FMI- RDC : sombres perspectives pour 2017

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Une délégation des experts du FMI (Fonds Monétaire International) séjourne à Kinshasa. Selon des sources branchées, elle est venue faire le point de la situation économique et financière actuelle et future de la RDC, avec le concours du gouvernement et du parlement congolais.

A ce sujet, elle a tenu des séances de travail avec  les ministres de l’Economie Nationale, du Plan, du Budget et des Finances ainsi qu’avec les membres des Commissions Economiques et Financières de l’Assemblée Nationale et du Sénat.

Au terme de cet état des lieux, Mario de Zamaroczy, chef de ladite délégation, a dressé un tableau fort sombre des perspectives économiques et financières de la RDC. A son avis, si l’impasse politique persiste, la République Démocratique du Congo risque de s’engager dans la voie du pire, avec un taux d’inflation susceptible de passer de 19 % en juin à 45% vers décembre 2017. Cela pourrait avoir pour conséquence immédiate la chute libre du franc congolais, dont le taux de change sur le marché parallèle pourrait franchir incessamment la barre de 2.000 FC pour un dollar américain. On signale que présentement, il frôle les 1.500 FC.

Commentant le projet de budget pour l’exercice, Mario de Zamaroczy a
soutenu que les projections sur lesquelles a tablées le Premier
ministre Tshibala sont irréalistes. S’agissant par exemple du taux
d’inflation, qu’il a plafonné à 19 % pour fin décembre, il affiche
déjà 19 % en ce mois de juin, contre 12 % en avril. Il a réaffirmé le
taux de 45 % en fin d’exercice.
En ce qui concerne l’appui budgétaire de 3 milliards de dollars
attendus des partenaires extérieurs pour porter le budget national de
4,8 milliards de dollars américains à 8,9 milliards, Kinshasa ne
devrait s’attendre à aucune contribution extérieure tant que l’Accord
du 31 décembre 2016 serait l’objet de violations, comme c’était le cas
pour la nomination du Premier ministre Tshibala, accusé de diriger un
gouvernement de fait.
Abordant le dossier des matières premières, et notamment celui des
cours des produits miniers, il a fait remarquer qu’un redressement est
observé depuis la mi-juin 2016 mais cela n’a qu’un impact marginal sur
le budget national, en raison d’un Code minier aux contours flous. Le
gouvernement congolais n’ayant aucun moyen de contrôle des cours de
ses produits miniers et autres destinés à l’exportation, il serait
irréaliste qu’il puisse tabler sur des recettes à caractère volatile.
Jugeant fort préoccupante la situation économique et financière de la
RDC, le chef de la délégation des experts du FMI au prévenu que
Kinshasa continue de se complaire dans la crise politique et
institutionnelle, l’on va assister à l’asséchement irréversible des
réserves de la Banque Centrale du Congo, comme cela  est  constaté
depuis 2016, au blocage total des investissements, à l’accroissement
exponentiel de la dette intérieure (accumulation des arriérés de
salaires des agents de l’Etat et des personnels politiques,
non-paiement des fournisseurs.
Pour l’exercice 2016 par exemple, le gouvernement congolais n’a pu
liquider des dépenses publiques de l’ordre de 3 milliards de dollars,
faisant régulièrement recours aux dépôts et avances de la Banque
Centrale du Congo, en violation de la loi des finances. Le pays risque
de fonctionner, jusqu’à la fin de l’année, au rythme de la dévaluation
accélérée de sa monnaie nationale et de la montée vertigineuse du taux
d’inflation, en raison du virage de tous les indicateurs économiques
et financiers au rouge.

Unique voie de sortie : respect de l’Accord de la Saint Sylvestre
Selon les experts du FMI, la  RdCongo se trouve au pied du mur.
L’unique voie de sortie pour espérer des appuis budgétaires et un
financement des élections, c’est la mise en œuvre, sans atermoiements,
de l’Accord de la Saint Sylvestre et de son Arrangement Particulier,
avec un gouvernement et un Conseil National de Suivi de l’Accord du 31
décembre 2016 dirigés par la véritable opposition. Le Conseil
d’Administration du Fonds Monétaire International attend impatiemment
des mesures concrètes de décrispation du climat politique et des dates
précises des élections avant de consentir un quelconque appui
financier à la RDC. Ce message aurait-il quelque chance de faire
bouger les lignes du côté du pouvoir en place ? La question reste
posée.  Kimp

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