Fonction Publique : les syndicats pas d’accord avec le Gouvernement

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Les enseignants et personnels de l’Education affiliés au Syndicat des Enseignants du Congo (SY.E.CO.) ont été informés de la signature d’un « Accord entre le gouvernement de la République et l’Intersyndical de la Fonction Publique », qui n’est pas le premier du genre en République Démocratique du Congo – et aucun n’a jamais été appliqué. Ils rejettent cet accord qui ne les engage pas et ne concerne que leurs auteurs. C’est là l’une des principales décisions prises lors de l’Assemblée générale que ce syndicat, sous la direction de son secrétaire général Jean Pierre Kimbuya, a tenu le samedi 17 juillet 2010, au siège du Conseil syndical des Services Publics et Privés « Cossep », à Limete. Les enseignants constatent que cet accord foule aux pieds toutes les revendications contenues dans les différents cahiers de charge, particulièrement en ce qui concerne le « Barème de Mbudi ». Un tableau placé devant l’Assemblée signalait qu’en ce jour : « un  député gagne 6.500$ ; un enseignant 29,76$ ; un policier ou un militaire 34$. C’est la haute trahison du pays. Une discrimination salariale jamais connu depuis 1960 ». 

          Après un débat houleux qui a immédiatement suivi l’exposé de trois points  inscrits à l’ordre du jour, à savoir : l’évaluation de l’année scolaire 2009-2010 ; l’examen du Protocole d’Accord Gouvernement-Syndicat de l’Administration publique du 15 juillet 2010 et compte rendu des Assemblées générales des provinces du Nord-Kivu et du Maniema, les enseignants ont constaté que les conditions de travail et de vie des enseignants ont empiré à travers tout le pays, suivi d’une forte déperdition des élèves à cause de la commercialisation de l’enseignement. En outre, l’assemblée a noté que l’échéance de la paie n’a pas été respectée ainsi que les revendications des enseignants non mécanisés ou demécanisés et l’uniformisation des salaires, pourtant promis par le gouvernement. L’uniformisation des salaires et le respect des instructions ministérielles sur la gestion du personnel ont constitué deux points essentiels mis en exergue dans les comptes-rendus rédigés par les assemblées syndicales provinciales. 

Le gouvernement a un sursis jusqu’au 31 août 2010, sinon…

          Malgré les interdictions du gouvernement, les participants ont dénoncé la perception des frais prohibés dans les écoles conventionnées et non conventionnées, dans un silence total des associations des parents, des églises et du gouvernement. Et ils ont assisté au détournement des salaires et primes des enseignants dans plusieurs écoles du pays et au non paiement de la prime de l’Indépendance dans certaines écoles de la capitale, telle que celles de la CELBC et la retenue de 200 à 500Fc sur la prime ou le salaire des enseignants dans les écoles conventionnées (dépendant des églises) pour raison de dîme ou assistance aux pasteurs. Pour eux, c’est une escroquerie qui menace l’Etat de droit. 

          Syeco propose ainsi au gouvernement la convocation sans délai des concertations avec les véritables syndicats représentatifs des intérêts des enseignants avant la rentrée scolaire 2010-2011. Et demande, au plus tard  fin juillet 2010, la révision à la hausse des salaires des enseignants et personnels de l’éducation, en respectant la tension légale conformément au barème qui accorde à un Secrétaire général 936.283Fc. La suppression de la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves sous toutes ses formes (Frais d’Intervention Ponctuelle (FIP), transport, motivation, etc.) est aussi exigée. Enfin, le Syeco demande au Chef de l’Etat de veiller à la matérialisation du social prôné par lui par la réduction des frais de fonctionnement des institutions politiques en faveur des enseignants et personnels de l’éducation. L’éducation étant un chantier prioritaire de la République, le Syeco donne au gouvernement un sursis d’un mois et demi, jusqu’au 31 août 2010, pour répondre positivement aux revendications des enseignants ; sinon…il sera responsable du non concrétisation des attentes des enseignants.

SAKAZ

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