Goma sous la menace du M23

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C’est depuis le dernier week-end que des informations, difficiles à confirmer ou infirmer, circulent au sujet de la progression des rebelles du M. 23 en direction de la ville de Goma. Les radios périphériques les annoncent tantôt une soixantaine de kilomètres du chef-lieu du Nord-Kivu, tantôt à une cinquantaine, ou même à moins de 30 kilomètres. L’on retient, à ce stade, que la Monusco a dû bombarder, par deux fois, les positions des mutins avec ses hélicoptères de combat, dans le cadre de sa mission de protection des civils.
 A en croire Roger Meece, Représentant du Secrétaire Général de l’ONU en RDC et chef de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo), qui est intervenu tout récemment au Conseil de Sécurité, la rébellion dispose d’un armement plus performant que celui des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo). C’est cet état des choses, a-t-il indiqué qui expliquerait les revers des troupes loyalistes sur certains fronts.

 Ce constat, au lieu de froisser les Congolais, devrait au contraire les soulager. Car Roger Meece vient de leur apporter, sur le plateau d’or, la preuve que les mutins du M 23 sont armés par une main noire. En effet, si les hommes du colonel Ruzandiza alias Sultani Makenga étaient réellement des dissidents de l’armée nationale congolaise, ils devraient se battre avec le même type d’armes et de munitions que les FARDC.
On rappelle que les mutins clament partout que leur arsenal de combat s’enrichit chaque jour grâce au stock qu’ils récupéreraient dans les bases logistiques situées dans les localités abandonnées par l’armée nationale. Le rapport des experts des Nations Unies sorti au mois de juin 2012 avait déjà épinglé le Rwanda comme pourvoyeur du M23 en hommes, armes et moyens financiers.


 Lorsque l’on analyse froidement la communication de Roger Meece au Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’enseignement principal à en tirer est que l’armée du Congo démocratique est confrontée à une ou plusieurs armées étrangères au Nord-Kivu. Il n’y a plus à douter de la participation des troupes rwandaises aux hostilités. Quant à la présence de celle de l’Ouganda, le rapport complémentaire des experts des Nations Unies en avait déjà fait état.
 Même si les autorités de Kampala continuent de nier, les faits sur le terrain semblent démontrer le contraire. Et, ce n’est pas par hasard que le Parlement ougandais a interpellé dernièrement le président Yoweri Museveni à ce sujet. L’adage nous enseigne qu’il n’y a jamais de fumée sans feu. L’on peut simplement s’étonner du fait que l’homme fort de Kampala, qui prétend rechercher le retour de la paix en RDC, à travers l’organisation imminente d’une session extraordinaire de la Conférence Internationale de la Région des  Grands Lacs, développe la même thèse que celle soutenue à Kigali, à savoir que la guerre de l’Est est congolo-congolaise. Une telle prise de position montre que la RDC a affaire à la coalition de ses agresseurs. D’où, en principe, la diplomatie congolaise ne devrait pas être partie prenante au rendez-vous de Kampala.

« Somalisation », « soudanisation » ou « malinisation » ?

 L’ONU se dit fort inquiète de l’évolution de la situation sécuritaire au Nord-Kivu. Elle se propose d’adopter, d’ici la fin de la semaine, une Résolution sous forme d’avertissement aux rebelles du M23 et à leurs sponsors. Même si ceux-ci ne sont pas cités, l’on croit savoir qu’il s’agit du Rwanda, formellement identifié, et de l’Ouganda, qui continue de jouer le jeu de cache-cache.
 Mais quel effet pourrait avoir un avertissement des Nations Unies aux Etats agresseurs de la RDC et à leurs pions du M23, si les forces onusiennes n’appliquent pas intégralement le Chapitre VII ? Au lieu d’une interpellation verbale, l’ONU ferait mieux d’intervenir dans le conflit en vue du rétablissement de la paix au Nord-Kivu et de l’intégrité territoriale de la RDCongo. Va-t-elle attendre la « somalisation », la « soudanisation » ou la « malinisation » de notre pays pour penser au changement du mandat de la Monusco.


   Kimp 

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