Forces Armées de la RDC, Magistrature : Fatshi, le coup double

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Vendredi 17 juillet 2020. Un bandeau passe en boucle à la Rtnc. Il annonce une communication de la Présidence de la République. Personne n’attend une quelconque surprise parce que les esprits sont préparés à recevoir l’information sur la levée de l’état d’urgence. Voilà qu’apparaît Tina Salama, la porte-parole adjointe du Chef de l’État. Elle démarre et… c’est la surprise en mode majuscule.

Pendant des heures, elle lit des ordonnances portant mises en place au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Gabriel Amisi dit Tango Four, Muhindo Charles et Kasereka Sindani sont envoyés à l’inspection générale des Fardc où régnait John Numbi. Celui-ci disparaît des radars, suscitant immédiatement les applaudissements de la puissante Amérique qui salue doublement le geste et promet un appui appuyé au Président Félix Tshisekedi pour la modernisation de l’armée nationale.

            La mise en place continue avec la nomination des lieutenants-généraux, des généraux-majors, des généraux de brigade etc. Toutes les nominations sont suivies de nouvelles affectations. L’armée entre dans une phase nouvelle, celle de la recherche de l’efficacité sur le terrain, parce que la République doit redevenir souveraine et responsable de son destin. L’efficacité c’est le rejet de l’affairisme, la renonciation aux rapports incestueux avec les milices qui écument le Congo profond, et la dénonciation des agents doubles, au service de la déstabilisation de notre pays. Le message est clair pour tous, y compris pour les agents de la cinquième colonne qui auraient échappé aux mailles du filet.

            Ces mises en place sont aussi un message de confiance du Commandant suprême des Forces armées à tous les soldats. « Ce pays est le vôtre. Il est le nôtre, et nous n’en avons aucun autre ». Chacun, là où il est, doit donc intérioriser cette réalité et défendre à tout prix notre souveraineté.

L’État de droit, encore

et toujours

            La sauvegarde des valeurs d’une nation passe par une bonne administration de la justice. Félix-Antoine Tshisekedi le sait et il a envoyé sa porte-parole adjointe à la télé avec un second message. Alors, Tina Salama qui est toujours là, relance sa lecture des ordonnances. C’est la nouvelle surprise du chef, de nouveau en mode majuscule.

            A l’énoncé des noms, tout le monde pénètre la pensée du Chef de l’État. Il est décidé à faire jouer à la Justice son rôle de pilier de la démocratie. Si elle était à court d’oxygène, il lui en donne en renouvelant ses effectifs. Ses choix ne sont pas le fait du hasard car les hommes et les femmes appelés à élever la nation ont blanchi sous le harnais. Ce sont des hommes au caractère trempé, à l’image du professeur Dieudonné Kaluba Dibwa nommé à la Cour Constitutionnelle en remplacement de Benoît Lwamba Bindu. Ce praticien du droit, on s’en souvient, n’avait pas hésité lors du procès Kamerhe en Grande Instance, de poser des questions pertinentes sur le choix des ministres, des PDG et consorts. Il avait refusé d’appeler Monsieur Ntumba John « Excellence » parce que « le mot Excellence doit avoir un contenu moral ». C’est un homme des principes, comme son collègue Ngondankoy qui avait préféré la vérité de la science aux affabulations de son Sénateur-Président lors de l’affaire Kabund et de l’arrêt du Conseil d’État. Révoqué pour avoir contredit les dieux du Sénat et de l’Assemblée Nationale, il va apporter son expertise au Conseil d’État, en compagnie d’un autre professeur, Tasoki, célèbre pour ses critiques à l’endroit du Chef de l’Etat. 

            En nommant trois nouveaux Juges (Pr Kaluba, Mme Kalume Yasengo Tshieusi et Kamulete Badibanga) à la Cour Constitutionnelle, le Président de la République a mis un terme définitif à la confusion que des hommes de mauvaise foi voulaient inutilement entretenir à la suite de la démission pourtant confirmée et actée de Benoît Lwamba Bindu.

Désormais complétée et requinquée, la haute Cour va donc reprendre son travail, loin des fariboles des officines de désinformation et de la radio-trottoir. Signalons que les trois nominés proviennent du quota présidentiel (Pr Kaluba) et du quota du Pouvoir Judiciaire (Mme Kalume Yasengo et M. Kamulete Badibanga). 

La femme à l’honneur

            La vraie sensation dans les nominations intervenues le vendredi 17 janvier 2020, c’est la grande place réservée à la femme congolaise dans les instances dirigeantes de l’appareil judiciaire. Pour la toute première fois, la femme est représentée à tous les niveaux. On la retrouve à la Cour Constitutionnelle, à la Cour de Cassation, au Conseil d’État et dans les autres Cours et Tribunaux. C’est une avancée extraordinaire qui montre que pour le Chef de l’État, le développement de la RDC passe par la participation de tous les bras et toutes les intelligences, qu’ils soient masculins ou féminins, à l’effort général. Celui-ci doit être collectif et ne laisser personne au bord de la route.

            Cette porte ouverte à la femme est aussi une marque de confiance et une invitation lancée par le Président de la République à toutes nos compatriotes de sexe féminin pour qu’elles se comportent sans complexe, en devenant pour la société des véritables exemples à suivre. Elles doivent pour cela s’attacher à l’effort et au travail bienfait au lieu de compter sur des quotas qui privilégient souvent des cancres bénéficiaires de parapluies politiques.

Les fraudeurs doivent trembler

            Un événement majeur est passé presque inaperçu dans ces mises en place, c’est la nomination de l’ancien Procureur Général près la Cour d’Appel de Matete, Adler Kisula Betika au poste de Secrétaire Exécutif de la CENAREF. A ce titre, il devient le Monsieur Anti-Blanchiment des capitaux en République Démocratique du Congo. C’est à lui que revient la charge de traquer la mafia très active dans l’évasion des capitaux ainsi que les complices des organisations terroristes qui viennent en RDC pour blanchir des fonds obtenus par des voies illégales.

Adler Kisula était déjà engagé sur cette piste dans le cadre du procès de 100 jours. Il poursuit à la fois Vital Kamerhe et Samih Jammal.

Ces mises en place dans la magistrature sont intervenues au lendemain des obsèques du Premier Président de la Cour de Cassation. Après une suspension d’audiences qui aura duré trois semaines, cette Cour va de nouveau se remettre au travail grâce à la nomination de nouveaux animateurs dont le Premier Président Mukendi Musanga et les Présidents Kampavule Panda, Ubulu Mpungu, Yemomima Atiba et Kilomba Ngozi.

            Plusieurs autres ordonnances rendues publiques le même vendredi concernent les magistrats aussi bien assis que debout près les Cours d’Appel, les Tribunaux de Grande Instance et les tribunaux militaires à travers le pays.

            Les heureux nominés tout comme ceux qui ont conservé leurs positions doivent prendre conscience de l’importance de la mission à eux confiée. Il s’agit d’élever la nation et de remettre le pays sur les rails en faisant de la justice le véritable bouclier contre les anti-valeurs. Toutes les anti-valeurs. Polydor MUBOYAYI

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