Gratuité de l’éducation de base : non à l’escroquerie des confessions religieuses!

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Une scène inédite s’est déroulée au cours d’une réunion des parents ayant des enfants en 7ème et 8ème années du cycle fondamental de l’Enseignement (correspondant aux anciennes 1ère et 2ème années du Cycle d’orientation) ; réunion convoquée par l’Abbé recteur du Collège Notre Dame du Congo (Collège Bosembo) pour exiger que les parents de ces élèves là s’acquittent des frais scolaires qu’il avait fixé à 450 USD au 02 juillet 2019, date du début des grandes vacances. De prime abord, il convient de noter que cette école fait partie des écoles conventionnées catholiques, une école publique bénéficiant des subsides du Trésor public.

            Après quelques amabilités d’usage, l’Abbé recteur a entamé la rencontre en prévenant les parents du risque couru par les élèves à cause d’une gratuité de l’Education de base qu’on devait d’abord minutieusement préparée. Mais tel n’étant pas le cas et surtout que le Ministère a demandé aux élèves de ces deux classes de payer comme tous ceux du cycle secondaire, il a exigé à tous ces parents de régler, dans les meilleurs délais, c’est-à-dire, avant la fin septembre, la somme de 450 USD pour couvrir les frais scolaires.

Pendant que l’Abbé recteur continuait son discours, d’un air imperturbable, plusieurs parents se sont mis à protester, tenant à  lui faire comprendre l’intérêt du changement actuel, particulièrement la nécessité d’un réexamen des frais fixés avant les grandes vacances, il n’a voulu entendre personne. Sûr qu’il était de son bon droit d’exiger ces frais des parents. Devant ce dialogue des sourds, plusieurs parents ont vidé la salle de réunion et ont aussi clairement fait savoir qu’ils n’entendaient pas honorer ces frais, visiblement illégaux. Les autres chefs d’établissement des écoles conventionnées catholiques, telles que Boboto, Bosangani, etc. sont sur les mêmes traces et ne rêvent qu’au retour de la contribution des parents qui leur assurait une confortable enveloppe durant toute l’année scolaire. Mais les parents d’élèves et les syndicats d’enseignants sont de l’avis opposé.

Ecoles conventionnées protestantes, kimbanguistes, salutistes dans l’attente

            Dans d’autres réseaux d’écoles conventionnées (protestantes, kimbanguiste, salutistes etc.) les préfets et gestionnaires d’écoles observent ce pugilat entre les parents et les chefs d’établissement scolaires catholiques. Toutefois, ils lorgnent, eux-aussi, sur la manne des parents ; tout en notant le coté peu honnête de cette opération. En effet, dans notre pays, la Loi cadre de l’Enseignement national a établi une gestion partenarial du système éducatif congolais. Les partenaires éducatifs – dont les parents – sont appelés à donner leur appréciation sur les frais scolaires payés par leurs enfants. Et dans le cas sous-examen, cet avis doit être impératif.

En outre, les frais fixés avant les grandes vacances tenaient compte de la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves. A la rentrée scolaire du 02 septembre 2019, avec l’application de la gratuité de l’Education de base exigée par le Gouvernement, ces frais doivent être supprimés. Au niveau du cycle secondaire, le gouvernement n’a autorisé aux parents de ne payer que les frais scolaires qui seraient fixés par la Province ; car la prise en charge des enseignants n’existe plus. La tentative du Collège Notre Dame du Congo à vouloir recouvrer les montants des frais scolaires fixés avant l’application de la gratuité ressemble à une simple escroquerie condamnée par la loi. Souvent un tel entêtement d’un gestionnaire d’école est motivé par des engagements extrascolaires. Il convient donc de le décourager pour désillusionner des possibles imitateurs.

RSK

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