Ex-Onatra : les 30 millions USD ont laissé des traces

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Pendant que le dossier de la grève des agents de la SCTP (Société Commerciale des Transports et des Ports) fait l’objet d’une série de réunions entre le cabinet du Chef de l’Etat, les ministères des Transports et Voies de Communication et du Portefeuille, le Conseil d’Administration et de cette entreprise et son Intersyndicale, celui concernant le présumé détournement, par le DG Daniel Mukoko Samba, d’un crédit de 30 millions de dollars américains, fait couler beaucoup d’encre et de salive. Selon une opinion largement répandue au sein du personnel, c’est la disparition de cette cagnotte qui serait, entre autres causes, à la base de leur impaiement aujourd’hui chiffré à 19 mois.

Selon des documents auxquels Le Phare a pu avoir accès, tout est parti du plan de redressement de l’entreprise soumis par le DG Mukoko au Conseil d’Administration, qui l’avait approuvé en date du 25 septembre 2017. Il était question d’affecter les ressources de la RLT (Redevance Logistique Terrestre) et des emprunts bancaires à garantir par cette RTL à un certain nombre de projets inscrits dans ce plan de sortie de crise.

            C’est ainsi qu’en date du 18 avril 2018, avec la double autorisation des ministres des Transports et Voies de Communications et des Finances, Afriland First Band CD avait consenti, en faveur de la SCTP un financement de l’ordre de 29.551.146,11 dollars américains. Contrairement à ce qui se raconte, cet argent a laissé des traces.

            On peut signaler, par exemple,  le paiement de deux mois de salaires, d’arriérés de rentes et de frais scolaires à hauteur de 11.386.173, 53 dollars américains, l’acquisition de trois locomotives « Transnet » pour un montant de 4.639.585,70 Usd, les frais de réhabilitation des locomotives de ligne, de manœuvre et de transfert ainsi que des wagons pour 656.175, 00 Usd.

            Il y a aussi des travaux d’entretien de la voie ferrée, des draisines, d’expertise de gros engins et des usines de production (Lufu-Toto et Kiasi-Kolo), l’acquisition de traverses de bois et des interventions pour la suppression des ralentissements, d’achat des intrants d’exploitation (carburants et lubrifiants)  pour 4.975.212, 00 usd.

            On signale également le paiement des soldes des fournisseurs des engins de manutention au Port de Matadi en raison de 6.293.999, 00 Usd, de même qu’un acompte de 1.600.000 Usd pour l’achat d’une grue mobile pour le Port de Matadi, des frais de réhabilitation de 2 unités de type LU, d’une unité de type I et de 8 barges pour la voie fluviale à 912.692,00 Usd ainsi que l’acquisition et les réparations concernant les Chantiers navals estimées à 328.270 Usd ;

            Il faut ajouter, à cette grille de dépenses, les frais de mise en œuvre du crédit au profit d’Afriland Bank fixés à 1.713.966,59 dollars américains.

Les principaux maux de la SCTP

            Les principaux maux dont souffre la Société Commerciale des Transports et des Ports se déclinent en termes de vétusté et de l’insuffisance des équipements, des matériels et des infrastructures, de déséquilibre financier chronique, de vieillissement du personnel (moyenne d’âge de 53 ans), de l’insuffisance des effectifs dans tous les corps des métiers et du déséquilibre croissant de la structure du personnel ( 8.830 agents actifs et pensionnés debout contre 12.166 pensionnés rentiers, soit au total 20.996 unités).

            Il y a aussi la déficience des opérations portuaires, du trafic ferroviaire et fluvial, le faible niveau de recouvrement des créances auprès de l’Etat et de certaines entreprises du portefeuille, une politique de tarification désarticulée, l’absence d’un système intégré de gestion des ressources financières 594 comptes bancaires dont plus de 120 pirates à l’arrivée du DG Mukoko), la spoliation du patrimoine foncier et immobilier, etc.  

Perspectives de relance

            Après l’harmonisation des relations avec les banques, au moins 1,6 millions de dollars américains affectés au remboursement mensuel des dettes « rachetées » par sa haute direction, soit environ 34 % des recettes mensuelles, le plan de redressement de la SCTP prévoyait, entre autres actions, la remise en service de l’ITB Kokolo, la réhabilitation de l’ITB Mukamba et du M/S Gungu, la conclusion d’un partenariat avec la firme sud-africaine Transnet pour l’achat de 7 locomotives, dont deux ont déjà été livrées ainsi que 50 wagons, en attendant 5 autres et 140 wagons, l’aménagement d’une usine à oxygène, le déploiement de nouveaux engins de manutention à Matadi.                      Kimp

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