Fichier électoral: gare aux tripatouillages !

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 Parmi les défis auxquels sont appelés à faire face Evariste Boshab et ses troupes, il y a celui de l’élaboration d’une loi électorale conforme à la volonté du peuple congolais d’avoir des élections libres, démocratiques et transparentes, dans les délais fixés par le législateur. Plus d’un s’est réjoui d’apprendre du speaker de l’Assemblée Nationale que ce texte ne consacrera nullement l’exclusion des patriarches de la République de la compétition électorale.
Toutefois, une crainte demeure : c’est celle des tripatouillages qui pourraient toucher le fichier électoral, comme on avait eu à le déplorer en 2006.

 Les suspicions avaient pris corps à la suite, notamment, du refus de la défunte CEI (Commission Electorale Indépendante) de procéder au recensement administratif de la population ou d’afficher les listes électorales avant la tenue de différents scrutins. Cette fois, Congolaises et Congolais voudraient savoir combien d’entre eux sont en âge de voter et, partant, de décider du sort de futurs élus.
 La diffusion du fichier électoral est d’autant importante qu’elle va permettre aux candidats et aux électeurs de s’assurer que les morts, les disparus, les doublons, les fictifs et les faux Congolais n’ont pas infiltré leurs rangs au niveau des quartiers, villages, secteurs, communes, territoires, districts et provinces. Un fichier électoral transparent serait l’instrument de choix pour prévenir des antivaleurs telles que le bourrage des urnes, la soustraction volontaire des bulletins de vote ou des urnes, la compilation fantaisiste des résultats, etc.

 Ainsi que l’a reconnu le président de la Chambre basse du Parlement, l’année électorale va être un tournant décisif de l’histoire nationale. Les rendez-vous électoraux ne doivent être, en aucun cas manqués, au risque de ramener le pays en arrière sur plusieurs années. Les acquis de la Conférence Nationale Souveraine ne peuvent être sauvegardés que si le peuple congolais arrive à se choisir, pour la prochaine législature, des gouvernants ayant honnêtement gagné leurs galons au niveau des urnes.
 L’interpellation vaut tout son pesant d’or pour la Commission Electorale Nationale Indépendante, qui a la lourde charge de corriger les erreurs de parcours commises par la CEI. La République Démocratique du Congo, qui termine dans la douleur une législature entamée sur fond de contestations électorales, n’a pas besoin d’un nouveau feuilleton de violences post-électorales. Les plaies laissées par le flou électoral de 2006 ont eu tellement du mal à se cicatriser que le pays ne saurait supporter un nouveau fichier électoral qui fâche.
   Kimp

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