F. Tshisekedi bloqué à l’Echangeur de Limete

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Felix Tshisekedi, cadre de l’UDPS et membre du Rassemblement lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 13/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Felix Tshisekedi, cadre de l’UDPS et membre du Rassemblement lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 13/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Bloqué par la police le jeudi 30 novembre dans la résidence de feu son père, sur rue Pétunias, dans la commune de Limete, pour l’empêcher de prendre la tête d’une colonne de cadres et militants mobilisés pour une marche de protestation contre le calendrier électoral de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), Félix Tshisekedi a choisi cette fois l’Echangeur de Limete, sur 11ème Rue Limete (petit boulevard), avec la ferme détermination de braver la mesure d’interdiction du gouverneur de la ville, André Kimbuta. En effet, en réponse à la lettre d’information lui adressée le mercredi 13 décembre
2017 par le Secrétaire général de ce parti, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, le numéro un de Kinshasa a fait savoir que sa démarche était sans objet, la CENI ayant déjà vidé la question et répondu aux attentes des Congolais.*

Vêtu d’une culotte et d’un T-shirt, le président du Rassemblement des
Forces Politiques et Sociales, sorti de la permanence de son parti
autour de 11 heures, accompagné de quelques combattants, s’est déporté
vers l’Echangeur de Limete pour lancer la marche. Mais il n’a pas pu
parcourir plus de 100 mètres à cause à la fois d’une forte présence
policière et de l’infériorité numérique des combattants. Pris en
chasse par une escouade de policiers, qui lui ont bloqué le passage et
menacé d’user de violence, il a dû rentrer d’où il était venu.
Plusieurs combattants ont réussi à déborder la ceinture de sécurité
des policiers mais n’ont pas pu aller loin. Dispersés à coups de
matraques, de gaz lacrymogènes et de jets d’eau, certains ont été mis
aux arrêts, sans avoir été frappés de coups de crosses et de matraques
au passage.
Des groupes isolés qui ont tenté une marche vers le petit boulevard
longeant l’Institut Lumumba ont été également brutalisés, dispersés et
mis aux arrêts pour certains. On a appris, un peu plus tard, qu’ils
ont finalement été libérés grâce à l’intervention de Félix Tshisekedi
en personne.
On signale qu’à Mbuji-Mayi, de nombreux combattants de l’UDPS ont été
arrêtés et jetés dans des cachots de la police et des services de
sécurité, après avoir marché et manifesté dans quelques artères de la
ville. C’était également la chasse à l’homme à Tshikapa, dans la
province du Kasaï, et à Kindu, dans la province du Maniema, où tout
cadre ou militant de ce parti surpris sur la voie publique, était soit
arrêté, soit frappé violemment avant d’être relâché.
A Boma et Matadi, les marches de l’Opposition ont été étouffées par
les forces de l’ordre et de sécurité aux différents points annoncés
pour leur coup d’envoi.
S’exprimant au sujet de la répression des marches voulues pacifiques,
Jean-Marc Kabund-a-Kabund, Secrétaire général de l’UDPS, a fustigé les
restrictions des espaces de liberté et la persistance du régime de
terreur. Il s’est toutefois réjoui de la volonté des Congolais à
exprimer leur désaveu à l’égard du pouvoir en place à travers des
manifestations pacifiques. A l’en croire, celui-ci est aux abois face
à la détermination du peuple de vaincre la peur et de lutter
résolument pour que les choses changent.
Kimp

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