Gratuité : les leaders de Lamuka devraient se taire

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Même si on soutient que le ridicule ne tue pas en République Démocratique du Congo, le bon sens devrait guider nos propos et actes. Les acteurs politiques devraient particulièrement jeter un petit regard dans le rétroviseur avant toute déclaration. C’est très important.

Il est étonnant d’entendre certains acteurs politiques, notamment ceux qui ont eu à assumer de hautes charges de gestion publique, dont le bilan reste d’ailleurs catastrophique, se permettre d’émettre des critiques là où le bon sens conseille le silence. On croit peut-être miser sur l’usure du temps en s’imaginant que les gens ont tout oublié, alors qu’on réveille dans la mémoire collective de mauvais souvenirs. C’est le cas des critiques dont certains leaders de Lamuka se sont donné le luxe d’émettre au sujet de la décision du gouvernement décrétant la gratuité de l’enseignement de base sur l’ensemble du territoire national congolais.

            Une audace très poussée pour ces leaders qui donnent l’impression d’avoir la mémoire courte ou tout simplement refuseraient expressément de faire l’introspection de leur passé encore si proche. Ce qui explique leur décision de s’associer au CLC (Comité laïc de coordination) en appelant à une marche pour la concrétisation de la gratuité de l’enseignement de base projetée le samedi 19 octobre. 

            Apparemment, ils ont vite oublié que ce sont eux qui auraient dû normalement lancer ou mettre en  pratique le programme de la gratuité de l’enseignement  de base, telle que consacrée dans la constitution du 18 février 2006. La charge de mettre en œuvre cette recommandation consacrée dans la Constitution leur revenait du fait qu’ils étaient les premiers gestionnaires des institutions républiques fraichement mises en place à la faveur de ladite constitution.

D’abord se servir,

et non servir

            L’histoire renseigne que pour des dirigeants issus des partis des masses ou des milieux populaires –l’amélioration des conditions de vie de la population aurait dû être la principale préoccupation de leurs programmes d’actions. Hélas, cela n’a pas été le cas pour ceux qui passent aujourd’hui pour des donneurs de leçons. A la place de songer au sort de la population, leur base, ils étaient plutôt préoccupés à amasser leur propre fortune, au grand dam des militantes et militants qui passaient curieusement des journées entières voire des nuits, au Palais du peuple pour les soutenir.

            Près de 5 années d’enrichissement personnel et égoïste qu’ils ont passées aux  affaires, sans avoir actionné aucun programme pro-pauvres en vue de soulager tant soit peu le calvaire des gagne-petit. C’est à peine pensable de voir de tels acteurs se transformer sans scrupule en donneurs de leçons.

            Toujours à leur charge de gestionnaires, ces leaders, donneurs de leçons aujourd’hui, ont brillé par leur refus catégorique de libérer l’aide à la presse, en dépit des déclarations solennelles faites à trois reprises par le Chef de l’Etat de l’époque. D’abord, en tant que ministre du Budget puis Premier ministre, on est resté de marbre. Refus catégorique de libérer les 2 millions de l’aide que Joseph Kabila avait promis, à maintes reprises, à la presse nationale.

            C’est mieux d’interroger son passé, faire une introspection, passer en revue tous les grands actes de gestion posés, avant de faire une déclaration publique afin d’éviter toute humiliation qui pourrait résulter de la réaction de la partie adverse.Dom

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