Glissement de 13 à 16 mois : l’UNC pas d’accord avec la CENI

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vita_kamerhe_union_natioin_congolaise_unc_rd_congoEn démontrant explicitement le caractère incontournable du « glissement » dans sa dernière note technique relative à l’actualisation du fichier électoral, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) vient de soulever une terrible tempête dans les états-majors des partis et regroupements politiques de l’Opposition.

 Après le G7, qui a rejeté sans détours le chronogramme arrêté par cette institution d’appui à la démocratie pour les opérations préélectorales, à savoir de 13 à 16 mois, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) vient de réagir à son tour.
« Après moult tergiversations pour fixer l’opinion sur le calendrier électoral, la Commission Electorale Nationale Indépendante vient de sortir sa tête des eaux tumultueuses et sa dernière carte de manière aussi téméraire et provocatrice », a lâché le Secrétaire  général de l’UNC.
            Devant la presse hier lundi 1er février 2016 au siège de son parti, dans la commune de Barumbu, Jean-Bertrand Ewanga a publiquement accusé la CENI de vouloir accompagner le président Kabila sur la voie du « glissement ». Il a souligné que « l’UNC suit avec un vif intérêt, depuis quelques temps, la démarche hésitante de la CENI à se démarquer du pouvoir en place pour jouer son rôle en tant qu’institution d’appui à la démocratie. Que la CENI vienne, à ce jour,  soutenir un glissement technique qui exigerait 13 à 16 mois pour l’enrôlement de nouveaux majeurs, prouve à suffisance que cette institution d’appui à la démocratie est devenue une chambre d’échos de la Majorité présidentielle, le bras séculier du gouvernement et perd automatiquement toute indépendance », souligne-t-il.
            Eu égard à tout ce qui précède, l’UNC dit tenir la Ceni « pour responsable de toute crise éventuelle qui pourrait surgir, pour n’avoir jamais voulu prendre en compte les préoccupations des partis politiques et de la société civile, en négociant un calendrier consensuel, réaliste et réalisable ».
            Cet ancien détenu politique ne doute plus que « l’environnement politique créé par la CENI va sûrement emmener à des contestations aux conséquences incalculables ».
            Aussi, « l’UNC demande à la CENI de se ressaisir afin de présenter, toutes affaires cessantes, un calendrier électoral réaliste tenant compte des délais constitutionnels, dans la mesure où le temps qui nous sépare du 19 décembre 2016 devient plus que contraignant pour l’UNC, d’autant plus que l’OIF a estimé que 4 mois suffisent pour l’enrôlement de nouveaux majeurs », commente Ewanga.
            Dans le même ordre d’idées, il a fait remarquer que « l’enrôlement de 25 millions d’électeurs en 2006 avait pris 6 mois sans aucune expérience électorale avérée et en 2011, avec 32 millions d’électeurs, 5 mois ont suffi pour l’enrôlement des électeurs ».
            L’UNC ne comprend pas qu’avec 8 millions de nouveaux majeurs, avec l’expérience déjà acquise par les agents de la CENI, cette institution d’appui à  la démocratie puisse parler de 13 à 16 mois pour l’actualisation du fichier électoral.
            « C’est tout simplement ahurissant, si pas une insulte vis-à-vis du peuple congolais, que nous invitons à rester vigilant », a martelé Jean- Bertrand Ewanga.
            Les observateurs pensent qu’à cette allure, l’on s’achemine lentement mais sûrement vers un bras de fer entre la CENI et la coalition G7 – Dynamique de l’Opposition. On rappelle que le vendredi 29 janvier 2016, les délégués de la Dynamique avaient claqué la porte de la réunion prévue entre bureau de la CENI et les acteurs de l’opposition, au motif que celle-ci faisait de l’amalgame entre les pro et les anti-Dialogue.
Pour se démarquer, les acteurs de la Dynamique ont refusé de porter le même « maillot » que l’opposition pro-dialogue dénommée G5.
            Espérons que le choc frontal de ce mardi 2 février 2016 entre la CENI et la Dynamique de l’opposition va permettre aux deux parties de dissiper les malentendus et recréer le climat de confiance nécessaire au recadrage et la relance du processus électoral en RDC.
ERIC WEMBA
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