Expulsés d’Angola, des Congolais plongés dans la misère au Kwango

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Depuis le mois d’octobre 2018, des milliers des Congolais, expulsés
de l’Angola manu militari, atterrissent sans défense, dépouillés de
leurs biens dans la province congolaise du Kwango, frontalière de ce
pays. Les autorités de la RDC, surprises par la reprise de ce
mouvement massif d’expulsion à partir de l’Angola, sont restées
inactives, se contentant – comme le soulignent les ong la Voix des
Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) et Cause rurale – de
simples déclarations et gémissements comme c’est fut le cas avec les
expulsions de Brazzaville. Ces regrets ont été formulés hier, 15
novembre 2018, lors d’un point de presse tenu concomitamment au siège
de la VSV, dans la commune de Kasa-Vubu, par trois ongs de défense des
droits de l’homme : la VSV, Cause rurale et le RMDD (Réseau
Migrations, Dignité et Développement).

Intervenant en prime lors de cette séance, Pélagie Makiedika Ibanda,
présidente de Cause rurale et coordonnatrice de RMDD, a fait remarquer
que cette situation n’est pas la première du genre. Car c’est depuis
2003 que l’Angola se livre à ces types des pratiques qui ne respectent
ni les droits humains, ni les accords bilatéraux et autres textes
régionaux et internationaux humanitaires au nom de la protection du
pays contre ce qu’elle qualifie de « Invasion silencieuse ». Elle a
expliqué que la province du Kwango partage plus ou moins 1.200 km sur
les 2511 qui séparent notre pays de l’Angola, avec plus ou moins 30
portes de sorties dont 20 portes officielles et 10 portes non
officielles ; soit 10 portes dans le territoire de Kasongo-Lunda et 8
dans celui de Kahemba. Les expulsés de ces deux territoires n’ont pas
fait l’objet de beaucoup d’échos de la part des organismes
humanitaires, hormis quelques plaintes enregistrés dans le chef des
autorités politico-administratives de la Cité Tembo et une descente du
vice-gouverneur à Kahemba.
Pélagie Makiedika a noté que ces différents dérapages dont la
brutalité, les violences sexuelles multiples, les traitements
inhumains, cruels et dégradants enregistrés et dénoncés par les
Congolais victimes de ces mouvements d’expulsions devenus cycliques
les ont poussés à interpeller les autorités nationales, provinciales
et locales sur la nécessité des mesures d’accompagnement de ces
compatriotes en détresse. A ce sujet, elle a dit que ce point de
presse faisait office d’un plaidoyer public sur la situation des
expulsés et de toute la province en général. Celle-ci, obligée
d’accueillir les expulsés, se débat dans d’énormes problèmes de
développement dont l’enclavement, la pauvreté de masse et la
malnutrition chronique, sévère et même globale, qui ronge plusieurs
ménages dans les zones de santé de Kasongo-Lunda, Tembo, Kahemba, etc.

Un danger : 2.000.000
d’habitants appauvris contre 100.000 refoulés

Ainsi l’arrivée de plus de 100.000 expulsés dans cette partie de la
province constitue une menace grave pour les communautés locales
estimées à plus ou moins 2.000.000 de personnes déjà meurtries par la
pauvreté. En prenant en compte les besoins essentiels des expulsés
d’Angola – à savoir : logement, alimentation, santé et nutrition,
transport et réinsertion économique, protection et éducation – la
présidente de Cause rurale a affirmé que les communautés d’accueil
n’ont aucune capacité d’offrir une réponse adéquate, sinon un logement
de fortune et peut-être un peu de nourriture. En plus, les expulsés
dorment à la belle étoile : marché, églises, centre culturel, terrain
de football et un petit nombre est orienté vers des familles d’accueil
dans une grande promiscuité.
Aussi que Cause rurale a trouvé cette situation accentuait la
vulnérabilité et exposait non seulement les expulsés mais aussi les
communautés d’accueil à des risques des maladies et épidémies aux
conséquences multiples. Par ailleurs, Rostin Manketa, directeur
exécutif de la VSV, a pris la parole pour interpeller aussi le
gouvernement qui, face à cette détresse de sa propre population, doit
réagir, autant qu’il le fait pour les élections. En outre, il doit
exiger une enquête indépendante et demander le respect par l’Angola du
pacte tripartite Angola-Congo Brazza-RDC du 29 décembre 1998 sur la
protection collective.
SAKAZ

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