« La France, la Belgique et les deux Congo » : mémoire historique, approche archivologique et communication politique

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Jadis marquées par des rapports de colonisateur à colonisé, de
dominateur à dominé, d’exploiteur à exploité, avant de se muer après
les années des indépendances, en partenariats multisectoriels
mutuellement avantageux,  les relations entre les pays de l’Europe de
l’Ouest et ceux d’Afrique, apparaissent aujourd’hui comme une vaste
forêt très peu explorée et qui regorge autant des mythes que de
mystères. Les historiens ont été les premiers à se lancer à son
exploration, sans toutefois dévoiler la substance de ces liens et leur
influence profonde sur le destin de ces colonies. Réservoirs de
matières premières, les pays africains sont-ils condamnés à vivre sous
la dépendance de leurs anciennes métropoles ? Sont-ils capables de
forger seuls leur destin pour devenir un jour, des pays émergents ?
Sont-ils tenus pour leur dignité de pays souverain, de couper le
cordon ombilical qui les rattache à leurs métropoles ?

Autant des questions qui montrent, si besoin en est, que l’Afrique,
puissance économique d’avenir, est à l’heure de grands choix. Dans les
grands forums internationaux, on en parle. Dans les conférences
économiques, on ne cesse de s’interroger en donnant quelques bribes de
réponses. Les questions de fond demeurent et c’est une interpellation
collective pour les scientifiques africains, aussi bien ceux restés
sur le continent que ceux de la diaspora.
Longtemps chatouillé par la nature particulière des relations entre
la France, la Belgique et les deux Congo, Bob Bobutaka Bateko,
professeur à l’Institut Supérieur de la Statistique et à l’Université
de Kinshasa, est venu répondre à notre soif inextinguible d’en  savoir
assez sur la géopolitique entre les deux Congo et leurs anciennes
métropoles. Dans son ouvrage au titre si évocateur «  La France, la
Belgique et les deux Congo », il explore la mémoire historique, en
décortiquant l’approche archivologique et en surfant sur la
communication politique. Ce jeune chercheur congolais qui fait la
fierté du continent noir, après Ki-Zerbo, Cheik Anta Diop et tant
d’autres éminents scientifiques, jette un faisceau de lumière
nécessaire sur la problématique, et nous aide à mieux appréhender
pourquoi les pays africains se réfèrent toujours à leurs anciennes
métropoles. Pourquoi il va de leurs intérêts de tirer profit de leurs
relations particulières de partenariat dans plusieurs domaines avec
leurs anciennes métropoles:
Certes, il est vrai que le professeur Bob Bobutaka Bateko n’a pas
exploré dans ses méandres, la géopolitique entre ces quatre pays dont
deux de l’Europe de l’Ouest et deux de l’Afrique centrale. Néanmoins,
il a eu le mérite de susciter l’attention sur les ravages causés sur
cette forêt dense de relations euro-africaines qui expliquent « les
incendies de forêt » et la « déforestation », initiatives condamnables
de certains politiciens en mal de nationalisme, et les heureuses
tentatives de « reboisement » des jeunes dirigeants politiques de
l’ère de la mondialisation, de Nouvelles technologies de l’information
et de la Communication et de la civilisation interplanétaire.

Savoir préserver et soigner les relations de partenariat entre pays amis

Dans son ouvrage qui fera certainement, tache d’huile, il démontre
l’existence de la théorie de «  pré-carré » qui régule les relations
internationales entre les anciens colonisés et leurs anciens maîtres.
Beaucoup diront certainement au bout de la lecture de cet ouvrage,
qu’on n’y avait pas pensé. Pourtant, il y a des faits qui jalonnent
l’histoire des rapports entre ces quatre pays et qui sont autant de
panneaux indicateurs sur l’évolution de la géopolitique de la
colonisation et de la néo-colonisation. Pour aider les jeunes
générations à revisiter l’histoire du continent, le professeur Bob
Bobutaka a replongé en liminaire aux origines du partage de l’Afrique.
Au grand festin dit « la Conférence de Berlin » de 1885, il présente
les convives, décrit le menu dans ses détails et dévoile l’ambiance
festive, non sans effleurer la légistique quant à l’analyse du texte
qui a décidé le sort de morcellement de notre Afrique en micros,
moyens et grands pays.

Cette étape franchie, Bob Bobutaka revient sur la carte signalétique
de chacun de ces pays. Et comme il tenait à démontrer les avantages
des liens de solidarité séculaires qui les unissent, l’auteur exalte
enfin, le devoir de rapprochement entre le Congo-Kinshasa et le
Congo-Brazzaville. Une façon pour lui de célébrer la fraternité
légendaire entre les deux pays de l’Afrique centrale, aux capitales
les plus rapprochées du monde. Il fait alors saisir l’importance de
ces relations qu’il faut préserver et soigner à tout prix, non
seulement pour prêcher par l’exemple dans une Afrique aux nombreux
conflits de voisinage et de rébellion de toutes sortes, véritables
casse-têtes pour l’Union africaine, mais surtout pour pouvoir mettre
ces relations au service de l’épanouissement des populations des deux
rives du fleuve Congo.
Enfin, à la fin de la lecture de cet ouvrage édité par la Maison
EDILIVRE, tout lecteur attentif ne peut que se réjouir d’avoir pu
étancher une partie de sa curiosité sur l’histoire de la géopolitique
en Afrique, de l’ère coloniale à nos jours.

J.R.T.

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