Feuilleton du Sextape au Kongo Central : Dr Matusila indexé par les pro-Matubuana

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Des nouvelles alarmantes en provenance de la province du Kongo Central font état des menaces sérieuses qui pèsent sur l’intégrité physique du Président de l’Assemblée provinciale, l’honorable Pierre-Anatole Matusila Malungeni Ne Kongo. Elles font savoir que le gouverneur Atou Matubuana se serait offert les services de deux députés provinciaux kamikazes pour accomplir cette sale besogne. Il s’agit du député provincial Nkongo, élu de Moanda, et de la questeure Nzolani Loriane, élue de Kimpese. Le premier s’est donné en spectacle en allant agresser verbalement, l’honorable Matusila dans sa résidence, tandis que la seconde s’évertue à distribuer à tour de bras de l’argent pour négocier la déchéance du président de l’Assemblée provinciale à la prochaine session.

            En fait,  Atou, ne voulant pas assumer ses propres turpitudes, veut les faire endosser à quelqu’un d’autre. Dans sa quête d’ablution pour  se dépêtrer du scandale sexuel où est il impliqué jusqu’au cou- son adjoint ne s’était pas empêché de le désigner comme à l’origine du piège lui tendu- il veut maintenant détourner l’attention de tout le monde et désigner Matusila comme le responsable de ses malheurs actuels.

            Il faut vraiment souffrir de cécité pour comprendre autrement le scandale sexuel qui a ébranlé les fondements moraux du Kongo Central. Avec en lice le gouverneur, son vice et la sulfureuse Mimi Mayika, has been assistante du premier.

            Et il faut se demander si Nkongo et Nzolani viennent d’une autre planète pour ne pas comprendre que leurs agissements délictueux actuels risquent de les mener tout droit devant les cours et tribunaux.

            Le combat d’arrière-garde que Matubuana veut engager en impliquant le président de l’Assemblée provinciale est perdu d’avance. Sa déchéance et celle de son vice ne seront nullement le fait de Matusila , mais celui des instances judiciaires et de la volonté de son regroupement politique, le FCC. Celui-ci d’ailleurs s’est déjà prononcé sans ambages. Au cours de la dernière conférence des présidents des partis membres du regroupement FCC, un communiqué sanctionnant cette réunion avait appelé Matubuana et Luemba à démissionner. De plus , elle avait notifié ces deux têtes d’affiche de la province du retrait non seulement de son soutien, mais aussi de sa confiance. Faut-il aller chercher loin pour savoir que les carottes sont cuites pour Atou Matubuana et que le cuisinier n’est pas Matusila ?

            Faut-il encore être Einstein pour chercher pourquoi ces messieurs -Matubuana et Luemba- ont été convoqués toutes affaires cessantes à Kinshasa par le vice-Premier ministre et ministre sortant en charge de l’Intérieur Basile Olongo ? Est-ce encore l’ombre de Matusila qui se profilerait derrière cette convocation ? Pourquoi la Cour de Cassation a-t-elle envoyé deux de ses juges à Matadi pour une enquête au lendemain du scandale ? Matusila en ferait-il partie ?

Sextape et indignité

            Convoqué en urgence à Kinshasa par le ministre sortant de l’Intérieur, il nous revient d’apprendre que Matubuana, alias «MABOKO BANQUE», aurait piqué une crise à l’étape de Kisantu- simple sursis dans le déroulement des événements inéluctables qu’il ne peut plus changer ou maîtriser et aurait profité de ce répit pour ameuter ses députés acolytes pour les motiver suffisamment, afin qu’ils s’opposent fermement à sa déchéance probable à la rentrée parlementaire, si jamais il sortait blanchi de la Cour de Cassation. Car, il sait que l’Assemblée provinciale a le pouvoir de le déchoir.

            Pour cet achat de consciences, il conspirerait avec ses députés  complices pour initier une motion de défiance contre le Président de l’Assemblée provinciale Matusila, au motif qu’il avait initié une enquête parlementaire sur le sextape. Dans cette entreprise d’achat des consciences, Matubuana aurait contacté également les rapporteur et son adjoint, les députés Joseph Nsalambi de Kasangulu et Billy Ntunga de Madimba,  de même que le député Nyimi de Boma, qui refuserait aujourd’hui de signer le rapport d’enquête parlementaire sur ce scandale alors qu’il fait partie de la commission ad hoc. Tout ce beau monde acheté par Matubuana s’agiterait pour déboulonner le Président de l’Assemblée provinciale. Mais, c’est un vain combat mené par des individus sans foi ni loi,  surtout très irréalistes. Car, la machine administrative et judiciaire est déjà en branle. Matubuana est déjà remplacé provisoirement par Marcel Matumpa, le ministre provincial de l’Intérieur à la tête de la province, et la Cour de Cassation l’attend de pied ferme.  

            Matubuana oublie une chose : l’équation Mimi Mayita, son assistante. Il s’est empressé de la « répudier » au propre et au figuré, dans une fuite en avant. Pourquoi l’a-t-il fait si cette dame était seulement une victime ? Au fait, voici une question à un franc congolais : depuis quand une victime de viol, qui attendrait tout bénéfice de la justice pour indemnisation, tenterait-elle de se dérober ? Et depuis quand pour un sextape impliquant un gouverneur (selon toute vraisemblance) retomberait-il sur une personnalité telle que Matusila, unanimement reconnue par les Ne Kongo pour sa rigueur, sa dignité, son sens de l’honneur et sa probité morale ?    

            Au vu de tout ce qui précède,  sa croisade venimeuse contre Matusila ne peut réussir. La RDC a basculé dans l’horizon du vrai changement avec à sa tête Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui entend combattre de toutes ses forces les antivaleurs. Et l’immoralité au sommet d’une province en fait partie. Il ne reste plus à Matubuana et Luemba qu’à attendre leur comparution devant la Cour de Cassation. Et là, le FCC ne les ratera pas. Il n’a pas avalé l’affront que Matubuana lui avait causé en allant à l’encontre du ticket provincial proposé lors de l’élection du gouverneur du Kongo Central. Si Matubuana a oublié, le FCC s’en souvient toujours. Aussi, Matubuana doit changer son fusil d’épaule : l’ennemi n’est pas Matusila, mais bel et bien lui-même.

Kalume M.D. Léonard

(CP)

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