Grogne à TRANSCO, ex-ONATRA, ex-OCPT, SONAS, etc. : pour un audit général du Portefeuille de l’Etat

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Il s’observe depuis le début de la semaine une grogne sociale
généralisée notamment dans les entreprises du Portefeuille de l’Etat.
C’est le personnel de la société « Transports du Congo (Transco) qui a
donné le ton en refusant de mettre en service ses bus dès le lundi 28
janvier le matin. Puis, le mouvement s’est étendu à d’autres
entreprises de l’Etat telles la Société Commerciale des Transports et
des Ports (SCTP, ex-ONATRA), la Société Congolaise des Postes et
Télécommunications (SCPT), la Société Nationale d’Assurances (SONAS).

On rappelle que ce mouvement de grogne dans les entreprises du
Portefeuille de l’Etat s’est déclaré seulement deux jours après la
prestation de serment du nouveau Président de la République Félix
Tshisekedi, intervenue le jeudi 24 janvier. Ce qui a poussé certains à
conclure de manière hâtive que les syndicalistes desdites entreprises
à la base des mouvements d’arrêt de service, n’attendaient que
l’avènement du nouveau Chef de l’Etat pour se manifester. Ils en
veulent pour preuve que les agents de Transco avaient dans le passé
déjà observé des mouvements de grève pour réclamer le départ de leur
directeur général en la personne de Michel Kirumba, sans succès. Et en
reprenant le mouvement de grève  seulement après l’entrée en fonction
du nouveau président de la République, ils voudraient sûrement
profiter de la fin du régime qui était en place. Car, d’après les
travailleurs de Transco, leur directeur général incriminé bénéficiait
des parapluies protecteurs dans le régime sortant. D’où la nécessité
d’embrayer afin que les nouvelles autorités prennent le dossier en
«délibéré».
Hormis cet aspect politique qui constitue logiquement un avantage
sérieux pour les travailleurs soucieux de voir les choses changer, il
faut reconnaitre que les entreprises de l’Etat ne sont pas gérées
comme il se doit. Elles sont saignées à volonté par ceux qu’on met à
leur tête sans qu’ils soient inquiétés par personne ! C’est pourquoi
ils pouvaient tout se permettre parce qu’ils n’avaient pas de compte à
rendre aux travailleurs. Leur unique préoccupation était d’être en
bons termes avec leur parapluies protecteurs.

Vivement l’audit dans le secteur étatique

Pour éviter un effet de contagion à Kinshasa comme en provinces, un
audit du Portefeuille d el’Etat s’impose. Il est important que le
cabinet du Chef de l’Etat, à travers l’Inspection générale des
Finances, le Conseil Supérieur du Portefeuille et la Cour des Comptes,
ait la situation générale du patrimoine national. Le nouvel animateur
du sommet de l’Etat devrait être correctement informé sur les états
financiers des entreprises, services et établissements publics, leurs
patrimoines immobiliers, leurs ressources humaines, avant de lever des
options pour leur relance. Il a intérêt à savoir pourquoi des
entreprises, services et établissements publics qui réalisent
journellement, hebdomadairement ou mensuellement des recettes, peinent
à fonctionner, comme des canards boiteux. Les pilleurs du patrimoine
collectif devraient, s’il le faut, être traduits en justice et assumer
les conséquences de leurs turpitudes managériales.

Les quatre entreprises qui ont donné le ton ne constituent qu’un
échantillon de plusieurs canards boiteux dont regorge l’Etat
congolais. La descente aux enfers de la plupart des entreprises du
Portefeuille est due à la mauvaise gestion. Au lieu que les recettes
générées servent au bon fonctionnement des entreprises, elles étaient
plutôt détournées pour servir les dirigeants et leurs parrains. Raison
pour laquelle la plupart des sociétés et établissements publics sont
aujourd’hui incapables d’assurer ne fut-ce que la charge du personnel,
notamment payer les salaires des travailleurs.
La politisation dans les nominations des membres des comités de
gestion et leur loyauté envers ceux qui sponsorisent leur nomination
sont les principales causes de la faillite des entreprises étatiques.
Alors qu’on pensait qu’on avait mis fin au phénomène « ngulu » dans
le secteur étatique avec la bancarisation. Hélas, le mal était
tellement profond et ayant la peau dure qu’on découvre que les fictifs
continuent jusqu’à ce jour. Il y a peu on vient de découvrir plus de
28.000 fictifs dans le seul secteur de la santé publique pour
seulement 20 provinces sur les 26 que compte le pays.
Combien existeraient-ils dans d’autres secteurs notamment ministères,
entreprises et établissements publics ? Combien y en a-t-il dans
l’armée et la police nationales ? On rappelle que pour ce qui est de
l’armée, il n’y avait pas eu de lumière concernant les effectifs
d’éléments réels que chaque composante (MLC, RCD, RCD-KML, etc)
contrôlait. La question fut soulevée lors de la réunification, mais a
été étouffée au motif qu’il fallait éviter tout ce pouvait replonger
le pays dans le chaos.
A propos, les déclarations faites par chaque composante en ce qui
concerne le nombre d’éléments qu’on utilisait, semblaient ne pas
rencontrer la réalité sur le terrain. Les chiffres avancés étaient de
loin supérieurs aux réalités en face.
La maîtrise des effectifs des agents et fonctionnaires de l’Etat,
ceux des travailleurs des entreprises et établissements publics du
Portefeuille, l’audit de ces derniers constituent des priorités pour
ceux qui accompagneront le Président Félix Tshisekedi dans sa lourde
mission, celle de remettre la RDC sur les rails en tant Etat dans le
concert des nations.

Dom

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