Financement du terrorisme, après les USA : la RDC frappe aussi le boss de «Pain Victoire »

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Le Phare faisait état, dans sa livraison du lundi 16 décembre 2019 des mesures prises par le Trésor Américain contre le Libanais Saleh Assih, propriétaire des sociétés « Pain Victoire », « Minocongo », « Transgazelle » et autres en République Démocratique du Congo, pour cause de blanchiment d’argent destiné au financement du terrorisme international. Le quotidien de l’avenue Lukusa attirait l’attention des autorités congolaises sur l’impératif de neutraliser, sans délai, ce financier du Hezbollah, au risque de passer pour ses complices.

         Le journal se réjouit de la prompte réaction du gouvernement qui, au terme de son 14me Conseil des ministres tenu le même jour, sous la présidence du Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, a effectivement pris des mesures conservatoires destinées à empêcher Saleh Assih de continuer de nuire à la communauté internationale. L’on ne peut que saluer, d’emblée, la démarche du gouvernement visant à mettre le système financier congolais à l’abri des sanctions que les autorités américains n’hésitent pas à prendre contre les bailleurs de fonds du terrorisme international.

         Ce qu’il faut à présent souhaiter est que l’administrateur indépendant des sociétés de Saleh Assih et ses collaborateurs s’inscrivent totalement dans la vision du Conseil des ministres, en faisant en sorte que l’intéressé, que l’on dit avoir les bras longs, n’ait plus la moindre emprise sur ses affaires. On devrait sentir, dès à présent, que « Pain Victoire », « Minocongo », « Transgazelle » et autres ne dépendent plus de la gestion de ce blanchisseur d’argent placé sur la liste noire du Trésor américain.

         L’autre vœu est que la mise de Saleh Assih hors d’état de nuire n’affecte ni les emplois au sein de ses ex-sociétés, ni l’approvisionnement du marché de Kinshasa et de certaines provinces en pains.

         Il est bon de rappeler que le sieur Saleh Assih se trouve sous mandat d’arrêt international, que l’Interpol/RDC refuse d’exécuter pour des raisons inexplicables mais qui pourraient être liées à son réseau de relations avec des dignitaires de l’ancien régime. Or, nul n’ignore le sort réservé à un large échantillon d’entre eux, depuis plus de trois ans, par l’administration américaine, en termes d’interdiction d’accès à leurs comptes en dollars américains au pays comme à l’étranger, de transactions avec des particuliers ou des officiels des USA, d’octroi de visa d’entrée en territoire américain, etc.          Par ailleurs, Saleh Assih fait l’objet d’une condamnation formelle, par la justice de son pays, le Liban, en raison de ses activités opaques dans le domaine des affaires. D’où, Kinshasa a tout intérêt à montrer pattes blanches aux autorités américaines s’il tient à préserver son partenariat stratégique avec Washington. Une nette ligne de démarcation doit donc être tracée entre le nouveau pouvoir et l’homme d’affaires libanais, fiché comme « ennemi public » au pays de l’Oncle Sam.            Kimp

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