Evasion spectaculaire à la prison de Kananga : des témoins de l’assassinat des experts de l’Onu en cavale

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Parmi les maisons d’arrêt connues comme présentant des infrastructures solides, où il faut être un surdoué ou « un Rambo », personnage très célèbre dans les films d’action pour pouvoir s’y évader, il y avait la prison centrale de Kananga. Celle-ci, était située dans le quartier Kamayi de la commune de Kananga très populeuse et for animée, non loin de l’ex-Athénée royale. Comme par hasard, bon nombre des infrastructures sportives, comme les stadiums de Basket Ball, de volley Ball, de boxe et judo en plus d’un terrain de tennis   ont été érigée dans les environs. 

            Ces infrastructures solides ont malheureusement été attaquées et démolies sous les effets des intempéries et l’usure du temps. Datant de l’époque coloniale et conçue pour accueillir au plus cent cinquante pensionnaires, cette prison ne présente plus des mesures de sécurité requises pour empêcher les évasions. De même, la modicité des subsides financiers ne permet pas aux responsables de nourrir correctement les pensionnaires. Le nombre des morts ne se compte plus tout comme les évasions s’effectuent de jour comme de nuit, selon un agent pénitentiaire approché.

Complicité ou faiblesse des moyens

            Qu’est ce qui expliquerait les évasions spectaculaires de certains prisonniers célèbres impliqués dans ce génocide dit de « Kamwina Nsapu » ? Notamment ceux qui avaient eu des rapports suivis avec les deux experts de l’ONU, à savoir l’américain Michaël Sharp et la suédoise Zaina Catalan. Tous ces témoins avaient même été entendus par le tribunal militaire dépêché sur les lieux du crime crapuleux. Ces témoins, dont Evariste Ilunga Lumbu avait reconnu devant le tribunal militaire avoir assisté à l’assassinat de ces deux experts de l’Onu et avoir coupé les cheveux de Zaïna Catalan la suédoise. Les deux autres témoins dénommés Tshiaba Kanowa et Tshikangu Mbayi ainsi que 14 autres prisonniers se sont évadés hier mardi matin, a indiqué Me Trésor Kabangu, avocat de deux premiers prisonniers. Tout comme un militaire des FARDC détenu dans la même prison pour avoir assassiné un diamantaire à Tshikapa.

            Il appert que tous ces témoins avaient subi des interrogatoires consignés dans des procès-verbaux par des magistrats du tribunal militaire. Ils avaient été jugés et condamnés à des peines capitales et expédiés manu militari à la prison de Kananga pour purger leurs peines. Voilà qu’à la faveur de ces complicités, ils ont pu s’évader et prendre la clef des champs. 

L’administration politique provinciale avoue son

forfait

            Une autre complicité provient des services administratifs qui avouent que la prison de Kananga n’était plus protégée par des agents pénitentiaires mais laissée curieusement entre les mains des prisonniers. Preuve, s’il en faut une, de la complicité des autorités administratives et politiques provinciale.  Lesquelles étaient au courant de ce qui allait se passer dans cette prison.    

Que cachent ces évasions?

            S’agit-il d’une Coïncidence fortuite ou complicité coupable ? Nul ne la sait, l’avenir proche édifiera l’opinion pour connaitre les tenants et les aboutissants de cette tragédie qui a déchiré non seulement les provinces du grand Kasaï mais aussi toute la Nation, les Etats voisins ainsi que les partenaires amis du Congo.

            Juste au moment où l’on applaudissait  le retour fracassant de l’indécrottable Ne Mwanda Nsemi, chef suprême de la secte Bundu Dia Kongo. Ce dernier, on vient de l’apprendre au moment où l’on bouclait le journal, a pris le chemin du maquis le lendemain de ses retrouvailles avec les siens non sans avoir promis de donner une date pour la tenue de sa conférence de Presse. Bien entendu, avait-il été intimidé par les déclarations tapageuses du ministre intérimaire de la Justice, Basile Olongo. Celui-ci avait rappelé que le chef de la secte Bundu Dia Kongo s’était évadé de la prison de Makala où il purgeait une peine de prison à vie pour avoir provoqué des évasions assorties avec mort des civils, militaires et policiers commis à la garde de ce centre pénitentiaire. 

            Au cas où ces témoins oculaires de l’assassinat de deux experts de l’Onu disparaissaient dans la nature, il sera alors compliqué de reprendre le procès de l’Affaire Kamwina Nsapu. A qui profitent ces évasions ?

                                   F.M.

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