Gestion des écoles de l’État :voici les obligations des confessions religieuses

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Comme nous avons eu à le rappeler dans nos éditions antérieures, les écoles publiques sont la propriété exclusive de l’État qui en a confié la gestion aux confessions religieuses, sur base d’une convention conclue avec ces dernières. Nous publions quelques extraits essentiels de cette convention de gestion dans la présente édition en vue de permettre à tout le monde d’en saisir les tenants et aboutissants, et d’aider tous ceux qui sont engagés dans la course à l’enrichissement sans cause, sous divers prétextes (contribution déguisée des parents, frais covid etc)  de réaliser qu’ils font fausse route et que leur comportement malfaisant peut pousser l’État propriétaire des écoles à prendre des mesures radicales.

                  Il y a lieu de préciser ici que l’intention du quotidien de l’avenue Lukusa n’est pas de nuire à qui que ce soit, mais plutôt d’éclairer l’opinion nationale sur un dossier qui défraie la chronique, afin que les choses soient tirées une fois pour toutes au clair. Ce qui permettra de dissiper le malentendu expressément entretenu, et casser ainsi l’arrogance dont certains font montre depuis que le Gouvernement a entériné la philosophie du Président de la République de rendre l’enseignement de base gratuit, en la coulant en décision que tous les gestionnaires des écoles publiques doivent scrupuleusement observer.

Que dit la Convention ?

                  Signée le 26 février 1977 entre la République du Zaire à l’époque représentée par le commissaire d’État (ministre) en charge de l’Education Nationale, Mbulamoko Nzenge Movoambe, et l’Eglise catholique au Zaïre, représentée par le président de la Conférence Episcopale du Zaïre (actuelle Cenco) Mgr Yungu, évêque de Tshumbe, ladite Convention définit les conditions d’exercice de cette charge de gestion que l’État confiait aux confessions religieuses.

                  Dans l’article 1er, il est clairement affirmé que la République confie la gestion des écoles publiques à l’église qui l’accepte  aux conditions définies aux termes de la présente convention.

                  Parmi les dispositions phares de la Convention figure également cette recommandation prônant la gratuité de l’enseignement en faveur des plus démunis : «une éducation au service gratuit et au souci des plus pauvres» (cfr article 4).

                  Comme cela est de pratique dans tous les accords et conventions, l’article 22 détermine les conditions susceptibles d’amener à la révocation de la présente convention.

Article 22 . « La violation grave et volontaire de la présente Convention par l’une des parties donne lieu à sa résiliation.

                  Chaque partie notifie à l’autre les violations graves et les excès de zèle commis par les agents d’exécution.

                  La partie informée s’engage à sanctionner les cas notifiés. Si, dans un délai raisonnable, aucune sanction ou mesure adéquate n’est prise à l’endroit des contrevenants, la partie lésée sera en droit de suspendre l’exécution partielle ou totale de ladite Convention ; elle en avise l’autre partie.

                  La résiliation de la Convention peut également se faire de commun accord après un préavis d’une année scolaire au moins».

Plus de confusion

                  Comme on peut le remarquer, l’État congolais reste l’unique propriétaire des écoles publiques dont il assure d’ailleurs le paiement des enseignants. Les confessions religieuses – catholique, protestante, salutiste, kimbanguiste, musulmane et autres – ne sont que des simples gestionnaires tenus de respecter les termes de la Convention. Agir autrement, surtout vouloir donner l’impression à ceux qui ne le savent pas qu’on est propriétaire par le fait d’être désigné gestionnaire, relève ni plus ni moins de la mauvaise foi manifeste. Plus grave encore, c’est lorsqu’on verse dans l’arrogance,  au point de s’entêter face aux décisions prises par l’État propriétaire.

                  On espère, grâce à ces éléments qui clarifient le statut des écoles publiques ainsi que le rôle des uns et des autres, que chacun se mettra à sa juste place, en ayant dans sa tête la seule préoccupation de mener à bien la mission de former et d’éduquer la jeunesse congolaise.

                  A part les écoles privées, toutes les écoles publiques construites avec les fonds issus des taxes et impôts des contribuables congolais dont l’État assure la charge de paiement des enseignants n’appartiennent à aucune confession religieuse.

                  C’est le moment pour tout le monde de faire preuve d’humilité et de retenue pour ne pas s’exposer aux conséquences fâcheuses lorsque la population aura découvert qu’elle était roulée à des fins lucratives.

Dom

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