Francophonie : 2012 : ce sera la RDCongo

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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un bon voyage. Le célèbre adage s’applique désormais au succès que vient de récolter la RDC à Montreux en obtenant la confiance des pays membres de la Francophonie pour l’organisation du 14ème sommet en 2012. Le choix de Kinshasa relevait certes de l’évidence car, comme l’a si bien rappelé dimanche dans la soirée Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie lors du point de presse de clôture, les pays membres de la francophonie devaient à la RDC un sommet et cela depuis 2OO4. Mais encore fallait-il que le prochain organisateur du 14ème sommet en manifeste l’intérêt et c’est cela qui a été exprimé à travers la présence de Joseph Kabila à Montreux à la tête d’une forte délégation.

Ainsi donc,  l’une des résolutions prises par les chefs d’Etat et de gouvernements a été de confier l’organisation du prochain sommet à la République Démocratique du Congo. Cette résolution a été prise en même temps que huit autres dont celle renouvelant, par acclamations, le mandat de Abdou Diouf comme secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie pour un troisième mandat consécutif. Cela pour exprimer la confiance dans sa capacité de rassembleur, a indiqué Bernard KOUCHNER, ministre français des Affaires Etrangères, qui a remplacé Nicolas SARKOZY lors de la conférence de presse. Cinq nouveaux Etats, dont  les Emirats Arabes Unis et le Monténégro, ont été admis dans cette famille qui compte 22O millions des locuteurs, portant ainsi le nombre à 75 soit le tiers des membres de l’ONU.

         Pourquoi Montreux a-t-il porté son choix sur la RDC pour le prochain  sommet de 2O12 ? Abdou Diouf a rappelé certains faits historiques basés sur l’incontournabilité de l’Afrique centrale en plus du poids démographique de la RDC. Le secrétaire général est revenu plusieurs fois pour rappeler que l’avenir de la Francophonie se trouve  en Afrique qui en 2O5O, selon les statistiques les plus répandues, comptera plus de 300 millions de locuteurs de la langue française sur les 5OO millions éparpillés à travers la planète. 

Joseph KABILA : la sécurité alimentaire et le changement climatique

         Au cours de la séance à huis clos au niveau des chefs d’Etat et de gouvernements, le président de la RDC a fait un exposé sur le thème : « La Francophonie et le développement durable » et s’est focalisé sur la question de la sécurité alimentaire et du changement climatique. A ses yeux, la sécurité alimentaire est une obligation car elle constitue le tout premier Objectif du Millénaire pour le Développement si « nous voulons permettre à nos populations d’exercer leur droit inaliénable à l’alimentation. C’est une question de responsabilité, de crédibilité et d’honneur pour les chefs d’Etats et de gouvernements que nous sommes ». «A l’échelle de notre organisation, des politiques multisectorielles et convergentes s’imposent et devraient avoir pour objectifs de produire non seulement des aliments en quantité suffisante mais également de créer des emplois et de générer des revenus sans lesquels la maîtrise des prix agricoles, l’accès à l’alimentation et aux soins de santé, la réduction des disparités et de la précarité seraient hypothétiques», a-t-il poursuivi. «Pour ce faire, notre organisation devrait aider à renforcer la coordination stratégique au  niveau international, permettant ainsi de bénéficier au maximum des atouts des institutions multilatérales en termes d’expertise, d’expérience et de mobilisation des ressources». Que faut-il faire ? Joseph KABILA est convaincu qu’à l’instar de la Déclaration de Maputo, il faut recommander aux Etats membres de l ’Union Africaine de consacrer dix pour cent de leurs budgets annuels à l’agriculture.

         «La RDC, pays qui regorge de la deuxième réserve d’eau douce de la terre, est bien consciente du danger que représente la question du changement climatique», a indiqué Joseph KABILA. «Le péril actuel concerne les catastrophes naturelles à répétition et il ne faudrait pas ignorer les conséquences de l’avancée des déserts du Sahara et du Kalahari ainsi que celles relatives à l’assèchement du lac Tchad. L’on ne peut pas occulter les problèmes de la fonte des glaciers du Pôle Nord, des inondations des pays insulaires et des érosions côtières. J’invite les Etats membres de notre famille à tout faire pour obtenir un engagement effectif de tous à réduire à brève échéance les émissions de gaz à effet de serre ou à les amener à un niveau acceptable avec les exigences de la préservation des conditions de vie, à rendre disponibles en quantité suffisante les ressources financières qui permettent la mise en œuvre des stratégies de conservation et d’adaptation».

         «Tout cela est possible car les pays francophones d’Afrique centrale détiennent à eux seuls 2 millions des kilomètres carrés des forêts tropicales soit le deuxième poumon de la terre. Moralité», a souligné le président de la RDC. « Il est impensable et aberrant que l’Afrique qui n’est responsable que de moins de 4% des émissions de gaz à effet de serre soit une des régions du monde qui subissent les conséquences les plus graves du réchauffement climatique ». Joseph KABILA a donc lancé un appel pathétique aux membres de sa famille qui représentent les tiers des parties à la Convention de Nagoya qui se tient actuellement sur la Diversité Biologique de donner l’exemple d’une unité parfaite et d’une vision partagée. Celan en faisant cause commune pour peser sur ces négociations afin d’assurer des équilibres fondamentaux du monde et d’aboutir à un partage équitable des richesses entre les peuples qui assurent la préservation des espèces et ceux des pays qui ont développé des technologies permettant d’exploiter ces ressources naturelles et de les valoriser.

Fidèle MUSANGU (Envoyé Spécial à Montreux)

 

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