Gratuité de l’enseignement de base : Willy Bakonga a-t-il parlé en tant que promoteur d’école ou ministre de l’EPST ?

0
273

A cause d’une interview accordée à une chaine de radiodiffusion de Kinshasa par un ministre qui recadre la gratuité de l’enseignement de base, les milieux éducatifs de la capitale ont été aussitôt balayés par une forte tempête des réactions en sens divers. Dans les milieux de promoteurs, nombreux ont salué l’initiative prise par Willy Bakonga de recadrer la réforme de l’enseignement de base. Pour eux, le ministre de l’EPST a été bien inspiré pour agir ainsi dans le cadre de la défense des intérêts de ses collègues promoteurs d’écoles mis à mal par cette réforme. Si quelques-uns ont poussé un ouf de soulagement, vantant l’initiative courageuse de Willy Bakonga, les autres lui sauront gré de leur avoir épargné le calvaire du remboursement forcé des frais scolaires perçus en devises étrangères pour la 7ème et la 8ème.

            Quant on sait que certains promoteurs ont investi ces fonds dans les voyages à l’étranger de leurs épouses et de leurs enfants, dans les soins médicaux de membres de leurs familles et belles-familles, dans le renouvellement de leurs charrois automobiles et de leurs appareils électroménagers ou de leurs garde-robes, l’on comprend bien la raison de leur apaisement, surtout que certains parents devront solder le reste des frais impayés sous peine de renvoi de leurs enfants.

            Pour les parents gagnés par l’inquiétude, le ministre de l’EPST est mal parti. En remettant en cause la réforme de l’enseignement de base après la Table-ronde de l’enseignement en RDC, la somme de recommandations formulées par les experts dont quelques-unes sont déjà mise en œuvre, Willy Bakonga n’aurait-il pas agi comme défenseur des intérêts de promoteurs à l’encontre des instructions prises par le Conseil des ministres ? Ne naviguerait-il pas à contre-courant du vent de changement ? Ne serait-il pas le porte-étendard de promoteurs d’écoles partisans de la résistance à la gratuité de l’enseignement ?

            Dans les milieux de la société civile, ces partenaires éducatifs élèvent la voix pour dénoncer l’initiative solitaire du ministre de l’EPST qui a agi en dehors du Conseil des ministres. Avait-il reçu mandat d’annoncer officiellement que la 7ème et la 8ème primaire étaient toujours rattachées à l’école secondaire ? Avait-il soulevé le débat au Conseil des ministres et obtenu l’aval de cet organe exécutif pour le faire?

            Mais là où le bât blesse, c’est la valse des opérations paiement, remboursement et nouveau paiement des frais scolaires, alors que dans la tête des parents, le principe de la gratuité de l’enseignement de base était totalement acquis. Qu’aussitôt les frais  remboursés, les parents qui s’en étaient vite réjouis ont engagé des dépenses ménagères ! Qu’ils aient à effectuer de nouveaux paiements au titre de frais scolaires, devient un calvaire que beaucoup ne parviendront pas à éviter !

            Le train du changement avec son attelage de la gratuité de l’éducation de base ayant déjà quitté la gare, les observateurs se demandent pourquoi le ministre en sa qualité de promoteur d’écoles n’avait-il pas fait valoir la voix de ses collègues à la Table-ronde de l’enseignement pour démontrer que la réforme de l’enseignement de base devrait connaître deux étapes. A l’entendre parler, la première étape débuterait avec le cycle primaire qui se terminerait en 6ème primaire et serait sanctionné en 2020, par l’organisation du Test national de fin d’études primaires et la délivrance d’un certificat d’études primaires. Au cours de cette période d’expérimentation, il soutient que le gouvernement se consacrerait à rechercher des moyens pour financer l’amputation de la 7ème et la 8ème du cycle secondaire pour les rattacher à la section primaire.

            D’où la lancinante question qui circule sur toutes lèvres : Willy Bakonga a-t-il parlé en tant que promoteur d’école ou comme ministre de l’EPST ?                        

                                   J.R.T.          

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •