Gombe : la quarantaine débute dans la cacophonie !

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Les mesures de confinement déclenchées pour contenir la propagation du coronavirus sont entrées lundi dans leur phase cruciale à Kinshasa avec la mise en quarantaine de la commune de la Gombe.

Déployées tôt le matin aux différents postes d’accès, les unités de police se sont employées à éconduire tous ceux qui tentaient de franchir les différentes barrières érigées parfois avec des moyens de bord. On a ainsi revu les carcasses de voitures -que l’on croyait envoyées à la casse- sur les voies de passage que les usagers de la route espéraient emprunter.

Partout, le message était le même : « faites demi-tour ». Le même message était curieusement répété a tout le monde, y compris aux personnes munies de badges et qui devaient logiquement entrer dans la zone interdite pour y entretenir un semblant d’activités. Des dispositions pratiques avaient été prises à ce sujet par la Fédération des Entreprises du Congo qui avait accordé un quota de dix agents à chaque entreprise établie à Gombe. Le secteur bancaire et les différents ministères avaient pris la même précaution car il était indispensable de maintenir le fonctionnement du système financier national et de garder le gouvernement en contact avec le Congo profond ainsi que l’extérieur du pays. Quant aux journalistes, leur présence sur le terrain ne pouvait se discuter dans la mesure où c’est par eux et grâce à eux que l’indispensable sensibilisation de la population doit passer.

Mais comme cela arrive souvent, une chose est de prévoir, et une autre est de réaliser. Sur le terrain, alors que tout devait baigner dans l’huile, de nombreux grains de sable se sont manifestés. Les badges qui devaient faciliter le filtrage des entrées ont été inexplicablement rejetés par la police et ce, en dépit de l’intervention du gouverneur de la ville descendu personnellement sur le terrain. La police est restée inflexible, renforcée dans sa position par les ordres qu’elle avait reçus de la hiérarchie. Le gouverneur a eu beau répliquer que la hiérarchie c’était lui, rien n’a bougé. Dans ce pays, le pouvoir que l’on croit détenir se trouve parfois ailleurs !

A la suite de cette cacophonie, les banques ainsi que les différentes entreprises œuvrant dans l’espace Gombe sont restées fermées. Quant aux journalistes sur qui on compte pour faire passer les indispensables messages de la Task Force et de l’équipe de riposte contre la pandémie de coronavirus, il leur a été demandé de regagner leurs maisons car le pays va mieux, semble-t-il, quand le peuple n’est pas informé.

Après le raté du confinement total il y a une dizaine de jours, on espérait que les choses allaient être mieux organisées à l’occasion des confinements sectoriels. Cela n’a malheureusement pas été le cas hier, sans doute parce que nous sommes toujours dans la période d’apprentissage. Mais il faut dire que celle-ci commence à trop durer et qu’il est temps de faire les choses autrement. Clairement et dignement.

Le Phare

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