Porte-parole de la Monusco : C. Bambara « La Résolution 2277 est notre feuille de route à respecter scrupuleusement…»

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IMG_0872Les questions liées aux contours de la Résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies ayant décidé de proroger jusqu’au 31 mars 2017 le mandat de la MONUSCO en RD Congo, ont dominé la conférence de presse de la mission onusienne, hier mercredi 6 avril 2016. 

 Faisant l’économie de cette importante décision, Charles Bambara, porte-parole de la Mission, a indiqué que le Conseil a décidé que la MONUSCO maintiendra un effectif maximum autorisé de 19 815 militaires, 760 observateurs militaires et officiers d’état-major, 391 policiers et 1 050 membres d’unités de police constituées. Il a aussi pris note de la recommandation de réduire la force de la MONUSCO de 1 700 soldats, formulée par le Secrétaire général en tenant compte des progrès accomplis dans l’élaboration d’une stratégie de retrait et dans la lutte contre la menace que représentent les groupes armés.

Interrogé sur d’éventuelles renégociations encore avec le Gouvernement pour appliquer cette résolution, le Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO a fait noter que la Mission ne peut pas empêcher l’interprétation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies par différentes personnalités du pays. « Tout ce que nous savons, c’est que cette résolution du Conseil de sécurité nous donne un peu la feuille de route pour la MONUSCO en termes d’actions, d’activités sur le terrain, d’interaction avec même le Gouvernement sur le terrain. Et au niveau donc de la MONUSCO, nous allons essayer de suivre ces recommandations dictées par cette nouvelle résolution, la 2277 du Conseil de sécurité, qui nous demande une fois de plus, en insistant sur la protection des civils, mais aussi la stabilisation du pays à travers différentes actions concrètes qui vont se dérouler tout au long de cette année 2016 » a-t-il appuyé.

Concernant le retrait des troupes de la Monusco, mieux sa reconfiguration future, et son mandat, le Conseil de sécurité a estimé qu’il devra être arrêté en consultation avec le Gouvernement de la RD Congo en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain. « Le Conseil demande de Promouvoir la consolidation de la paix et un dialogue politique transparent associant toutes les parties prenantes congolaises, dans le respect de la Constitution, en vue de favoriser la réconciliation et la démocratisation, et protéger les libertés fondamentales et les droits de l’homme, afin d’ouvrir la voie à la tenue d’élections », a martelé Charles Bambara, soulignant au passage que le Conseil de Sécurité constate avec une profonde préoccupation les retards dans les préparatifs de l’élection présidentielle qui doit se tenir en novembre 2016, comme le prévoit la Constitution, et que l’actualisation des listes électorales n’a pas encore commencé.

Qu’arriverait-il si les élections ne sont pas organisées dans le délai ? Selon le porte-parole, la MONUSCO a une feuille de route qui est donnée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, et qu’elle essaie de respecter scrupuleusement. « Elle est très claire. Elle demande à la MONUSCO de veiller à la protection des civils et un certain nombre de tâches que nous devons faire.

Elle nous demande d’accompagner le processus électoral qui est déjà entamé. C’est ce que nous essayons de faire. Non seulement nous au niveau de la MONUSCO, mais aussi les agences du système des Nations Unies, qui sont installées ici depuis longtemps et qui travaillent résolument main dans la main avec les autorités gouvernementales. Ce qui n’est pas dans notre mandat, ne nous demandez pas de le faire. Nous voulons respecter les termes de notre mandat, nous voulons continuer à discuter avec les autorités gouvernementales, nous allons continuer à le faire, et nous pensons que dans ce dialogue-là qui est entamé, nous pourrons avoir effectivement beaucoup de moment où nous pouvons nous mettre d’accord sur différents points donc ce processus, effectivement de désengagement progressif de la MONUSCO du pays » a-t-il expliqué. 

Insistant sur la nécessité d’un dialogue politique ouvert, inclusif pacifique, centré sur la tenue des élections et associant toutes les parties prenantes, dans le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, afin de préparer le terrain en vue de la tenue dans le pays d’élections pacifiques, crédibles, ouvertes à tous, transparentes, dans le respect des délais prévus, et notamment des élections présidentielle et législatives d’ici novembre 2016, Charles Bambara a déclaré que le Conseil de Sécurité a enjoint la reprise en toute urgence des opérations conjointes des FARDC et de la MONUSCO, conformément à son mandat, pour neutraliser les FDLR et les autres groupes armés.

 

Quelle évaluation faites-vous par rapport à cette reprise [de la coopération militaire sur les] opérations dans le pays ?

 

A cette question, Charles Antoine Bambara a répondu qu’effectivement sur le terrain, la MONUSCO a soutenu et continue de soutenir de façon ponctuelle et à la demande des FARDC, un certain nombre d’opérations engagées par les FARDC sur le terrain, et cela de façon continue depuis quelques semaines déjà. « Mais j’allais dire, la reprise, comme vous dites, grandeur nature de la coopération, n’est pas encore faite, mais se fera dans les prochains jours, dans les prochaines semaines je crois. Mais, nous n’avons pas cessé réellement dans l’intervalle, d’apporter un soutien constant à la demande, une fois de plus, de différents commandants de troupes des FARDC, bien sûr, sur le terrain. Nous n’avons pas cessé de les appuyer, non seulement avec notre capacité aérienne, les hélicoptères de combat, mais aussi des moyens logistiques, les actions, les opérations qui sont en train d’être menées par les FARDC sur le terrain » a-t-il conclu.

Tshieke Bukasa

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