Grave malaise au sein d’Ensemble !

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La plate-forme « Ensemble pour le Changement », qui avait pour vocation de soutenir la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle, est en train de battre de l’aile suite à un grave malaise qui s’y est installé depuis l’option levée par le précité d’intégrer « Lamuka », une autre plate-forme électorale qui, elle, roulait pour la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle. Fidèles, jusqu’au bout, c’est-à-dire à la tenue des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, le 30 décembre 2018, au gouverneur honoraire de l’ancienne province du Katanga, plusieurs de ses anciens alliés, notamment Jean-Claude Vuemba et Adam Bombole, ont clairement et publiquement proclamé leur rupture avec leur ancien mentor ainsi que leur retrait de « Lamuka ». Ces deux personnalités, restées elles aussi proches de Katumbi jusqu’en décembre 2018, ont refusé de le suivre dans sa démarche de soutien au combat de Fayulu pour la « vérité des urnes », estimant que celle-ci était sans objet, dès lors que le vainqueur de la présidentielle était issu des rangs de l’opposition.

            D’autres, comme Delly Sessanga et Claudel Lubaya, tout en continuant de se réclamer membres de « Ensemble pour le Changement », avaient déjà pris leurs distances vis-à-vis de Moïse Katumbi, en novembre 2018, en annonçant leur soutien à la candidature de Félix Tshisekedi à la présidentielle, à contre-courant de l’option levée par Moïse Katumbi.

Quant à Gabriel Kyungu, Jean-Bertrand Ewanga et Jean-Claude Muyambo, ils se sont ouvertement opposés à Moïse Katumbi dans sa quête de la « vérité des urnes », estimant que telle n’était pas la raison d’être de Lamuka, une plate-forme électorale censée mourir de sa belle mort dès la fermeture de la page de l’élection présidentielle par la Cour Constitutionnelle, la dernière instance ayant validé la victoire de Félix Tshisekedi dans les urnes. Depuis l’investiture du successeur de Joseph Kabila, le 24 janvier 2019, ils ne cessent de rappeler à quiconque veut les entendre leur soutien total au nouveau Chef de l’Etat et leur refus de se tromper de cible, à savoir le kabilisme, sanctionné par le souverain primaire dans les urnes, en décembre 2018.

Pas plus tard que mardi 30 avril, Gabriel Kyungu a encore réitéré la rupture de l’Unafec, son parti, avec Lamuka et son attachement au G7, sa plate-forme politique originelle.

            Ainsi que les observateurs peuvent le constater, Moïse Katumbi, en maintenant sa présence au sein de Lamuka, est en train de se mettre en porte-à-faux vis-à-vis de tous ceux qui avaient pris l’engagement de le soutenir dans son combat pour un changement de gouvernance au sommet de l’Etat. Jean-Bertrand Ewanga par exemple, fait remarquer aux sociétaires de Lamuka, dont son ancien allié, Moise Katumbi, que militer pour la démission de Félix Tshisekedi de la présidence de la République, au profit d’une transition devant conduire à de nouvelles élections, c’est reconduire le FCC (Front Commun pour le Congo), au sommet de l’Etat. Car, majoritaire au Sénat, c’est de ce regroupement politique qui devrait sortir le président de cette institution et, partant, le Président de la République intérimaire, pour une période de 60 jours au moins et 90 jours au plus.

Et, selon les prescrits de la Constitution, c’est le président du Sénat et Président intérimaire de la République qui devrait organiser de nouvelles élections tant réclamées par les ténors de Lamuka, dont chacun peut déjà deviner le vainqueur. Cette « bêtise », Kyungu et compagnons ne sont pas prêts à la cautionner. Mais à force de perdre des compagnons de lutte au sein d’Ensemble pour le Changer, le risque que court Moise Katumbi est de se retrouver avec une coquille vide à courte échéance et de ne plus savoir où mettre les pieds après la fin de son mandat de trois mois à la présidence tournante de Lamuka.

                                                                                      Kimp

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