Gouverneurs de provinces : SVP…le peuple d’abord !

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Dix-neuf gouverneurs ont été élus hier mercredi 10 avril 2019 dans Dix-neuf provinces de la République. Un second tour est prévu ce samedi 13 avril dans quatre provinces, à savoir la Tshopo, le Sud-Ubangui, le Lomami et le Kasaï Central, où les candidats sortis ex-aego sont à départager.

L’élection du gouverneur du Sankuru, reportée sur décision du Conseil d’Etat, est à fixer à une date ultérieure. Quant aux provinces du Nord-Kivu et du Mai-Ndombe, où les élections législatives nationales et provinciales étaient renvoyées au 31 mars 2019, pour cause d’Ebola et d’insécurité, elles connaitront leurs gouverneurs à la date à déterminer par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante).

Le constat à faire à chaud est que les résultats des urnes, au second degré, étaient pratiquement ceux attendus, en dehors de quelques surprises enregistrés au Kongo Central, où Mbatshi Mbatshi, pressenti super favori, a été battu par Atou Matubwana, gouverneur intérimaire sortant, ainsi qu’à Kinshasa, où Gentiny Ngobila, en dépit du fâcheux précédent de Yumbi, a damé le pion à Laurent Batumona et Magloire Kabemba. On a noté aussi la défaite inattendue d’Eve Bazaiba à la Tshopo, où elle paraissait bonne posture face aux deux finalistes de samedi, savoir Constant Lomata et Wale Lufungula.

            Un des faits qui ne peut passer inaperçu est la victoire de Zoé Kabila, le jeune frère du président sortant, Joseph Kabila, dans la province du Tanganyika. A tout prendre, le FCC (Front Commun pour le Congo) est sorti, comme aux sénatoriales, comme le grand vainqueur de la course aux gouvernorats des provinces.

            L’heure, pense-t-on, ne doit pas être aux jérémiades autour des actes de tricherie ou de corruption qui auraient émaillé ces scrutins. Ce qui doit à présent préoccuper les électeurs, victimes du constituant qui a voulu que le sort des gestionnaires des provinces de la République soit décidé par les députés provinciaux, c’est la capacité des élus de répondre aux attentes du peuple pour les cinq années à venir, si leurs mandats ne sont pas brutalement interrompus par des motions de défiance.

            Nul n’ignore qu’après 12 ans de gestion calamiteuse par ceux qui sont restés à leur tête tout au long de ce bail ou ceux qui leur ont succédé ça et là, les provinces présentent l’hideuse face d’entités décentralisées hyper endettées, avec des personnels politiques pléthoriques et  impayés depuis des lustres. Poubelles géantes, érosions, routes impraticables, hôpitaux-mouroirs, écoles et universités-ligablos : tel est le commun dénominateur d’entités enclavées et incapables d’esquisser le moindre pas dans la voie du développement. Les feuilletons de détournements des frais de rétrocession, des recettes des régies financières créées de toutes pièces, des points de péage, des marchés urbains, des parkings, des taxes diverses, du charroi automobile, dont le dernier cas en date concerne la ville de Kinshasa, sont tellement frais dans les esprits que plus personne n’aimerait les revivre.

            Le peuple attend de ces « nouveaux messies », qui ont battu campagne non seulement dans les locaux ces assemblées provinciales mais aussi sur les places publiques des villes et villages ainsi que dans les médias, et fait des montagnes de promesses allant dans le sens de la transformation imminente des provinces en petits paradis, la concrétisation de leurs « programmes de travail ». Il leur faut démontrer à tous qu’il n’existe pas de provinces pauvres en République Démocratique et qu’avec de la volonté, de l’imagination et du patriotisme, il est possible de les engager dans la voie de l’émergence économique et industrielle. Le vœu de tous est que dans cinq ans, au lieu qu’on assiste au spectacle de fin de mandat des gouverneurs millionnaires à la tête des provinces sans ressources, que Zoé Kabila et ses collègues lèguent à la patrie des entités modernisées et prospères.Kimp

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