Gouvernement Ilunga I : le travail ou le naufrage !

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« Maintenant, c’est le travail ! ». C’est l’expression lâchée par le Premier ministre Ilunga Ilunkamba, aux premières heures de la matinée d’hier lundi 26 août 2019, dans son mot d’introduction fait en prélude à la publication de sa première équipe gouvernementale. Il ne croyait pas si bien dire. Dans ce pays où tous les problèmes – insécurité, pauvreté, emploi, infrastructures, justice, santé, éducation, etc – exigent des solutions urgentes, vice-ministres, ministres d’Etat, ministres, ministres délégués et vice-ministres devraient se mettre résolument au travail dès que le gouvernement aura reçu l’investiture de l’Assemblée Nationale.

            Cet hymne au travail devrait se décliner en termes de discipline de groupe, de cohésion, d’unité d’action, de recherche permanente du bien collectif, de sacrifice pour la collectivité nationale. Serviteurs du peuple, ils doivent avoir cessé, depuis hier, de s’identifier comme ministres de leurs clans, de leurs villages, de leurs tribus, de leurs ethnies, de leurs territoires, de leurs provinces, de leurs partis et regroupements politiques.

            Dans l’hypothèse de l’incapacité du Premier ministre, des vice-Premiers ministres, des ministres d’Etat, des ministres, des ministres délégués et des vice-ministres à se mettre au travail et à remettre l’ensemble du pays au travail, celui-ci n’aurait d’autre sort que de cheminer tout droit vers le naufrage. On l’avait vécu sous Mobutu d’abord et Kabila ensuite, en passant le temps à chanter, danser et piller à la gloire de ces deux régimes. 32 ans et 20 après, soit au total 52 ans, l’ex-Zaire, la RDC actuelle, est devenu, pour ses habitants, un enfer terrestre.

            Les collaborateurs du Premier ministre devraient savoir qu’ils s’apprêtent à entrer en fonction dans un climat de doute quasi généralisé, au regard du passif politique, économique, social laissé par les dignitaires Mobutistes d’abord pendant 32 ans et Kabilistes ensuite pendant 20 ans. Très peu de Congolaises et Congolais les croient capables de traduire en acte le credo cher à Etienne Tshisekedi – « le peuple d’abord ! » – dont son fils, Félix Antoine Tshisekedi, le nouveau Chef de l’Etat, a aussi fait son cheval de bataille.

            S’agissant du rôle de ce dernier, le législateur lui reconnaît, en sus du pouvoir de nomination et révocation des membres du gouvernement, celui de contrôle direct de l’exécutif, à travers la convocation et la direction des conseils des ministres. S’il s’assume comme le garant du bon fonctionnement de l’équipe gouvernementale, celui-ci ne pourrait connaître des initiatives ou des décisions en solo, ou, plus grave, des dérapages de nature à faire croire à un désordre organisé.

Ceux qui craignent ou imaginent le scénario d’un Félix Tshisekedi appelé à « régner sans gouverner » devrait relire les dispositions constitutionnelles relatives à ses attributions. Il est d’emblée exclu que le Premier ministre, un vice-premier ministre, un ministre d’Etat, un ministre, un ministre délégué, un vice-ministre puisse entrer en conflit ou en rébellion avec le Chef de l’Etat, sans se faire rappeler à l’ordre et, au besoin, sanctionner.

Le changement tant attendu par le peuple congolais ne peut être pleinement vécu que si le Gouvernement Ilunga I s’investit effectivement et rapidement dans la recherche des résultats immédiats, dans les secteurs qui exigent des solutions urgentes, comme ceux de l’insécurité ( neutralisation des forces négatives à l’Est), des infrastructures de base (routes, ponts, chemins de fer, ports, aéroports, logements sociaux, électrification, adduction d’eau potable, etc), éducation (gratuité de l’enseignement de base), santé (éradication d’Ebola, vaccination), de l’emploi (création de petites et moyennes entreprises, industrialisation).

Les attentes du commun de Congolais sont si immenses que l’erreur est interdite.

Donner une chance aux femmes

            La communauté nationale était toute heureuse d’apprendre, du Premier ministre, l’ascension d’une femme au poste de Vice-Premier ministre et d’une autre à celui de ministre d’Etat. Ces choix ont sans doute été dictés par le profil des concernées. D’où, d’aucuns pensent que le débat de la parité homme-femme devrait être porté sur le terrain de l’excellence, de la méritocratie, des résultats. Cette percée des Congolaises en termes de préséance appelle confirmation de la part de l’échantillon présent au gouvernement. Si Elysée Munembwe (vice-premier ministre au Plan), Marie Ntumba Nzeza (ministre d’Etat aux Affaires étrangères), Béatrice Lomeya (ministre d’Etat chargée du Genre), se montrent à la hauteur de leurs responsabilités, elles vont naturellement multiplier les chances de leurs consoeurs d’accroître leur quota de représentation au sein des institutions nationales et provinces.Kimp

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