F. Tshisekedi et Katumbi formels : plus de dialogue  avec Joseph Kabila !

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Félix Tshisekedi, président du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement et Secrétaire national de l’UDPS chargé des Relations Extérieures, est parti de Kinshasa il y a deux semaines dans le cadre d’une campagne d’explication de la situation
politique, sécuritaire et sociale de la RDC en Europe, en compagnie de Jean-Marc Kabund, Secrétaire général du parti. Après une série de contacts avec des décideurs européens et des compatriotes de la diaspora, avec pour dénominateur commun l’impératif de mettre
absolument en œuvre l’Accord du 31 décembre 2016 pour espérer sauver le grand Congo, il s’est donné une petite pause pour un voyage privé aux Etats-Unis d’Amérique, où il compte retourner en septembre pour la sensibilisation de l’opinion américaine autour des enjeux du processus électoral en République Démocratique du Congo.

Selon des sources proches de son parti, le hasard de calendrier l’a
placé sur le chemin de Moïse Katumbi, « Autorité morale » de deux
regroupements politiques sociétaires du Rassemblement, à savoir le G7
et l’AR (Alternance pour la République). Dans une déclaration commune
à la presse faite le lundi 21 août 2017, Félix Tshisekedi a été le
premier à briser la glace : « Nous sommes ensemble et nous sommes avec
le peuple », a-t-il clamé.
A propos de rumeurs persistantes en circulation au pays comme à
l’étranger et faisant état de tractations en coulisses entre des
leaders du Rassemblement et des délégués de la Majorité Présidentielle
autour d’un troisième dialogue ayant pour toile de fond la nomination
de Félix Tshisekedi comme Premier ministre, en remplacement de Bruno
Tshibala, c’est Moïse Katumbi qui s’est empressé de faire une mise au
point claire et nette : « Aujourd’hui, comprenez-nous bien. Que tout
le monde nous entende clairement. Il n’est plus question d’aller à un
quelconque dialogue. L’Accord de la Saint Sylvestre, obtenu grâce au
travail des Evêques de la Cenco (Conférence Episcopale Nationale du
Congo), est la seule voie à suivre. Si Kabila applique cet accord, il
y aura une transition et elle se fera sans lui ».
Après cette clarification, qu’il pense avoir remis les pendules à
l’heure, Moïse Katumbi a enchaîné : « Que le peuple ne se fie pas à ce
que font dire les gens de la Majorité. Ils sont aux abois… Ils sentent
que la pression monte chaque jour un peu plus. Plus personne ne veut
de ce pouvoir illégitime. Nous savons que le peuple congolais ne veut
plus de Kabila. Il doit rester vigilant et ne pas se laisser duper par
les mensonges de la Majorité présidentielle ».
Et Félix Tshisekedi de conclure : « Même si Kabila n’organise pas les
élections, il va partir. Il peut plus espérer rester un jour de plus
après décembre 2017 ».
Les observateurs prennent acte de cette nouvelle profession de foi de
la part de deux acteurs politique les plus en vue de l’opposition
congolais, autour de qui se racontent mille et une choses au sujet de
leurs présumées relations secrètes avec les hommes au pouvoir à
Kinshasa. En ce qui concerne Félix Tshisekedi en particulier, il
continue d’être présenté comme demandeur et preneur de la Primature,
dans la droite ligne d’une nouvelle transition de 24 mois ayant pour
chef d’orchestre l’actuel Chef de l’Etat. Bref, même s’il ne cesse de
proclamer son attachement à l’Accord de la Saint Sylvestre et à
l’idéal politique de son père, Etienne Tshisekedi, Félix Tshisekedi
n’est pas pour autant épargné par des officines politiques qui
annoncent une démission anticipée de Tshibala et insistent sur
l’existence d’une connexion présumée entre l’UDPS et des émissaires de
la Majorité présidentielle. D’ici septembre 2017, échéance retenue
pour la « trahison » du Rassemblement par ce parti, les choses vont
certainement se clarifier.
Kimp

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