Gestion du Covid-19 : Ilunga ce mercredi au Palais du Peuple

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Une plénière de l’Assemblée Nationale est annoncée pour ce mercredi 06 mai 2020 au Palais du Peuple, en mode de vidéoconférence. Invité du jour : le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Au menu : question d’actualité sur la gestion du coronavirus par le gouvernement.

Les observateurs notent, au regard de la panoplie de mesures de prévention et de riposte prises par les autorités nationales, le Chef de l’Etat en tête, ainsi que différentes autorités provinciales, mais aussi des actions menées sur le terrain, que ladite plénière ne se transforme en une séance de répétition de ce que la majorité de nos compatriotes connaissent déjà.

            Le chef du gouvernement devrait en effet rappeler à la représentation nationale la mesure-phare du Président de la République décrétée depuis le 24 mars 2020, à savoir « l’état d’urgence sanitaire », lequel venait d’être prolongé le jeudi 23 avril 2020, sur fond d’une vive controverse entre lui et les présidents des deux chambres du Parlement, qui avaient tenté de soutenir, à un moment donné l’hypothèse de la violation de la Constitution par Félix Antoine Tshisekedi. Il avait fallu que le Président de la République introduise une requête auprès de la Cour Constitutionnelle, pour s’assurer de la conformité ou non à la Constitution de son Ordonnance portant proclamation de l’état d’urgence.

            Le Premier ministre serait également bien obligé de revenir sur la fermeture des frontières nationales aux vols des passagers et à leur voyage par bateau, train, véhicule…exception faite pour les marchandises et les équipages. Il faut signaler aussi la fermeture des frontières de Kinshasa avec celles du reste des provinces du pays. On ne peut ignorer l’interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes – mesure qui a du reste comme conséquence la suspension des plénières des deux chambres du Parlement- la contrainte de n’organiser des plénières qu’en format réduit et en vidéoconférence.

            On peut rappeler aussi la fermeture des écoles, universités, restaurants, terrasses, bars, lieux de cultes, funérariums, salles de fêtes, de concerts et de théâtre, sites des compétitions sportives, la limitation des passagers à un sur une moto, à trois dans un taxi, à 10 dans un taxi-bus, à 16 dans un bus « Esprit de vie », à 20 dans un bus « Transco ».

            Plusieurs villes des provinces, dont Kinshasa, Lubumbashi et Kasumbalesa, ont déjà été soumises à la cure du « confinement » partiel ou total.

Au sujet des gestes barrières, notamment le port du masque, le lavage régulier des mains au savon ou au désinfectant, la distanciation sociale d’un mètre, le toussotement sous le couvert d’un mouchoir ou dans le pli du coude…ils sont d’application dans plusieurs provinces, même si, jusque-là, il se remarque un phénomène de résistance, voire d’insouciance chez certains compatriotes. Intoxiqués par des campagnes de banalisation du Covid-19 dans les réseaux sociaux, nombre des résidents des villes de la RDC ont tendance à croire qu’effectivement le gouvernement et le Secrétariat technique de riposte se livreraient au business pour soutirer des fonds aux partenaires extérieurs.

            S’agissant précisément de ceux-ci, Sylvestre Ilunga pourrait égrener les montants des aides humanitaires et kits de protection offerts au pays, sans oublier la mise à disposition du personnel soignant pour venir en appui à celui du pays. Tests et mise en quarantaine des suspects, expédition d’échantillons à l’INRB/ Kinshasa en attendant la mise en place d’antennes provinciales, prise en charges des malades dans des sites appropriés, avec les défaillances inhérentes à la modicité des moyens financiers, sont autant d’actions engagées par le gouvernement dans le cadre la prévention et de la riposte du Covid-19.

            Le Premier ministre ne pourrait boucler le dossier de la gestion du Covid-19 sans évoquer les statistiques livrées au quotidien par le Comité multisectoriel de riposte, la gratuité de l’eau et de l’électricité pour deux mois (mars-avril) à Kinshasa, la prise en charge des factures des malades insolvables dans les hôpitaux publics, les allègements fiscaux, douaniers et autres pour les opérateurs économiques, le désengorgement des prisons, la désinfection des bâtiments publics, la mise en place du Fonds National de Solidarité place sous la gestion des chefs religieux, etc.

            Il est à espérer que le Premier ministre va apporter un éclairage suffisant à la représentation nationale au sujet des résultats du confinement de Gombe, des doléances qui s’échappent des pensionnaires de plusieurs structures de prise en charge du Covid-19 du «sabotage» des gestes barrières par nombre de compatriotes mais aussi des stratégies mises en place pour «sauver» Kinshasa, une ville isolée du reste du pays mais dont le nombre de cas ne fait qu’inquiéter.           

                                   Kimp

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