Forte hausse des cas covid-19 en Afrique : L’OMS tire la sonnette d’alarme

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Au regard de l’augmentation des cas covid-19 constatée en Afrique depuis quelques mois,  l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS) appelle les pays africains à stimuler en urgence leurs capacités de soins intensifs pour éviter que les structures sanitaires ne soient débordées. Surtout que cette montée des cas intervient dans un contexte d’arrêt presque total des livraisons de vaccins sur le continent.

En effet, une enquête de l’OMS menée en mai dernier révèle que dans beaucoup de pays africains, les équipements et le personnel de santé  essentiels requis pour prendre en charge les patients gravement malades de la COVID-19 sont largement insuffisants pour répondre aux besoins. Sur les 23 pays qui ont participé à l’enquête, la plupart ont moins d’un lit en unité de soins intensifs pour 100 000 habitants et devront en augmenter le nombre de 2500 % à 3000 % pour répondre aux besoins pendant une forte hausse des cas. Dans les pays qui ont fourni des informations sur les ventilateurs, seul un tiers des lits en unités de soins intensifs est équipé de ventilateurs mécaniques.

            « De nombreux hôpitaux et de cliniques en Afrique sont loin d’être prêts à affronter une augmentation drastique du nombre de patients gravement malades. Nous devons mieux équiper notre personnel hospitalier et médical afin d’éviter les pires effets d’une augmentation incontrôlée du nombre de cas », a déclaré Dr Moeti. « Le traitement constitue la dernière ligne de défense contre ce virus et nous ne pouvons pas nous permettre qu’elle tombe. »

            Pour le cas de la RDC, par exemple, une source médicale affectée dans un centre de traitement des cas covid-19 avait confié au journal « Le Phare » que les centre de traitement contre la Covid sont pris d’assaut par les malades de cette pandémie. Le taux d’occupation des lits dans les différents CTCO de Kinshasa, ce jour, est autour de 60% et la tendance semble être à  la hausse. Et le gros problème qui se pose, poursuit-elle, est celui du manque d’oxygène dans plusieurs  centres de traitement covid alors que  les cas sont de plus en plus sévères.

            Selon l’OMS, de nombreux pays  connaissent la résurgence de la covid-19  suite à un respect très limité des mesures préventives, une augmentation des déplacements et des interactions sociales, de même que l’arrivée de l’hiver en Afrique australe. « Au cours des deux dernières semaines, l’Afrique a enregistré une hausse de 20 % des nouveaux cas de COVID-19, en comparaison avec la quinzaine précédente. La pandémie progresse dans 14 pays et, au cours de la seule semaine précédente, huit pays ont observé une augmentation subite de plus de 30 % du nombre de nouveaux cas. L’Afrique du Sud enregistre une hausse soutenue et l’Ouganda a vu le nombre de cas COVID-19 bondir de 131 % d’une semaine sur l’autre avec des foyers d’infections dans les écoles, une hausse de cas parmi le personnel de santé et des centres d’isolement et des unités de soins intensifs qui se remplissent. L’Angola et la Namibie observent également une résurgence du nombre de cas », a souligné  cette organisation dans un communiqué.

            L’OMS se dit, en outre, inquiet du fait que cette augmentation survient alors que les expéditions de vaccins contre la COVID-19 continuent de se raréfier. Raison pour laquelle, le Mécanisme COVAX mène des discussions avec plusieurs fabricants, ainsi qu’avec des pays qui ont déjà vacciné leurs groupes à haut risque afin qu’ils partagent des doses.

            « La menace d’une troisième vague est réelle et grandissante. Notre priorité est claire : il est essentiel de rapidement vacciner les Africains les plus exposés au risque de tomber gravement malade et de mourir de la COVID-19 », a déclaré Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Alors que de nombreux pays en-dehors de l’Afrique ont désormais vacciné leurs groupes à haut risque et sont même en mesure d’envisager de vacciner leurs enfants, les pays africains ne peuvent pas administrer les deuxièmes doses à leurs groupes à haut risque. J’appelle les pays qui ont atteint une couverture vaccinale significative à rendre des doses disponibles et à faire en sorte que les Africains vulnérables n’aient pas besoin de soins intensifs. »

Perside Diawaku

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