Exploitation forestière illégale : « Maniema Union 2 » de nouveau au banc des accusés

0
74

C’est un appel commun par Rainforest Foundation, une organisation non gouvernementale d’origine anglaise, et des groupes de la société civile congolaise œuvrant dans l’ex- province de l’Equateur en direction des bailleurs de fonds suite à l’affaiblissement de la gouvernance forestière en RDC. Cette alerte est consécutive au fait qu’une entreprise chinoise se livrerait à l’exploitation forestière illégale à grande échelle.

Selon un communiqué de presse daté du mercredi 26 juin 2019, un agent de la société « Maniema Union 2 » déféré en justice au terme d’une mission de contrôle provinciale en mars dernier, accusé d’association de malfaiteurs et mis aux arrêts, a été acquitté par le tribunal de Mbandaka en date du 22 mai 2019 et remis en liberté. Les juges ont justifié leur décision par l’absence de preuves mais aussi par le fait que la firme incriminée avait déjà payée une amende transaction auprès de l’administration provinciale.

            On fustige le comportement du ministre sortant de l’Environnement, qui avait délivré des permis d’exploitation forestière à plusieurs opérateurs économiques, pour une superficie couvrant 6.000 Km2, au mépris du moratoire national interdisant la délivrance de tels documents.

            Selon Fabien Mungunza, président de la Socipeq (société civile provinciale de l’Equateur), un appel pathétique est lancé aux bailleurs de fonds pour renforcer les conditions de financement des projets de protection des forêts, notamment le respect des normes internationales en matière d’exploitation forestière et la bonne gouvernance.

            Ce membre de la Socipeq a indiqué que 90% d’exploitations forestières en RDC sont illégales. Et d’ajouter que parmi les 57 concessions forestières à grande échelle exploitées, plus de 30 représentent une superficie de plus de cinq millions d’hectares, sans pour autant disposer d’un plan de gestion valide.

            Selon Rainforest Foundation et la société civile congolaise, en juin 2018, Maniema Union 2 avait acquis plusieurs concessions forestières, en violation du moratoire décrété depuis 2002.

            Pour sa part, Simon Counsell, directeur exécutif de cette Ong, a souligné que la bonne gouvernance est capitale pour sous-tendre des programmes de foresterie en RDC, car si les normes ne sont pas respectées, c’est le feu vert à l’anarchie. Il est dommage que jusque-là, la protection des forêts soit minée par des actions illégales, le plus souvent couvertes par des autorités compétentes.

            Il faudrait signaler qu’en date du 4 juin 2019, une seconde plainte a été déposée contre « Maniema Union 2 » par des membres de la communauté de Bolomba pour coupes illicites, destructions méchantes et non paiement des droits de jouissance. On attend impatiemment la suite de ce dossier judiciaire.

Melba Muzola

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •