FCC : les putschistes se démasquent !

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La rumeur courait depuis plusieurs semaines. Les caciques du FCC réfléchissent sur un scénario catastrophe pour écarter le risque de perdre la capacité de nuisance dont ils disposent au sein des institutions politiques congolaises. « Propriétaire » jusque-là d’une majorité écrasante dans les deux chambres, la plateforme politique du sénateur à vie tremble actuellement dans ses jambes au regard des adhésions visibles des patriotes congolais et de l’ensemble de la communauté nationale à la nouvelle vision du Chef de l’Etat. Le pays a terriblement reculé pendant les dix-huit ans de règne de Kabila. Il ne peut pas continuer à stagner par la seule volonté du FCC, qui pense que la récupération du fauteuil présidentiel en 2023 passe par l’échec organisé du mandat de Félix-Antoine Tshisekedi.

            Au moment où les consultations nationales amorcent leur phase d’atterrissage et que tout le monde a compris la nécessité de donner un coup de pied dans la fourmilière en vue de bâtir un ensemble sain, débarrassée des oripeaux de la prédation et du gangstérisme, les Congolais ont eu la désagréable surprise de suivre des propos incroyables d’incohérence, tenus par le professeur Evariste Boshab du Pprd devant des étudiants à Kolwezi.

            A en croire ce professeur, déjà auteur d’ouvrages équivoques, le Premier Ministre disposerait de plus de pouvoirs que le Président de la République, en vertu d’un régime par lui créé : le « primo-ministériel » ! Personne n’a jamais entendu parler de cette découverte. Même le célèbre constitutionnaliste André Mbata s’interroge sur son existence :  « Régime primo-ministériel ? Jamais entendu dans un cours des régimes politiques comparés ou celui de droit constitutionnel que l’auteur enseigne. Pure aberration ou affabulation des tambourinaires qui ne peut se comprendre que dans un cours de droit constitutionnel de l’inanition de la nation ». Et pour être bien clair, le constitutionnaliste a enfoncé le clou en ces termes, en attendant de revenir sur le sujet avec un exposé plus élaboré : « Le régime primo-ministériel n’est pas une catégorie ni un concept établi en droit constitutionnel contemporain ».

            En vérité, nous nous trouvons ici en face d’une tentative de putsch. Des hommes qui ont exercé le pouvoir absolu depuis une vingtaine d’années et qui ne tolèrent pas d’être redevenus des citoyens ordinaires, mettent leurs méninges à contribution pour faire dire à la Constitution ce qu’elle ne dit pas, dans l’espoir de tirer de l’ignorance collective les moyens à la fois d’exister et de gêner l’action du Chef de l’Etat. Il suffit que l’opinion ne se donne pas la peine de lire la loi fondamentale et croit en la validité de la théorie émise pour que le pays change de pente et que les fossoyeurs des droits collectifs reprennent du poil de la bête.

            Depuis quelque temps, il est demandé au Premier Ministre de résister de toutes ses forces aux actions du Président de la République. Il lui est demandé de ne point démissionner même si le Chef de l’Etat, se basant en cela sur les prescrits de la Constitution, désignait un Informateur. Ilunga Ilunkamba fera probablement ce qu’on lui demande et c’est certainement pour justifier la résistance attendue de lui qu’Evariste Boshab a sorti de sa manche sa théorie ubuesque de régime primo-ministériel. Le problème est de savoir pendant combien de temps papa Sylvestre pourra tenir ? Est-il prêt à s’enfermer dans une logique putschiste en sachant qu’il a tout à y perdre ? Ses oreilles n’entendent-elles pas la demande formulée par tous les segments de la population auprès du Président de la République et qui réclament la fin de l’immobilisme à travers l’identification, dans le respect de la loi fondamentale qui régit le pays, de la vraie majorité parlementaire ? Les théories de Kolwezi ne modifieront jamais la constitution congolaise. Le Chef de l’Etat reste le Garant de la Nation, le Chef des Armées et de la Police nationale, le Magistrat Suprême et le Garant du bon fonctionnement des institutions. Un Premier Ministre, par ailleurs nommé par lui, n’aura jamais les mêmes pouvoirs. Déjà, il ne peut même pas présider un Conseil des ministres.Le Phare

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