Fichier électoral : audit sans objet

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Pendant que l’on spéculait autour de l’audit du fichier électoral, qui devrait être réalisé conjointement par des experts de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), des partis politiques (Majorité présidentielle et Opposition) et de la Société civile, à partir de
cette semaine, l’on a appris la promulgation par le Chef de l’Etat, le mardi 08 mai 2018, de la Loi portant répartition des sièges pour les circonscriptions électorales. Cela étant, la revisitation des statistiques corrigées d’enrôlement des électeurs par la CENI, le vendredi 06 avril 2018, devient sans objet.

Car l’objectif visé par l’audit du fichier électoral était de vérifier la conformité des chiffres de cette centrale électorale avec la taille démographique effective de chaque circonscription
électorale. Ce travail de contrôle devient d’autant inutile qu’il n’aura plus aucun impact sur le fichier électoral.

Qu’il s’agisse des cas de majoration ou minoration des statistiques des électeurs, chaque circonscription va conserver le nombre des sièges lui reconnu dans la loi que vient de promulguer le Chef de l’Etat. Ainsi donc, il n’y a plus débat au sujet de 40 millions d’électeurs censés avoir été enrôlés par la CENI et de 6 millions de
doublons et mineurs présumés avoir été élagués du fichier électoral.
Que le fichier électoral reflète ou non la véritable taille de
l’électorat congolais, la CENI et le Parlement (Sénat et Assemblée
Nationale) ne peuvent plus rien faire pour corriger les éventuelles
erreurs, volontaires ou involontaires, voire les tripatouillages des
chiffres des personnes enrôlées.
Logiquement, les experts de l’OIF, venus de l’extérieur pour fixer
l’opinion congolaise sur l’état réel du fichier électoral, devraient
faire leurs valises et reprendre l’avion qui les avait amenés à
Kinshasa, après avoir fait le constat de l’inopportunité de leur
démarche. De même, les experts des partis politiques et de la Société
Civile devraient regagner leurs états-majors politiques ou techniques,
leur expertise en statistiques électorales, n’étant désormais d’aucune
utilité pour la CENI.
Tout ce qui reste à faire, c’est déplorer le fait accompli devant
lequel l’ordonnance présidentielle du mardi 08 mai vient de placer les
forces politiques et sociales qui se faisaient du souci au sujet de la
transparence ou non du fichier électoral et de la répartition des
sièges selon la taille démographique réelle de chaque circonscription
électorale.
Kimp

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