Gouvernement Ilunga : mauvais signal du FCC

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Six mois après l’investiture du nouveau Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, et deux mois après la nomination du nouveau Premier ministre, Ilunga Ilunkamba, la perspective de la publication « imminente » de l’équipe gouvernementale ne fait que s’éloigner. Pourtant au terme de plusieurs rounds de concertation entre les Chefs d’ Etat sortant et entrant d’une part, et d’autre part, entre délégués de Cach (Cap pour le Changement) et du FCC (Front Commun pour le Congo), à Kisantu comme à Kinshasa, on était loin de penser que l’exercice prendrait du temps.

Comme pour confirmer le spectre d’interminables prolongations, le FCC a fait tiquer plus d’un en signalant, dans le communiqué sanctionnant la Conférence des présidents de ses regroupements politiques, le vendredi 19 juillet 2019, attendre de ceux-ci leurs propositions en rapport avec les critères de sélection des personnalités appelées à faire partie du gouvernement.

            Cette demande laisse pense que la famille politique de Joseph Kabila n’a pas encore défini le profil de ses candidats « ministrables ». Cela peut vouloir dire, autrement, que tout le temps perdu jusque-là l’a été autour de la nature et du nombre des portefeuilles à contrôler. Il est fort dommage que les « Kabilistes » n’aient pas encore défini le portrait robot de leurs futurs représentants dans le gouvernement à animer par Ilunga Ilunkamba.

            Pourtant, depuis le désaveu d’Emmanuel Shadari, le dauphin de Joseph Kabila, dans les urnes le 30 décembre 2018, ils devraient savoir que le peuple congolais ne veut plus des personnalités dont le passé est lié aux crimes politiques et économiques, aux violations des droits de l’homme, aux restrictions des libertés publiques, à la mauvaise gouvernance, bref, à la descente du pays aux enfers pendant les 21 ans du « kabilisme ».

            Le souverain primaire, qui avait sanctionné, le 30 décembre 2018, l’ancien régime, exige des personnalités politiquement et économiquement vierges pour la gestion des affaires publiques, à tous les niveaux. Il veut, grosso modo, que les futurs collaborateurs d’Ilunga Ilunkamba, appelés à traduire dans les actes la vision de changement du Chef de l’Etat, et son credo « le peuple d’abord », répondent aux critères de crédibilité, de patriotisme, de compétence, de probité morale, de serviteurs de la communauté nationale, etc.

            Le souverain primaire voudrait voir aux côtés du Chef de l’Etat et du Premier ministre des personnalités animées de l’esprit de consensus, qui vont prendre la direction des ministères non pour bloquer le pays ou les institutions, à l’image de la ministre sortante du Portefeuille, mais plutôt pour faire bouger les lignes dans le sens de l’intérêt général.

            Si, du côté du FCC, on n’a pas pris la pleine mesure du verdict des urnes pour la présidentielle, c’est l’occasion ou jamais de le faire et d’insister, auprès des regroupements politiques, sur les attentes du peuple congolais quant au choix de futurs animateurs de l’équipe gouvernementale.                                Kimp

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