Fatshi présente Inga comme le socle de l’industrialisation de l’Afrique

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La 54me Session des assemblées annuelles de la Banque Africaine de
Développement (Bad) s’est ouverte hier mercredi 12 juin 2019 à Malabo, capitale de la Guinée Equatoriale, en présence des plusieurs hôtes, dont le Chef de l’Etat congolais, Félix Antoine Tshisekedi, arrivé le même jour de Libreville, après une visite de travail auprès de son
homologue gabonais, Ali Bongo Ondimba.

L’on a noté aussi, lors de cette cérémonie, la présence du président
de la République de la Guinée Equatoriale, hôte de ces assises, Obiang
Nguema MBasogo, du président de la Banque Africaine de Développement,
Dr Akinwumi A. Adesina,du Roi du Lesotho, du Premier ministre du
Swaziland ainsi que du ministre équato-guinéen de l’Economie, des
Finances et de la Planification, César Augusto Mba Abogo.
Il sied de signaler que la délégation congolaise, conduite par le Chef
de l’Etat, était également composée de son Directeur de cabinet, Vital
Kamerhe, du  ministre des Finances Henri Yav Mulang, etc.

        Prenant la parole à cette occasion, le président Obiang Nguema a
salué un forum de coopération et de solidarité qui ne vise que le
développement du continent africain. Ouvrant une petite page
d’histoire, il a rappelé que Malabo s’appelait Santa Isabelle sous
l’administration coloniale portugaise. Le site était occupé par des
plantations de cannes à sucre et de cacao. Il a souligné que les
progrès économiques enregistrés par son pays sont le fruit des efforts
de l’ensemble de son peuple.
Il a renseigné que ce n’est qu’autour des années 1990 la Guinée
Equatoriale a pris un réel envol économique, avec l’exploitation du
pétrole, mais aussi une bonne gouvernance, d’importants
investissements dans le capital humain, un  vaste plan de construction
des logements sociaux, la diversification de l’économie nationale, la
lutte contre la malnutrition avec l’appui de la FAO, etc.
        Pour conclure, le président Obiang  a confirmé que son pays s’est
déjà engagé dans le processus d’intégration régionale africaine et
compte encore sur l’appui de la BAD pour faire avancer le continent
dans cet objectif commun.
        De son côté, Dr Akinwumi  Adesina a indiqué que cette rencontre était
une occasion privilégiée pour échanger sur les questions majeures du
continent. Abordant le thème principal, il a  souligné qu’il
s’inscrivait dans le cadre de la quatrième priorité des « High 5 »,
avant de rappeler que les dernières éditions avaient eu pour thèmes «
Eclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie », « Nourrir l’Afrique »
et « Industrialiser l’Afrique ».
Selon lui, le thème de la conférence de Malabo avait pour but de
booster le développement du continent, car l’Afrique devrait d’abord
mieux échanger avec elle-même. Dans la foulée, il a salué la
nomination d’un jeune économiste de 39 ans au poste de ministre des
Finances de la Guinée Equatoriale et a souligné qu’il s’agit d’un
choix judicieux qui témoigne de la confiance placée en la jeunesse. Il
s’est réjoui de la participation de plusieurs Chefs d’Etats de
l’Afrique centrale, une région qui regorge de vastes superficies de
terres arables, de forêts ainsi qu’une riche biodiversité.
        Parlant de quelques réalisations de la BAD, Dr Adesina a fait savoir
qu’elle a débloqué plus de 13 milliards de dollars ces dernières
années pour accompagner les investissements en Afrique, notamment la
construction des réseaux de fibres optiques, à la conservation de la
biodiversité et des forêts, etc.
        Il a estimé qu’il est temps de bâtir un avenir radieux pour l’Afrique
avec la mise en oeuvre effective de la zone de libre-échange, laquelle
représente vaste marché d’au moins 3.300 milliards de dollars
américains.
        César Agosto Mba, président du conseil des gouverneurs de la BAD a
parlé d’un grand tournant pour l’histoire de l’Afrique, avant de
signaler que le secret du décollage économique de la Guinée
Equatoriale était à chercher non seulement dans le boom pétrolier,
mais aussi dans le plan  20 x 20 qui intègre plusieurs secteurs de la
vie nationale.

Inga, socle de l’industrialisation de l’Afrique

        Intervenant dans le cadre des panels d’échanges, le président
congolais, Félix Antoine Tshisekedi, a fait par à l’assistance de la
totale adhésion de la RDC à l’idée de l’intégration économique de
l’Afrique, l’unique voie à suivre pour son développement. Tout en
partageant la vision de beaucoup d’Africains préoccupés par le
développement des infrastructures de base, il a attiré l’attention de
tous sur le site hydroélectrique d’Inga, qu’il considère comme le
socle de l’industrialisation du continent, en raison des son fabuleux
potentiel énergétique.
        Après avoir déploré la faiblesse des échanges entre Etats africains,
à savoir seulement 18 %, il a formulé le vœu de voir les Africains se
donner pour priorité la formation d’ensembles économiques sous
régionaux, à l’image de la SADC et de la CEEAC ou de la CEDEAO afin de
cheminer lentement mais sûrement vers l’intégration économique
continentale, avec la chute effective des barrières douanières et
autres.
Melba Muzola, envoyée spéciale à Malabo

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