Genève : les fausses notes d’un deal politique

4
487

Après le vote du candidat commun de l’opposition qui a eu lieu à Genève le dimanche 11 novembre, les observateurs continuent à relire les différents épisodes d’un deal politique considéré par d’aucuns comme un marché des dupes.

De prime abord, la première fausse note se situe en amont. On se
demande pourquoi les divers candidats à la magistrature suprême
n’ont-ils pas examiné méticuleusement le rapport des forces entre eux,
notamment le poids d’un chacun sur le terrain sociopolitique, la
capacité de mobiliser tant dans la capitale que dans d’autres villes,
localités, territoires et provinces de la République et pourquoi pas
dans les Etats voisins et autres où l’on compte une diaspora notable
des Congolais?

Le meilleur baromètre à l’heure actuelle s’observe en nombre des
députés au niveau de l’Assemblée nationale, provenant des élections
législatives de 2011. On rappelle que l’UDPS totalise 44 députés
nationaux, l’UNC en compte dix-sept, l’ECIDE un seul et le parti cher
à Freddy Matungulu dénommé « Congo na Biso » zéro député.
Toujours en amont de ce deal, les intéressés auraient pu prendre en
compte les résultats des sondages publiés par l’organisme BERCI,
reconnu spécialiste pour les régions des Grands Lacs, qui attribuaient
36 % des voix favorables au président national de l’UDPS, 17 % à Vital
Kamerhe et 16 % à Emmanuel Ramazani Shadary du Front Commun pour le
Congo.
Il est de notoriété publique que pour participer à un concours, le
candidat doit remplir les différentes conditions nécessaires et
inévitables à cet effet. Or, trois candidats à la Magistrature
Suprême, à savoir J.P. Bemba, Adolphe Muzito et Moïse Katumbi ont été
disqualifiés par la CENI pour diverses raisons.

Les candidats exclus comme témoins
De ce fait, comme le dit un principe cher en droit : pas d’intérêt,
pas d’action. Ils n’avaient donc pas qualité pour se mêler en quoi que
ce soit de la désignation d’un candidat à la magistrature, notamment
par la voie d’un vote. Le seul rôle qui devait leur être réservé était
celui d’observateurs et de conseillers surtout en ce qui concerne
l’élection présidentielle. Cependant, la loi leur permet de faire
campagne ou de concourir pour les autres élections provinciales,
sénatoriales et de gouverneurs.

Le recours obligatoire
à la ratification

Pourquoi les quatre personnalités non exclues par la CENI n’ont-elles
pas demandé et obtenu le droit de recourir à la ratification de ce
deal par leurs bases respectives avant d’apposer leurs signatures au
bas de ce document conclu à Genève dimanche dernier?

Le droit de rétractation
Si en droit civil, le droit et le délai de rétractation ou de
renonciation  sont reconnus comme des périodes au cours desquelles,
tout cocontractant peut renoncer à un contrat, en politique, l’on ne
compte plus des cas de ce genre vécus dans le monde. D’autant que la
bonne foi y joue un rôle prééminent dans les relations entre les Etats
et les sociétés commerciales privées et paraétatiques. Surtout lorsque
l’on découvre un dol ou une promesse mensongère non tenue. Comme ce
fut le cas dimanche dernier à Genève lors de ce deal politique puant
un marché des dupes à plusieurs kilomètres.  En France par exemple, le
Code Civil en ses articles L.221-16 a règlementé ces éventualités pour
protéger les gens exposés aux multiples fraudes car comme l’on dit «
fraus omnia corrupit ».
L’histoire récente du pays renseigne qu’au lendemain des accords
politiques conclus à Gbadolité entre le maréchal Mobutu et les treize
parlementaires fondateurs de l’UDPS, ces derniers avaient signé ledit
accord politique mettant fin au calvaire auquel ils avaient été soumis
pendant trois ans de bannissement et de renvoi dans leurs villages
d’origine. Une fois sorti du pays pour un contrôle médical en Europe,
Etienne Tshisekedi apprit que l’un d’entre eux, à savoir son compagnon
d’infortune dénommé François Lusanga Ngiele, avait été déshabillé et
battu en public au cours d’un meeting tenu par un plénipotentiaire du
régime dans la ville de Mwene-Ditu.
Il profita de cette flagrante violation du contrat politique conclu
entre les treize parlementaires à l’issue des tractations politiques
de Gbadolite sous la direction de feu le Maréchal Mobutu pour renoncer
publiquement à sa signature. De retour au pays, il refusa de faire
partie de n’importe quelle institution de la République, notamment le
gouvernement, au Bureau Politique et les entreprises commerciales
paraétatiques. Freddy Kibasa fut nommé ministre des Sports, Lumbu
Maloba, Gabriel Kyungu, Gabriel Kapita, Biringanine et Makanda
Shambuyi au Bureau Politique, Mpindu Bwabwa à la direction générale de
l’INSS.
Pour tester la bonne foi du régime, il convoqua et tint un meeting
sur la place dite de Pont Cabu. Des agents en armes et en tenues
militaires surgirent pour le brutaliser avant de l’amener manu
militari jusqu’à la Cour de Sureté de l’Etat siégeant dans les
installations de l’Assanef pour un procès bidon et immédiatement
acheminé à Makala. Il fut remis dix jours après en liberté et placé en
résidence surveillée dans sa maison de l’avenue Pétunias à Limete
quartier résidentiel, jusqu’au 24 avril 1990.
F.M.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

4 Commentaires

  1. Espèce des mal francs,vous êtes là que pour nous distrairent ,quelle sorte des journaux bande des corrompu cepourquoi moi personnellement je ne peux jamais rentré au congo a cause de tribalisme,fanatisme acec vos journaux corrompu ,leministre ntabwe avait raison de vous injurier,je vous assûr que la majorité auras encore lepouvoir a cause de vous les ingrats,pourquoi matata ponyo,aubin minaku Lambert mende n’avaient pas contester le choix de kabila?vous resterez toujours commeça avec votre pauvrété entrain de courir derier les autres,espèce des mendiants,vous appuyé tshitshi parcequ’il est muluba,il restera tjrs oposant jusqu’á sa mort comme son pere,cepourquoi kabila le père avait refusé d’être ensemble avec ces soit disant oposant a vie,et vous Les lappuyé aussi.attendez l’acenir nous donnera raison

Comments are closed.