Franc congolais : le ciel n’est pas tombé sur la RD Congo !

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D’anciens chefs du gouvernement et des ministres honoraires se sont découverts, depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Antoine Tshisekedi, la vocation de grands analystes politiques, économiques, financiers et monétaires. Selon leurs prévisions les plus pessimistes, le franc congolais allait franchir, d’ici peu, la barre de 2.600 FC pour un dollar américain. A les croire, la pandémie du coronavirus a fait imploser le cadre macro-économique au point qu’il y aurait aucune chance de sa stabilisation d’ici 2021.

Aussi, lorsque le franc congolais a dépassé, au milieu de la semaine dernière, le seuil de 2.000 francs le dollar, ils ont prophétisé de plus belle l’écroulement pur et simple de l’économie congolaise, rappelant au passage le chiffre « irréaliste » de 11 milliards de dollars pour le budget 2020.

Mais contrairement aux pronostics des prophètes du malheur, le ciel n’est pas tombé sur la République Démocratique du Congo. Les Saint Thomas ont pu constater, le week-end dernier, l’embellie inattendue du FC, laquelle s’est confirmée hier lundi.

            Des changeurs de monnaies mieux identifiés sous la dénomination de « cambistes » à Kinshasa se comportaient chacun selon son appréciation. Pourtant,  l’embellie de la monnaie nationale face aux devises étrangères était palpable hier lundi 3 août. Le Franc congolais (FC) flottait entre 1.600 Fc et 1.700 Fc sur les places fortes de change parallèle de la capitale, alors que le taux indicateur de la Banque Centrale était autour de 1.966 Fc le dollar américain.

            Toutefois, il importe de signaler que bon nombre de maisons de change de la capitale sont restées fermées. Leurs responsables refusaient de prendre des risques face à une situation qui n’offrait pas d’assurance, préférant encore observer. Relève-t-elle de la spéculation ou d’une véritable stratégie mise en place par la BCC en vue de stabiliser le cadre macroéconomique et par ricochet le taux de change.

            Comme il fallait s’y attendre, cette chute brusque de la devise américaine face au FC a provoqué un vent de panique à travers la ville, par le fait que cela n’a pas eu d’impact immédiat attendu sur les prix de principaux produits de consommation, qui restent stationnaires.

            Ce qui fait que la plupart des changeurs à la cité ont préféré tout simplement sécher les coins qu’ils occupent chaque matin, parce que ne sachant quel taux appliquer. Et ceux qui avaient ouvert prétendaient n’avoir pas de Francs. Or, en réalité, ils ne voulaient pas prendre de risque aussi longtemps qu’ils ne maîtrisent pas eux-mêmes la situation. Quelques rares qui acceptaient le risque notamment les vendeurs de crédits de communication, fixaient le taux qui leur passait par la tête.

            Il faut signaler que ce vent de panique a secoué plusieurs secteurs du commerce, y compris les supermarchés de la place Victoire à Matonge. Le matin d’hier, les supermarchés installés à ce carrefour évitaient malignement de prendre le dollar, surtout se livrer à l’habituel exercice du taux pour remettre la différence aux clients. Le prétexte avancé était qu’on venait d’ouvrir on n’avait pas d’argent, alors que d’habitude un tel langage n’a jamais été tenu.

            Par ailleurs, on indique que cette chute enregistrée le week-end pourrait se consolider davantage avec l’intervention de la Banque centrale prévue pour ce mercredi 5 août 2020. On rappelle à ce sujet qu’intervenant le dimanche dernier sur un média de la place, le Directeur général du Comité de politique monétaire de la BCC le professeur Jean Louis Kayembe a indiqué que l’Institut d’émission a aspiré beaucoup de francs de la circulation pour injecter le dollar. Ce qui expliquerait la tendance à la baisse des devises qu’on observe sur le marché. Avant d’annoncer que la BCC vendra de nouveau ce mercredi 5 août des devises aux banques commerciales. Ce qui pourra jouer davantage en faveur du bon comportement de la monnaie nationale.

Les consommateurs : grandes victimes

            Telle que la situation se présente jusqu’ici, le consommateur reste la grande victime de la chute brutale du dollar aussi longtemps que les prix des produits ne suivent pas le rythme.

C’est ici que le Gouvernement qui a pris un certain nombre de mesures en vue d’arrêter la dépréciation du franc congolais, devrait saisir l’occasion pour stabiliser le taux et procéder au contrôle des prix sur le marché. Cela évitera aux Congolais, notamment les fonctionnaires et agents de l’Etat dont les salaires ont déjà subi maintes fois les effets pervers de la  perte de valeur de la monnaie d’en subir une nouvelle fois les conséquences.

            A propos de la perte de valeur du FC face aux devises étrangères, le gouverneur de la BCC n’avait pas porté des gants pour accuser les sociétés de télécommunications installées en RDC de pratiquer la spéculation en vendant leurs produits à un taux prohibitif, soit 2030 Fc le dollar américain.

            Si les choses peuvent aller dans ce sens, ça sera un pari gagné pour le Président de la République et l’ensemble de son Gouvernement. Mais, parallèlement au contrôle des prix, il impote qu’une vigilance de tous les instants soit exercée dans les circuits de mobilisation des recettes internes et des dépenses.

Dom  

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