Grève chez les commerçants asiatiques : des « gilets verts » à Kinshasa !

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Si à la fin de ce mois de février, les commerçants asiatiques n’appliquent pas le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) fixé à 5 dollars américains, au taux de 1.415 FC le dollar, leurs travailleurs ne toucheront pas ces modiques salaires. C’est ce qu’a indiqué, le mardi 26 février 2019, le Président national de l’Intersyndicale du Secteur du Commerce et de l’Association des Travailleurs du Congo (A.T.C.O), Pascal Kabeya Ntite, dans un entretien à bâtons rompus avec la presse. Il a rappelé que les revendications des travailleurs du secteur de commerce sont consignées dans le cahier de charges déposé au cabinet du Chef de l’Etat en date du 15 février 2019.

A cet effet, il a dénoncé la confusion délibérément créée par le ministre d’Etat en charge du Travail, Emploi et Prévoyance Sociale, Lambert Matuku Mena, à travers sa note circulaire, qualifiée de texte « poison » par l’Intersyndicale, car renvoyant la mise en application du Décret du Premier ministre au 1er juillet 2019. A l’en croire, ce texte stipule que son application effective devrait commencer au mois de janvier 2019.

            Pour lui, cette confusion profite aux employeurs asiatiques œuvrant en RDC, particulièrement à Kinshasa, qui exploitent des nationaux comme des bêtes de somme. Ainsi, dans la correspondance adressée au Président de la République, avec ampliation à d’autres autorités, l’Intersyndicale note : « il se présente actuellement que la grogne sociale menace le secteur du commerce, à cause du refus par les employeurs dudit secteur d’appliquer le SMIG, comme l’exige la loi ».

            On signale aussi la gestion du personnel par des services privés de placement (SPP), appelés abusivement sous-traitance, bien que cela soit interdit par la loi. Au- delà du Smig, l’Intersyndicale exige que le contrat à durée déterminée soit désormais signé entre chaque travailleur dudit secteur et son employeur, et que les heures supplémentaires soient prises en compte, conformément à la législation sociale. En vue de préparer leur retraite, ces travailleurs exigent qu’ils soient affiliés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNNS).

 Selon Pascal Kabeya, les travailleurs attendent de pied ferme le paiement du SMIG par les employeurs à la fin de ce mois, pour soit renoncer à la grève, soit la maintenir. Dans leur cahier de charges, ils pointent du doigt accusateur le ministère du Travail ainsi que l’Office National de l’Emploi (ONEM), accusés de pousser les commerçants asiatiques à ne pas respecter les lois du pays.

Menace de grève 

            L’Intersyndicale du secteur de commerce signe et persiste qu’en cas de non- paiement des salaires des employés du secteur du commerce conformément au Smig, un arrêt de travail sera observé partout à Kinshasa à partir du lundi 11 mars. A cet effet, une lettre de préavis de grève sera adressée à l’autorité compétente. Dans la foulée, elle a cité comme périmètre principal de cette grève les magasins du Marché central, de Somba-zigida, du Marché de la Liberté, de Matadi Kibala, de Bayaka, de  Kasa-vubu (Anciens combattants), et toutes les grandes surfaces. A cet effet, Pascal Kabeya a souligné que pour ne pas confondre les travailleurs des asiatiques et les badauds lors de la grève, ils porteront des « gilets verts ».                   Jean-René Ekofo

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