Genève : pas d’enquête internationale au Kasaï

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En discussion depuis le mardi 20 juin 2017 entre les délégués des 47
pays présents à la 35me session du Conseil des Droits de l’Homme des
Nations Unies, le projet de Résolution exigeant l’ouverture d’une
enquête internationale sur les violences au Kasaï, a finalement a été
retiré hier jeudi 22 juin 2017. A la place, la plénière a opté pour un
nouveau projet de Résolution relatif à l’envoi d’une équipe d’experts
sur le terrain pour l’établissement des faits. La nuance est de taille
car ces experts, à désigner par le Haut Commissaire des Nations Unies
aux Droits de l’Homme, seront tenus de remettre leurs conclusions aux
autorités congolaises.
Quant à Zeid Ra’ad Al Hussein, il a été chargé de préparer un rapport
ad hoc, sur la base des données à collecter par les experts onusiens,
à présenter dans une année, plus précisément lors de la 38me session
du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.
Il s’agit là d’un grand soulagement pour les autorités de la
République Démocratique du Congo, qui gardent la direction du dossier
des massacres et autres violations des droits de l’homme que connaît
l’espace kasaïen depuis le mois d’août 2016. Le retrait du projet de
Résolution relatif à une enquête internationale au Kasaï, fortement
réclamée par le Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de
l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, et appuyée par l’Union Européenne, les
Etats-Unis, la France, le Canada et la Suède, est perçu comme une
importante victoire pour les pays africains, dont plus d’une dizaine
faisaient corps avec la RDC pour barrer la route à ce qui
apparaissait, à leurs yeux, comme une ingérence étrangère dans les
affaires congolaises.
On rappelle, à ce sujet, que le Botswana, le Burundi, le
Congo/Brazzaville, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, le Kenya, l’Ethiopie,
le Nigeria, le Rwanda, la Tunisie, le Togo, le Ghana et l’Afrique du
Sud avaient fait savoir au bloc européen, partisan de la mise sur pied
d’une commission d’enquête internationale, qu’ils allaient voter
contre le projet de Résolution réclamant pareille enquête.
En principe, le spectre de la machine répressive de la Cour Pénale
Internationale s’éloigne pour les commanditaires et auteurs des
massacres, fosses communes, viols, attaques à caractère xénophobe, des
opérations d’épuration ethnique, etc.
Certains observateurs considèrent le retrait du projet de Résolution
exigeant une enquête internationale comme un nouvel échec pour le Haut
Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, qui n’avait pu
convaincre, en mars dernier à Genève, les 47 Etats membres du Conseil
des Droits de l’Homme de l’ONU de souscrire audit projet.

Kinshasa crie victoire

Du côté de Kinshasa, on fait la fine bouche. Réagissant au compromis
ayant sanctionné la 35ème session du Conseil des Droits de l’Homme des
Nations Unies, Lambert Mende, ministre de la Communication et Médias,
porte-parole du gouvernement congolais, a déclaré : « Nous ne nous
attendions pas à autre chose qu’au retrait de ce projet sur la
création  d’une mission d’enquête internationale en RDC… Certains pays
qui voulaient remettre la RDC sous tutelle d’autres Etats ont été
minoritaires, alors que nous sommes un pays souverain.  Nous sommes
donc satisfaits d’avoir été également soutenu par la majorité des pays
membres du Conseil des Droits de l’Homme ».
Signalons que dans la foulée de ses moyens de défense pour faire
échec au projet de Résolution allant dans le sens de la constitution
d’une commission d’enquête internationale sur les violences au Kasaï,
le gouvernement congolais a rendu public, le mardi 20 juin 2017 à
partir de Genève, un « Livre blanc » dans lequel il est fait état de
la genèse du conflit, des causes endogènes et exogènes, du feuilleton
des violences commises par les miliciens Kamuina Nsapu, des poursuites
judiciaires engagées contre des militaires et civils impliqués dans
les tueries, des missions de bons offices des autorités tant
nationales que provinciales, etc.
Kimp

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