et le Service de Contrôle de la Paie des Enseignants.
L’organisation et le fonctionnement de l’Inspection Générale de
l’enseignement. sont régis par une Ordonnance Présidentielle qui a,
dans ses attributions, l’organisation des évaluations et des concours
au sein du Ministère de l’enseignement national, dont l’Examen d’Etat
et le Test National de fin d’Etudes Primaires (TENAFEP).
Un Ministre ne peut pas créer un autre service d’inspection que celui
régi par l’Ordonnance Présidentielle pré-rappelée.
Les parents demandent que soit évité le ridicule à la RDC qui sera le
seul pays au monde où l’Examen d’Etat sera organisé par deux
Ministères distincts avec des Diplômes d’Etat délivrés par deux
Ministères.
Or, l’Examen d’Etat a valeur d’une institution à préserver
précieusement, qui crédibilise la qualité de notre système
d’enseignement et qui est aussi un symbole de notre souveraineté et de
l’unité nationale que beaucoup de pays voisins envient.
Très respectueusement, les parents vous supplient d’étouffer ce
projet dans l’oeuf.
Les parents disent oui aux Ministères de l’EPSP et de la FPMA dans la
complémentarité mais non dans la rivalité et disent non au
dédoublement des services vitaux.
Au reste, c’est insensé de vouloir dédoubler des services en
recrutant des milliers de nouveaux agents alors que le Gouvernement
n’a pas d’argent pour payer plus de 167.000 enseignants travaillant
depuis plus de 10 ans, laissés à la charge des parents.
Où le Gouvernement trouvera-t-il l’argent pour doter ces nouveaux
services des infrastructures et équipements tant aux niveaux central,
provincial que sous-provincial à la veille de la rentrée scolaire et
des élections?
Connaissant que la période qui approche sera très mouvementée avec la
turbulence des campagnes électorales, il ne faudrait pas que le
Gouvernement porte la responsabilité de déstabiliser lui-même le pays
à partir de l’école.
En effet, .qu’adviendra-t-il lorsque les politiciens et l’Eglise
sauteront sur ce dossier après la rentrée scolaire quand le conflit
EPSP -FPMA va s’amplifier avec des troubles dans les établissements
scolaires organisant les sections techniques ?
L’Association Nationale des Parents d’Elèves et d’Etudiants qui est
une force de proposition et non de l’opposition veut vous accompagner
pour une fin de mandat apaisée et honorable, car nous continuons à
croire dans les qualités de sagesse qui Vous ont permis de diriger ce
pays qui n’est pas n’importe lequel.
C’est la raison pour laquelle, l’ANAPECO continue à réclamer la
convocation, par l’Etat, Pouvoir Organisateur de l’Education, d’une
Table Ronde de l’Education avec toutes les parties prenantes, afin de
disséquer à fond tous les problèmes du secteur et lever les options
fondamentales pour aller de l’avant et corriger tous les écueils.
Veuillez croire, Excellence Monsieur le Président de la République, en
l’assurance de nos sentiments de très haute et respectueuse
considération.

Pièce jointe :
– MEMO complémentaire au Premier Ministre.

Pour le Comité National
Le Président National
Représentant Légal
Matezwa Mpongi David Stève
Le 2ème Vice-Président National Représentant Légal Suppléant
Kalonda Nyandwe Jean-Prince

  • 4
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •