Evaluation du processus Budget Participatif à Kinshasa : les 24 communes ont atteint 56,8% des réalisations

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C’est depuis plusieurs années que la République Démocratique du Congo avait procédé à la mise en œuvre du processus ‘’Budget Participatif’’ (BP), un processus qui a comme objectif de promouvoir la participation citoyenne aux finances publiques locales. Et, c’est en 2015 que le Comité d’Orientation pour la Réforme des Finances Publiques (COREF), avec l’appui du projet PROFIT Congo de la banque mondiale, a mené une étude qui a dressé un état de lieu sur les différentes expériences de ladite participation. Ainsi, il y eut l’adoption par l’assemblée provinciale, suivi de la promulgation d’un édit instituant le ‘’Budget participatif’’ dans les entités territoriales décentralisées de la ville de Kinshasa. A cet effet, chaque année, avec l’appui de PROFIT Congo, les populations des 24 municipalités de la capitale élaborent les budgets de leurs municipalités avec un tableau d’affectation des recettes pour l’exercice donné.

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Après chaque exercice, une évaluation doit être faite en vue de recadrer le processus. Telle est la raison de la tenue de l’atelier d’évaluation de la mise en œuvre du budget participatif dans les 24 communes de la ville de Kinshasa, exercice 2018 du 12 au 13 mars 2019, à Caritas Congo. Ces assises ont été ouvertes par Georges Tshonza, assistant technique au Coref et clôturé par un mot des participants, prononcé par le président du collectif des bourgmestres de la ville de Kinshasa, Mussa Abdul Razac, Bourgmestre de la commune de Makala. Ce dernier a, dans son adresse, rappelé à ses collègues et autres participants que les innovations apportées par le BP dans la gestion des entités est une ouverture à un système politique efficace devant leur permettre de mesurer les charges et responsabilités de leur travail. D’autant plus que le BP a pour fondement ‘’la participation citoyenne, la redevabilité vis-à-vis de la population mais aussi la transparence’’.

            Organisé par le projet de Renforcement de la Redevabilité et de la Gestion des Finances Publiques ‘’PROFIT Congo’’ piloté par le ministère des finances au travers le Comité d’Orientation pour la Réforme des Finances Publiques ‘’COREF’’, cette rencontre de 48 heuresa réuni les Bourgmestres, les membres des comités communaux du budget participatif (CBP qui sont des relais entre les bourgmestres et la population), les chefs de bureau décentralisation des communes et les points focaux membres de la société civile, afin d’analyser les questions spécifiques liées aux résultats réalisés pour l’exercice 2018 par municipalité. Cette analyse est essentiellement focalisée sur les assignations faites sur les différents projets réalisés et en cours de réalisation, le budget alloué aux dits projets mais aussi les fonds décaissés et enfinle taux de réalisation. Cet exercice auquel se donnent les personnes citées ci-haut n’a qu’une seule finalité, celle de relever les forces, les faiblesses dans la mise en œuvre dudit processus afin de pouvoir ressortir les opportunités et menaces auxquelles, les Bourgmestres et leurs administrés font face afin de proposer de recommandations qui vont promouvoir le développement de leurs entités. La facilitation de ses échanges était faite par le chargé d’évaluation et suivi du Coref, Jules KWILU, quant au volet communication, les orientations à la presse étaient données par Flora Dilu, chargée de communication du Coref.

Grandes lignes de l’exercice 2018

            Dans sa présentation, Florence Mongbekuma, consultante budget participatif Coref/Profit-Congo, a donné les grandes lignes sur les assignations faites par les 24 communes, y compris les projets prévus et les réalisations faites et en cours jusqu’à ce jour. Pour l’année qui vient de s’achever, les meilleurs élèves ayant distingué à l’école du Budget participatif sont les communes suivantes : Kasa-Vubu avec un taux de réalisation exceptionnel de 455,88% ;  Kalamu 48,35% ainsi ; Maluku 100,55%. Cependant, au rang de bons apprenants, se sont trouvées les communes suivantes : Bumbu avec un taux de réalisation de 88,70% ;Kintambo avec 99,80% ; Limete 90,67% ; Makala 93,75% ; Kimbanseke 82,30% ; Ngaba 68,62% ; Ndjili0,00% . Et, enfin les comités budget participatifs et bourgmestres qui doivent multiplier les efforts afin de rendre plus efficaces leur politique de gestion, sont entre autre dans les communes de Barumbu avec un taux de réalisation chiffré à 4,38% ; la commune de Bandalugwa 36,62%;Gombe 30,05% ; Kinshasa 0,00% ;  Kisenso 16,50% ; Lemba 16,72% ; Lingwala 37,52% ; Masina 12,37% ; Matete 8,20% ; Mont-Ngafula 00,0% ; Ngaliema 0,00% ; Ngiri-ngiri 39,64%. ; N’sele 4,93% et enfin Selembao25, 08% .

Il sied de noter que lacote donnée à chacune des communes est les fruits du travail réalisé sur fond propre d’une part mais aussi des projets réalisés en commun accord avec la population elle-même (par le canal des comités BP) et des acteurs clés de la commune. Soulignons que la plupart des projets communaux étaient essentiellement focalisés sur l’assainissement, la construction de latrine publique, le curage de caniveaux et rivières, construction des passerelles et collecteur, lutte anti-érosive,lutte contre l’insécurité.

Avec un taux global de réalisation de 50%, les municipalités kinoises sont obligées de corriger les erreurs pour les uns, militer pour l’effectivité de la mise en œuvre dudit processus pour celles qui ont obtenues une mauvaise mention et enfinaux meilleurs élèves d’exceller davantage pour maintenir l’équilibre de la politique de la mise en œuvre du processus ‘’budget participatif’’. Car, les efforts conjugués par les trois communes phares va stimuler les autres à aller de l’avant afin de booster le développement au niveau local qui n’est autre que ‘’vecteur d’une meilleure émergence’’.

Interrogés sur le mécanisme BP, Mussa Abdul Razac et Brigite Mwalukye respectivement Bourgmestre de la commune de Makala et de Lingwala, ont souligné que ce processus est très capital pour qu’une municipalité contribue effectivement au bien-être de sa population. Dans ce même chapitre, Anny Boma, présidente du comité BP de Lingwala,a martelé que le processus est devenu un cadre d’échange très important car il permet une collaboration directe entre les autorités et les administrés.

Recommandations

Pour gagner le pari de l’exercice 2019, les participants ont formulé les recommandation suivantes : sensibiliser et conscientiser davantage la population et les autorités pour l’appropriation  du processus ; renforcer les mécanismes pour accroitre les recettes ; renforcer les capacités des acteurs locaux sur l’analyse et suivi du BP ; organiser les tribunes d’expression populaire chaque trimestre (afin de permettre au bourgmestre de rendre à ses administrés de façon régulière) ; afficher les budgets chaque mois aux valves des communes ;  rendre effective des élections municipales (par la CENI) ; etc.

     Dorcas NSOMUE

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