Forum International sur l’eau : plus de la moitié de Congolais privés d’eau potable

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7706768-wet-fenetre-de-la-pluie-de-verre-d-39-eau-baisse-de-motif-de-textureMalgré les nombreux cours d’eaux dont elle regorge, la RDC se retrouve parmi les pays dont les populations sont les moins pourvues en eau potable.  C’est dans ce cadre que le Comité National d’Action de l’Eau, d’Hygiène et d’Assainissement (C.N.A.E.H.A) organise depuis hier mercredi 3 février 2016 à Fleuve Congo Hôtel, le 1er forum international de l’eau à Kinshasa. Cette rencontre qui prendra fin vendredi 05 février, réunit des experts œuvrant dans ce secteur en vue de réfléchir non seulement sur la problématique mais également  mener des recherches dans le but de trouver des solutions innovantes à adapter au contexte de la RDC.

Dans son mot de bienvenue, le Vice-ministre du Plan et Suivi de la Révolution de la Modernité, Franklin Tshamala Maniku, représentant le ministre de tutelle,  a fait savoir que l’état de lieux réalisé dans ce secteur d’approvisionnement en eau a démontré que la mise en œuvre des actions de développement initiées par différents acteurs n’a pas été à la hauteur, au vu des résultats observés sur terrain.

En milieu urbain par exemple, le service de l’eau potable à la population présente encore d’énormes insuffisances liées notamment :

-aux difficultés d’approvisionnement en énergie électrique ;

–  la vétusté et à l’inadaptation des équipements de production  et de distribution d’eau ;

– à l’urbanisation rapide en milieu  urbain, créant le besoin sans cesse croissant de la capacité des installations de production et de distribution d’eau potable.

  S’agissant du type d’énergie à adopter pour le secteur de l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement en milieu urbain, la Vice-ministre de l’Energie et Ressources Hydriques, Maguy Rwakabuba a, pour sa part,  soutenu que la cartographie potentielle du pays offre  la possibilité de développer à travers la quasi-totalité du territoire national, des centrales hydroélectriques.

Néanmoins, estime-t-elle, les autres sources d’énergies renouvelables telles que la biomasse, la géothermie et la solaire doivent quitter le stade expérimental afin de franchir très rapidement le cap de 15% comme taux d’accès à l’énergie en RDC. Car, dit-elle, partout où l’énergie électrique est bien disponible, l’accès à l’eau potable suit en toute quiétude.

A l’en croire, deux volets constituent la priorité de son ministère pour cette année 2016, à savoir :

– l’électrification en priorité de nouveaux  chefs-lieux des provinces (sans oublier l’électrification des anciens chefs-lieux mal desservis en électricité) ;

– la finalisation des études de préfaisabilité pour la construction de plusieurs centrales de taille moyenne dont les sites sont répertoriés dans l’Atlas des Energies renouvelables en RDC.

          Par ailleurs, la Vice- ministre de l’Energie et Ressources Hydrauliques  a indiqué que l’accès à l’eau potable à travers le pays est assuré par la Régideso et la desserte peut-être triplement catégorisée à savoir :

– Les  villes à bonne desserte (taux à 55% et plus) : Kinshasa, Lubumbashi, Matadi,  Bandundu, Bukavu, Kisangani, Tshikapa et Lisala.

– les villes à desserte moyenne (taux entre 35% et moins) : Kolwezi, Kamina, Kalemie, Kenge, Kindu, Goma, Gemena et Gbadolite.

– les villes à desserte médiocre (taux à moins de 33%) : Kananga, Mbuji-Mayi, Kabinda, Lusambo, Mbandaka, Inongo, Boende, Bunia, Buta et Isiro.

          S’agissant de l’apport des partenaires, Pascal Villeneuve, Coordonnateur du groupe Inter bailleurs, a révélé qu’ils avaient déjà mobilisé pour la période de 2006 à 2020 plus d’un milliard de dollars américains. Ce fonds sera renforcé aussi bien par les acteurs internationaux que par la RDC elle-même.

          Il a en outre salué la diminution de la mortalité infanto-juvénile ainsi que l’amélioration du taux de scolarisation. Cependant, la population doit marcher plus de 30 mètres avant d’accéder à une eau de qualité. L’électricité fait aussi défaut car seulement 13,5% des ménages congolais ont accès à cette énergie (0.4% en milieu rural et 12 % en milieu  urbain).

          Toutefois, il a estimé que  le dialogue dans le secteur de la coordination des activités, des priorités sectorielles et de l’aide au développement sont des domaines tout aussi importants  à prendre en considération pour relever ces défis.

Perside DIAWAKU

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