Fin de l’état d’urgence en RDC :les défis de la cohabitation avec la Covid-19

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La dernière et sixième prolongation de l’état d’urgence sanitaire, décrété par le Président de la République depuis le 24 mars 2020, expire ce mardi 21 juillet. Le gouvernement l’a rappelé lors de sa dernière réunion du vendredi 17 juillet 2020 et prévenu que l’annonce officielle sera faite par Félix Antoine Tshisekedi, qui fixera par la même occasion les mesures de « cohabitation » le peuple congolais et la pandémie du coronavirus. S’il est vrai que des mesures d’assouplissement sont impatiemment attendues dans tous les secteurs de la vie nationale – commerce, économie, industrie, petites et moyennes entreprises, enseignement, transports, cultes, restaurants, hôtels, sports, tourisme, deuils, inhumations – l’on ne devrait pas oublier que le coronavirus est toujours là.

            « L’ennemi invisible » est capable de frapper dans la rue comme à domicile, à l’usine, dans un bus ou taxi, dans un avion, dans un bateau, sur une moto, dans un restaurant, dans une salle de fête, dans un lieu de culte, dans une morgue ou un cimetière, sur un terrain de sport, dans une salle de spectacle, dans une classe, dans un auditoire… bref partout et en tout lieu.

            Par conséquent, les gestes barrières (port des masques, distanciation physique, lavages des mains, toussotement dans le pli du coude ou dans un mouchoir, dépistage) devraient rester de stricte application. Le relâchement observé chez nombre de Congolaises et Congolais aussitôt après le déconfinement de plusieurs villes du pays est fort dangereux, car susceptible de faire remonter en flèche une courbe de cas qui peine à amorcer la pente descendante.

            Si la RDC perd la bataille de la rupture de la chaîne de transmission du coronavirus, il y a risque de compromission de la relance des activités productives, celles-là même qui devraient lui permettre de sauver son économie et l’avenir de tous. Le professeur Muyembe, Coordonnateur du Secrétariat Technique de Riposte contre la Covid-19, présent au dernier Conseil des ministres, a prévenu que dans l’hypothèse de la remontée de cas, l’unique solution serait un re-confinement, entendez le retour aux restrictions de voyages et activités diverses.

Maintenant, plus qu’hier, le pays devrait engager la bataille de la mise en valeur de son sol, sa forêt et de ses eaux, notamment par la modernisation de son agriculture, de son élevage et de sa pêche. C’est bien beau de disposer de 80 millions d’hectares de terres arables mais si tout le monde attend un miracle divin pour avoir du manioc, du riz, de l’arachide, du haricot, de la pomme de terre, de la banane plante, de la patate douce, de la canne à sucre, de la courge, de la noix de palme, de la courge, de l’oignon, des légumes…on ne mettra jamais fin à notre dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur.

            Il y a aussi le challenge de la maximisation des recettes publiques à relever. La santé de la monnaie nationale dépend avant de la production agricole et industrielle, de la circulation des biens et services, mais aussi et surtout de la collecte des recettes douanières, fiscales, domaniales et autres. Les Congolais auront constaté, entre autres effets négatifs du coronavirus, la chute libre de la parité du franc congolais par rapport au dollar. Certains croient et font croire que le phénomène serait exclusivement congolais. Il est quasi impossible d’avoir une monnaie solide si le pays le produit rien ou pas assez pour ses besoins internes et si le peu de ressources financières disponibles sont pillées par une caste de criminels économiques.

            Or, la crise sanitaire et mondiale est multisectorielle générée. L’avantage, pour nombre de pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie, c’est de gérer la pandémie du coronavirus avec leur propre devise, leur propre production industrielle et agricole, leurs propres biens et services. Il y a aussi une prise de conscience élevée du bien commun et de l’intérêt collectif, ce qui fait que gouvernés et gouvernés se battent, en synergie, pour sortir rapidement de l’impasse économique.

            L’autre leçon à tirer de la paralysie des activités économiques et de l’impératif de leur relance est que notre peuple doit se mettre résolument au travail, pour créer des richesses indispensables à notre existence en tant qu’Etat- Nation. Parallèlement à la volonté partagée de reconstruire le pays et de le remettre sur la voie de l’émergence économique, industrielle, agricole, commerciale, touristique et autres, il faut que les gestionnaires des affaires comme les privés regardent dans la même direction, à savoir celle de la sortie du tunnel.

                                               Kimp

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